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Changer de toitures : Economie d'énergie

Impossible, dans l'existant, de jouer sur l'orientation pour bénéficier de
l'ensoleillement et se protéger des vents dominants, inutile de placer des
capteurs solaires sur le toit s'il est orienté est-ouest, les solutions sont
plus restreintes que dans le neuf. Ce n'est pas une raison pour ne rien
faire. Les Suisses et les Allemands rénovent à moins de 80 kWh/m7an. Mode
d'emploi.
► Priorité n°1: Dans le neuf, tout ce qui va sortir de terre dès 2012 devra
d'ailleurs y correspondre° 1 : isoler
Oubliez le chauffage et sa programmation, le chauffe-eau solaire et la
chaudière bois, la pompe à chaleur et les panneaux photovoltaïques tant que
vous n'avez pas isolé et même sur isolé. L'élément à traiter en priorité,
c'est le toit. Inutile de poser 10 ou 15 cm de laine de verre ou de chanvre,
il faut 25 à 30 cm. Acheter du bas de gamme est un mauvais calcul, l'isolant
va manquer de densité et s'affaisser. Le coût du chauffage resterait élevé.
À l'usage, c'est une très mauvaise opération. Le deuxième élément à isoler,
ce sont les murs, ils ont besoin de 20 cm ; changer les seules fenêtres ne
suffit pas. Il convient aussi de penser à l'isolation du sol, avec 10 cm
minimum. BON A SAVOIR Quand la façade n'est ni classée ni typique, isoler
par l'extérieur est la meilleure solution. On gagne en efficacité et la
surface habitable reste intacte. Si vous avez des fenêtres à
simple vitrage, il faut passer au double vitrage peu émissif, voire au
triple. En cas de double vitrage standard, ce changement n'est pas
prioritaire, le gain énergétique est moindre.
► Priorité n° 2 : ventiler
Isoler au maximum suppose que l'on installe une ventilation efficace. Si les
logements mal isolés sont ventilés par les passages d'air intempestifs à
travers les fenêtres et les portes, ce n'est plus le cas quand on isole
bien. Le renouvellement indispensable se fait via le système de ventilation.
L'idéal est la VMC (ventilation mécanique contrôlée) double flux avec
récupération de chaleur, car la VMC simple flux présente le double
inconvénient de faire entrer l'air froid en hiver et l'air chaud en été.
Lorsqu'il est impossible de faire passer les gaines double flux, la
ventilation simple flux hygroréglable est envisageable.
► Priorité n° 3 : assurer
l'étanchéité à l'air Si la pose de l'isolant doit être parfaite, tout défaut
lui faisant perdre en efficacité, il importe de même d'éliminer au maximum
les passages d'air parasites. Attention aux encadrements de fenêtres, au
pare-vapeur mal fixé ou mal joint, aux seuils de portes, aux passages des
gaines, des prises électriques, des trappes d'accès...
► Étape suivante : le
chauffage
C'est seulement une fois l'isolation faite qu'il devient pertinent de se
préoccuper du chauffage. Commencer par installer une chaudière à
condensation, un plancher solaire ou un chauffage au bois est un non-sens.
Mis en service dans un logement qui consomme beaucoup d'énergie, ils vont
être surdimensionnés et inadaptés aux faibles besoins le jour où l'isolation
sera renforcée.
► Dernière phase : la production d'eau chaude
Installer un chauffe-eau solaire est une bonne solution pour réduire sa
facture à l'usage. Dans les faits, ce n'est pas toujours possible dans
l'existant. Les capteurs solaires doivent être orientés au sud sans ombre.
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Diviser par quatre sa consommation d'énergie sans
avoir à déménager pendant les travaux, c'est possible, Rémy Gendre en apporte la
preuve. Spécialiste des énergies renouvelables à la région Alsace, i! a montré
l'exemple en appliquant les principes de la rénovation basse consommation à son
propre logement. L'objectif? Limiter !a consommation de son pavillon, construit
dans les années 50, à 65 kWh/m7an '" pour le chauffage et l'eau chaude, et
recourir à 100% à des énergies renouvelables, solaire et bois. Les moyens d'y
parvenir? D'abord, l'isolation. Extérieure, évidemment.
Elle offre une efficacité maximale, un meilleur confort l'été, n'empiète pas sur
la surface habitable et permet de rénover en restant chez soi. |
J'ai posé 20 cm de
laine minérale en extérieur et recouvert d'un bardage bois pour des raisons
esthétiques, mais j'aurais pu opter pour un autre isolant et un enduit de
finition, par exemple. Pour la toiture, j'ai mis une épaisseur de 24 cm dans
les combles et, pour le sol, 12 cm au plafond de la cave. Il faut bien
comprendre que cette isolation des murs, du sol et
des combles est déterminante pour diviser les consommations d'énergie. Les
gens se précipitent toujours sur le changement de fenêtres alors que c'est
moins essentiel. Dans mon cas, j'économise 23 000 kWh par an grâce à
l'isolation mais seulement 1500 kWh grâce aux fenêtres bois en double
vitrage peu émissif. Il est vrai qu'elles remplacent du double vitrage
standard, le gain aurait été nettement plus important si j'avais eu du
simple vitrage.
Des travaux amortis en sept ans
L'autre élément important, c'est la ventilation. Rémy Gendre a installé une
ventilation double flux avec récupération de chaleur. Économie d'énergie:
2500 kWh par an. Les gaines passent dans un conduit de cheminée préexistant,
ce qui a limité l'ampleur des travaux. Une attention toute particulière a
été portée aux fuites d'air, notamment autour des fenêtres, des portes et
aux passages des gaines électriques. « Un vitrage performant n'apporte pas
grand-chose s'il y a des fuites d'air au niveau de l'encadrement. Pour les
éviter, les fenêtres sont posées
avec un joint périphérique à l'intérieur et un autre à l'extérieur. Quant
aux fuites d'air qui provenaient du passage des gaines des locaux non
chauffés à la partie chauffée, elles ont été éliminées. » Pour récupérer au
maximum les apports solaires, les fenêtres exposées au sud ont été
transformées en portes-fenêtres. Enfin, l'eau chaude est en partie solaire,
la maison est désormais équipée de 4 nv de capteurs et d'un ballon sur
isolé. Économie d'énergie: 5 200 kWh par an. Au final, le pavillon, qui
consommait 48 000 kWh chaque année, est descendu à 13 100 kWh,
électroménager compris. Le chauffage au fioul est supprimé,
remplacé par un poêle à bois performant. Si le coût des travaux peut
paraître élevé, 16000 € net après déduction du crédit d'impôt, il va être
amorti en sept ans, au prix actuel des énergies, grâce à une facture
annuelle tombée de 2 815 € à seulement 565 €. Un investissement hautement
rentable et qui le deviendra même avant cette échéance si le prix des
énergies continue à augmenter, ce qui est plus que probable.
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