Le Chauffage géothermique
 

  Le chauffage géothermique : Energies nouvelles et renouvelables


Il consiste à utiliser la chaleur du sous-sol, généralement en puisant de l'eau à une profondeur suffisante. Au-delà de la profondeur où se produisent les variations périodiques annuelles et journalières — soit une quinzaine de mètres environ — la température du sous-sol augmente de l'ordre de 1° par 25 ou 35m en moyenne, suivant les régions. Cette chaleur terrestre a pour origine la radioactivité des roches, mais aussi la condensation des matières ayant constitué la terre, il y a cinq milliards d'années, et continuant à dégager de la chaleur. En descendant à une profondeur de 1 500 à 2 000m, on peut trouver de l'eau à une température de l'ordre de 60 à 70°C, donc parfaitement utilisable pour le chauffage. Pour alimenter des chauffages par rayonnement, il suffit même d'une moindre profondeur.

 

 

Mais, pour puiser en un point déterminé de la chaleur d'une façon durable, encore faut-il que la roche soit parcourue par un courant d'eau et, par conséquent, soit perméable. Si bien que la prospection géothermique consiste à trouver des zones perméables à une profondeur suffisante.
L'idée de puiser de la chaleur dans le sous-sol a déjà été émise il y a bien longtemps, mais elle n'avait pas reçu d'applications. Les premiers essais que nous avons réalisés, en particulier à Carrières-sur-Seine , ont été assez décevants, parce que l'eau puisée était bien à une température de 57°, mais elle était salée et contenait des matières sulfureuses. Si bien que sa chaleur devait être transmise aux réseaux de chauffage par l'intermédiaire d'échangeurs fréquemment remplacés. De plus, il était impossible d'en assurer le rejet dans le réseau fluvial.


C'est pourquoi, en France, les installations de chauffage géothermique comportent obligatoirement deux puits, l'un d'extraction, l'autre de réinjection. Bien entendu, la réinjection de l'eau doit se faire à la température la plus basse possible, de façon à utiliser au mieux la chaleur de l'eau puisée. Cette réinjection est généralement nécessaire pour maintenir la pression de la nappe. Sans doute, dans certains pays comme la Hongrie, où les terrains sont très perméables, la réinjection n'est-elle pas indispensable pour maintenir la pression, parce que la réalimentation se fait naturellement. Comme, d'une part, la température de l'eau puisée peut être insuffisante pour alimenter un chauffage ancien dont la température de départ, en puissance maximale, est de l'ordre de 90°C et, d'autre part, que le débit d'eau puisée risque d'être insuffisant, ce chauffage géothermique est souvent complété par une énergie thermique différente, le fuel par exemple. Aussi, ce procédé soulève-t-il des problèmes de régulation assez complexes. La composition de l'eau puisée conditionne bien entendu la nature des échangeurs puisque, généralement, il n'est pas possible de l'envoyer directement dans les surfaces de chauffe. Le chauffage de la Maison de la Radio à Paris, est une des réalisations les plus caractéristiques de ce procédé. A 600m de profondeur, on trouve, dans l'Albien, de l'eau à 27°C. Grâce à une pompe à chaleur, cette eau est refroidie à 7°C pour assurer le rafraîchissement des locaux dont la température est trop élevée, même en hiver, par suite du dégagement de chaleur des appareils d'émission. L'eau recueillie aux condenseurs à 42°C permet d'assurer l'alimentation de surfaces de chauffe par rayonnement. En récupérant, de plus, au profit des locaux froids, une partie de la chaleur des locaux surchauffés, on économise finalement 70% de l'énergie qui serait dépensée dans cet ensemble d'immeubles avec des installations de chauffage et de conditionnement classiques. Il existe des réalisations plus récentes et plus importantes. Les plus connues sont celle de Melun qui permit une étude scientifique du procédé, et celle de Creil récemment mise en service, sous la direction de Jean Olivet. Il y a, en France, de nombreuses nappes utilisables, et il est probable que ce chauffage géothermique connaîtra prochainement de nouveaux développements.

 

La carte géologique des ressources géothermiques en France

La carte géologique des ressources géothermiques en France

 

 

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