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1904 : Un typhon en Cochinchine
Le danger vient de la mer : UN TYPHON EN COCHINCHINE Le typhon qui frappe la Cochinchine le 1er mai 1904 a beau être un des plus violents de l'époque, il n'en est pas moins
le représentant d'un phénomène qui touche régulièrement les côtes de
l'Indochine, avec son cortège de destructions et de morts. Ici, comme dans
toute l'Asie du Sud-est, les populations
Les éléments déchaînés Soixante kilomètres au nord-est, à Saigon, les arbres et les poteaux télégraphiques ont été
arrachés, mais les dégâts matériels sont mineurs et on ne déplore aucune perte
humaine. En revanche, le centre du delta du Mékong, sur un bras duquel se trouve Mytho,
a été touché de plein fouet par la tempête.
L'Indochine se situe à l'extrême ouest de la région du
globe la plus touchée par les cyclones, ou typhons. Le
tiers des perturbations atmosphériques qu'on y recense provoque des vents
supérieurs à 34 nœuds (63 km/h), limite conventionnelle
entre la simple tempête et le typhon. Le phénomène
prend toujours naissance en pleine mer, dans le
sud de la mer de Chine ou, plus souvent, dans l'océan
Pacifique. La dépression prend la forme d'un tourbillon
atmosphérique d'un Est, mais aussi
La mer, source de vie et de mort En Asie du Sud-Est, la présence des typhons relève des
mêmes conditions climatiques générales que celles qui engendrent la mousson. En
été, le recul des anticyclones continentaux de
l'hémisphère Nord permet aux masses d'air qui se chargent
d'humidité au-dessus des océans de remonter sans
obstacles pour déverser des trombes d'eau sur les terres.
En Indochine comme dans toute cette région, c'est bien de
la mer que vient la vie, sous la forme de ces abondantes
précipitations qui ont permis le développement de la civilisation du riz. Les
pluies autorisent plusieurs récoltes par an, qui nourrissent
ainsi des concentrations de populations comme on
n'en trouve nulle part ailleurs. La régularité des
typhons contribue largement à cette abondance nécessaire des pluies.
Mais les typhons rendent aussi la navigation
particulièrement dangereuse. Il faut attendre le XDC
siècle pour voir l'équipe du géographe anglais Piddington
(l'inventeur du terme «cyclone») rédiger le Sailors Horn
Book. Ce code des tempêtes, véritable bible des marins,
dicte aux navigateurs la marche à suivre en cas de
typhon. Il met ainsi fin à la conduite suicidaire de ceux
qui, croyant fuir l'ouragan par vent arrière, se
précipitaient en fait vers l'œil du cyclone et donc vers
leur perte. Ces grandes difficultés de la navigation
expliquent
Les ravages des typhons À Taiwan, île très montagneuse où la population se
concentre dans les plaines côtières, les typhons
viennent régulièrement inonder les récoltes,
emporter les villages et provoquer de meurtriers glissements de
terrain. On a même pu montrer les effets de ces
typhons sur la santé des habitants : malaises cardiaques,
dysenterie, asthme, dépressions... En Chine du
Sud, la quasi-totalité des grands ports se sont installés
sur les fleuves, à l'intérieur des terres
(Shanghai, par exemple). Les Européens, moins
prudents, ont assuré le développement de ports
côtiers comme Hongkong, sous la menace permanente
des typhons. Le Japon. L'archipel nippon, déjà
secoué par des tremblements de terres périodiques,
est la proie régulière de très violents typhons. En 1959,
le typhon Vera a submergé les digues de la ville de
Nagoya, dans l'île de Honshu, par une vague
de plus de trois mètres. Toute la partie basse de
la ville, gagnée sur la mer grâce à des polders, s'en est
trouvée submergée, provoquant la mort de plus de 5
000 personnes.
Cyclones, typhons, hurricanes... En 1845, l'Anglais Piddington, de l'observatoire de
Calcutta, s'inspire du grec kukios (aui désigne
l'enroulement du serpent) pour aualifier de «cyclone» les
très violentes perturbations climaûaues aui frappent
régulièrement le Bengale. Par extension, le terme est employé pour désigner des
phénomènes comparables dans les autres parties du monde.
Mais il existe aussi des dénominations locales. Ainsi, en
Asie du Sud-Est, on parle plus volontiers de «typhons»
(du terme chinois taï fong^; |
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