LE "TROU" DE LA COUCHE D'OZONE

Catastrophe évitée ou peur prématurée ?

Composante essentielle de l'atmosphère terrestre, l'ozone est une molécule qui protège lu êtres vivants contre les rayons ultraviolets émis par le soleil : sa disparition entraînerait celle de la vie sur unie. Or, à la fin des années 70, des travaux mettent en évidence la menace constituée par lu activités industrielles sur la couche protectrice formée par ce corps gazeux.

 

    Les opinions publiques, abondamment alertées par les médias, réagissent vivement aux avertissements des experts. Au point que, dès 1980, les pays occidentaux réunis à  Vienne signent une première convention imposant des mesures protectrices. Cinq ans plus tard, la menace semble plus pressante que jamais : la mise en évidence d'un " trou " dans le secteur de la couche d'ozone situé au-dessus de l'Antarctique prouve une accélération du phénomène. L'angoisse est alors à son comble. Est-elle véritablement fondée ? Les études les plus récentes tendent à relativiser l'importance du danger.

 

Au banc des accusés : les " C.F.C. "

    Si les savants connaissent depuis longtemps le rôle protecteur de l'ozone, ce n'est que depuis les années 70 qu'il leur est possible d'observer précisément l'évolution chimique de la couche de l'atmosphère qui contient la quasi-totalité de cette matière, la stratosphère, située entre 10 et 50 km du sol terrestre. Leurs calculs, qui ne peuvent donc s'appuyer sur des comparaisons avec des époques antérieures, mettent du moins en évidence une tendance rapide à la diminution de la teneur en ozone de cette couche. L'hypothèse aussitôt formulée est que l'on doit cette diminution aux émissions chimiques industrielles. La surface de la terre, en effet, ne cesse d'émettre des gaz vers le ciel. Ces molécules gazeuses s'élèvent lentement en altitude, où elles réagissent avec d'autres molécules sous l'effet du rayonnement de la lumière. De ce point de vue, l'ozone n'échappe pas à la règle puisqu'elle résulte de la division d'une molécule d'oxygène, puis de la réaction avec une autre molécule d'oxygène, pour former une molécule d'ozone. Mais d'autres composantes chimiques de atmosphère réagissent à leur tour avec l'ozone et la détruisent pour former une molécule de nature différente. Ces réactions chimiques en haute altitude sont permanentes. La couche d'ozone n'est qu'un équilibre entre les molécules qui se forment et celles qui disparaissent. Un des composants chimiques vis à vis duquel l'ozone réagit le plus mal est le chlore. Or l'industrie chimique est responsable de l'augmentation du chlore dans l'atmosphère, notamment à cause des chlorofluorocarbures - qui passent bientôt dans la presse sous l'abréviation, plus simple, de C.F.C. Ces molécules de synthèse sont utilisées notamment dans les bombes aérosols, les mousses synthétiques, les appareils de réfrigération et de climatisation, les extincteurs, etc. Mes ont la particularité d'être extrêmement stables, c'est-à-dire qu'elles restent à peu près insensibles à l'action des autres molécules et qu'elles ont donc une durée de vie très longue. Aussi atteignent-elles sans subir d'altérations les hautes altitudes où se trouve l'ozone. Là, sous l'effet des très basses températures, elles libèrent le chlore contenu en elles; celui-ci détruit l'ozone.

 

Vidéo explicative sur l'effet de serre

   

Le " trou " d'ozone

    Dès 1980, à la conférence de Vienne, des mesures sont prises pour limiter la production des C.F.C. L'insuffisance de ces mesures est dénoncée par les médias quand, en septembre et en octobre 1985, est divulguée la nouvelle de l'apparition d'un trou d'ozone au dessus de l'Antarctique. À bien examiner les choses, il ne s'agit pas exactement d'un trou. La circulation des gaz de l'atmosphère est telle qu’ils se répartissent de façon uniforme tout autour de la Terre. Mais ce que l'on observe en 1985 est une réduction brutale de l'épaisseur d'ozone. Il semble à présent que cette réduction soit due aux conditions climatiques, effectivement combinées avec l'effet produit par les C.F.C. Les mois de juillet et d'août sont les mois d'hiver au pôle Sud et la température peut descendre jusqu'à -85° dans la stratosphère. Sous l'effet de ce froid intense, les C.F.C. libèrent les atomes de chlore, mais ceux-ci ne commencent à détruire l'ozone que quelques mois plus tard, lorsque la lumière revient, à la fin de l'hiver. Quoi qu'il en soit, le trou d'ozone est perçu sans nuances comme une catastrophe. Il faut quand même aux gouvernements cinq années pour réagir La conférence de Londres, cependant, en 1990, des mesures beaucoup plus draconiennes que celles décidées à Vienne sont adoptées afin de réduire la production de C.F.C.

 

Une certitude, notre ignorance...

    Derrière ces mesures et ces alarmes, qui montrent une prise de conscience de la fragilité de l'environnement terrestre, il ne faut cependant pas perdre de vue le fait qu'en ce qui concerne l'atmosphère, les études scientifiques n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements, rendant impossible toute certitude. Dans les années 70, par exemple, on a cru que les vols supersoniques contribuaient à détruire l'ozone, aujourd'hui, on juge qu'ils sont plutôt de nature à en favoriser la production. Surtout, si les composants qui menacent l'ozone augmentent rapidement depuis le début de l’ère industrielle, cette augmentation ne concerne que des quantités infinitésimales. IL apparaît aujourd'hui qu'on s'est inquiété un peu trop rapidement à propos d'un sujet si nouveau dans le domaine des sciences que les premières conclusions n'avaient pas forcément un sens décisif Dans le contexte " écologique " des années 80, l'opinion a réagi d'autant plus fortement à la menace d'une altération de la couche d'ozone que cette menace concernait une composante essentielle de l'environnement, mais aussi un des lieux sensibles de l'imaginaire, cet azur, ce ciel, où la pensée chrétienne situe volontiers le paradis...

 

"L'effet de serre"

   Des questions plus que des certitudes. Outre l'air qu'il respire, l'homme doit à l'atmosphère l'équilibre thermique quasi miraculeux qui a permis de voir la vie se développer sur la "planète bleue". Avec la destruction de la couche d'ozone, l'effet de serre dû au gaz carbonique apparaît aujourd'hui comme la grande menace qui pèse sur l'atmosphère. Mais, en la matière, le décalage entre l'état des connaissances scientifiques et l'importance des enjeux pour l'avenir de l'humanité est de nouveau trop grand pour permettre un débat serein. Ni trop chaud, ni trop froid. Les gaz de l'atmosphère jouent le même rôle que les vitres d'une serre agricole. Sans eux, la terre réfléchirait comme un miroir la plus grande partie des rayonnements qu'elle reçoit du soleil. Les deux principaux responsables de l'effet de serre sont le gaz carbonique (CO2) et la vapeur d'eau (H2O). Si ces deux composants disparaissaient de l'atmosphère, la température de la planète serait plus basse d'au moins 15°. Sans eux, la terre réfléchirait comme un miroir la plus grande partie des rayonnement qu'elle reçoit du soleil. Les deux principaux responsables de l'effet de serre sont le gaz carbonique (CO2) et la vapeur d'eau (H2O). Si ces deux composants disparaissaient de l'atmosphère, la température de la planète serait plus basse d'au moins 15°. L'industrie encore accusée. Mais, à l'inverse, une augmentation de ces gaz déterminerait un réchauffement important du globe. Or, les activités industrielles de l'homme provoquent justement des émissions massives de gaz carbonique. Ces émissions peuvent éventuellement bouleverser l'équilibre écologique? Le réchauffement du climat depuis un siècle est actuellement évalué à 0,5°, si la teneur en gaz carbonique dans l'atmosphère doublait d'ici à l'an 2030, comme certaines prévisions le laissent supposer, la température pourrait gagner 2 à 5°. Cela provoquerait la fonte des glaces des Pôles et l'élévation du niveau de la mer de 50cm.

 

 

 

 

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Révision : 30 septembre 2008