LES PLUIES ACIDES

Définitions des pluies acides :

La pluie, la neige ou le brouillard pollués par des substances acides dans l'atmosphère sont autant de formes de précipitations acides qui endommagent l'environnement. Deux polluants atmosphériques communs acidifient les précipitations : ce sont le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d'azote (NOx). Lorsque ces substances sont émis dans l'atmosphère, elles sont susceptibles d'être transportées sur de grandes distances par les vents dominants avant de retomber sur terre sous forme de précipitations acides (pluie, neige, brouillard ou poussière).  Lorsque l'environnement ne parvient pas à neutraliser les substances acides, des dommages s'ensuivent.

 

Des poissons qui agonisaient par milliers dans les lacs d'Europe et d'Amérique du Nord ont, les premiers, donné l'alerte, dans les années 60 et 70, sur les effets destructeurs des pluies acides. Dix ans plus tard, des forêts de conifères commencèrent à dépérir, victimes du même phénomène, et des observations faites depuis 1980 ont montré que les forêts d'Europe sont menacées. A l'état naturel, la pluie est légèrement acide, car elle contient du dioxyde de carbone, mais la pollution de l'atmosphère due à l'industrie et à la circulation automobile fait que certaines pluies sont, aujourd'hui, aussi acides que du jus de citron, soit cinq cents fois plus que des pluies non polluées. Les pluies acides éliminent du sol, par lessivage, des substances nutritives telles que le magnésium, le calcium, le potassium, dont les arbres ont besoin pour survivre, les faisant même disparaître de leurs feuilles ou de leurs aiguilles. Le manque de calcium peut avoir des répercussions sur toute la chaîne alimentaire : ainsi, les oiseaux qui se nourrissent d'insectes vivant sur un sol appauvri pondent des œufs aux coquilles trop fragiles, qui se brisent avant l'éclosion. En Suède, les pluies acides lessivent le cuivre des canalisations d'eau, empoisonnant celle-ci et provoquant de graves maladies chez les enfants. Par ailleurs, les pluies acides rongent lentement les pierres des cathédrales et d'autres monuments historiques d'une inestimable valeur. Après s'être affrontés sur ce sujet pendant les années 80, les pays industrialisés sont aujourd'hui parvenus à un accord pour limiter la pollution, en particulier celle due aux gaz d'échappement automobiles. Il leur reste maintenant à s'entendre pour étendre ces mesures à la pollution industrielle elle-même, dont les écologistes affirment qu'elle doit être réduite de 90% dans les plus brefs délais si l'on veut écarter le risque d'une catastrophe écologique résultant des pluies acides.

Les régions de la planète souffrant le plus des pluies acides sont les régions proches des zones de pollution massive, dont le sol, manquant des composés nécessaires pour neutraliser l'acidité des précipitations, est particulièrement fragile. De nombreux pays défavorisés, notamment sous les tropiques, connaissent actuellement un développement industriel rapide, et par conséquent un accroissement brutal de la pollution atmosphérique. Il est vraisemblable, en outre, que le Brésil, la Chine, l'Inde, la Malaisie, le Nigeria et le Venezuela souffriront, dans un avenir proche, d'une sévère aggravation des pluies acides. L'emploi des combustibles fossiles libère de l'anhydride sulfureux et des oxydes d'azote dans l'atmosphère. Ces gaz sont nuisibles pour les récoltes, les arbres et les constructions qui se trouvent à proximité, mais une grande partie est transportée par les vents jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de distance, et, en cours de route, ils sont transformés en nitrates et en sulfates par le rayonnement solaire. Ces polluants demeurent en suspension tant qu'ils sont secs. Absorbés par les nuages, ils se transforment en acide nitrique et acide sulfurique, à l'origine des précipitations acides. Les régions montagneuses qui reçoivent des pluies et des neiges acides sont souvent granitiques ou magmatiques, avec un sol peu profond, manquant de composants qui pourraient neutraliser l'acidité, tel le calcium.

L'échelle de pH sert à mesurer l'acidité et la basicité des liquides, un pH de 7 correspondant à une solution neutre - l'eau distillée. Chaque unité représente une multiplication par 10 de la basicité ou de l'acidité. Ainsi, une pluie dont le pH est 5 est dix fois plus acide qu'une pluie de pH 6, tandis qu'une pluie de pH 3 l'est mille fois plus. Les lacs ont un pH proche de 7, parce que leurs eaux contiennent du calcium venu du sol, qui neutralise l'acidité de la pluie. Toutefois, cette solution de calcium est incapable d'absorber l'acidité d'une pluie polluée, et celle-ci devient mortelle pour les poissons. De l'aluminium peut également être libéré du sol par les acides et déversé dans les lacs ; les poissons sécrètent en abondance un mucus qui obture leurs branchies.

Vidéo d'explications :

 

 

Pollution acide :

Les deux principaux polluants acides des pluies sont l'acide nitrique HNO3 et l'acide sulfurique H2SO4, or les rejets directs de ces deux substances dans l'atmosphère sont très faibles et ne peuvent en aucun cas justifier les ordres de grandeur des acidités citées ci-dessus. Les précurseurs de l'acide nitrique sont le monoxyde et le dioxyde d'azote qui se forment, à haute température, à partir du dioxygène et du diazote atmosphériques, en particulier dans les moteurs de nos véhicules et dans certains réacteurs industriels. Certaines industries utilisent un combustible riche en soufre et produisent donc une grande quantité de dioxyde de soufre qui se transforme en acide sulfurique. Dans les deux cas, c'est un enchaînement de réactions radicalaires initiées par le rayonnement solaire qui conduit du précurseur au polluant final.

Pluies acides, forme de pollution atmosphérique faisant actuellement l'objet d'une grande controverse en raison des importants dommages dont elle serait responsable sur l'environnement. Les pluies acides se forment lorsque les oxydes de soufre et d'azote s'associent à l'humidité de l'air pour libérer de l'acide sulfurique et de l'acide nitrique qui sont ensuite transportés très loin de leur source avant d'être précipités par les pluies. La pollution peut également être véhiculée par la neige ou le brouillard, ou encore être précipitée sous forme sèche. En fait, bien que le terme de pluies acides soit utilisé depuis plus d'un siècle — il provient d'études atmosphériques effectuées dans la région de Manchester en Angleterre —, le terme scientifique le plus approprié devrait être dépôt acide, car la forme sèche de ces précipitations est tout aussi néfaste pour l'environnement que leur forme liquide.

Le problème des pluies acides trouve son origine dans la révolution industrielle et n'a cessé de croître depuis lors. La gravité de leurs effets est reconnue depuis longtemps dans des contextes régionaux illustrés par les périodes de smog acide dans les zones fortement industrialisées. Toutefois, ce n'est qu'au cours des dernières décennies que l'ampleur des dommages dus aux pluies acides est devenue manifeste. L'Europe du Nord est une région très étendue qui a fait l'objet d'études poussées et où les pluies acides ont affecté les édifices, endommagé les cultures et les forêts et menacé ou réduit la vie dans les lacs d'eau douce. En 1984, par exemple, des rapports sur l'environnement indiquaient que presque la moitié des arbres de la Forêt-noire avaient été endommagés par les pluies acides. Le nord-est des États-Unis et l'est du Canada ont été particulièrement touchés par cette forme de pollution, et des dommages ont été relevés dans d'autres régions du monde.

Ce sont les rejets industriels qui ont été accusés d'être les principaux responsables des pluies acides. Étant donné que les réactions chimiques entrant en jeu dans la formation des pluies acides dans l'atmosphère sont complexes et, à ce jour, encore mal comprises, les industries ont cherché à remettre en question ces affirmations et à insister sur la nécessité d'études plus poussées ; et, compte tenu du coût de la lutte contre la pollution, les gouvernements ont eu tendance à soutenir ce point de vue. Des études publiées par le gouvernement des États-Unis au début des années quatre-vingt considéraient pourtant clairement l'industrie comme le principal responsable des pluies acides dans l'est des États-Unis et au Canada. En 1988, dans le cadre de la Convention des Nations unies concernant l'Accord sur la pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance (1979), vingt-cinq nations ont ratifié un protocole limitant les émissions d'oxydes d'azote à leur niveau de 1987.

 

 

 

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Révision : 02 octobre 2008