Le Chauffage
 

  Le conditionnement de l'air


A vrai dire, le mot de conditionnement, parfois opposé à celui de chauffage, évoque essentiellement le rafraîchissement des locaux, mais le chauffage est aussi une des missions de cette technique.
Depuis que la science des climats artificiels a révélé l'influence du milieu climatique, naturel ou artificiel, sur le comportement des êtres vivants, on s'efforce, de plus en plus, de placer les humains dans les conditions les plus favorables à leur santé et à leur efficacité. Le chauffage n'était qu'un premier pas dans cette voie — pas important sinon capital, puisque c'est par le facteur thermique que le climat influence le plus les êtres vivants — mais la pureté et l'humidité de l'air, et le silence ont également des influences non négligeables. De plus, le chauffage ne peut que remédier à une température trop basse, alors qu'en abaissant, en été, la température naturelle, le conditionnement permet de placer, en toute saison, les occupants d'un local dans une ambiance confortable.
 

 

 

En somme, le conditionnement maintient, toute l'année, la température la plus opportune, règle le degré hygrométrique aux environs de 50% et distribue un air aussi pur que possible, tout en permettant la fermeture des fenêtres en toute saison, protégeant ainsi les occupants contre les bruits extérieurs.
Depuis le développement des installations de conditionnement, des constatations statistiques ont montré que, dans ces conditions, l'état sanitaire était amélioré, ainsi que l'efficacité du travail aussi bien intellectuel que manuel. En outre, un renouvellement judicieux de l'air permet d'augmenter la densité d'occupation d'un même local, tout en abaissant la hauteur du plafond.



L'accroissement du rendement du personnel, particulièrement pendant les saisons chaudes, la diminution de l'absentéisme, en toute saison, l'abaissement du coût de la construction, font que, dans les immeubles de bureaux, voire les usines, la différence des prix d'installation et d'exploitation, entre le chauffage et le conditionnement, est amortie en deux ou trois années, parfois même plus vite. Aussi, est-il hors de doute que, pour ces immeubles, le conditionnement doive être préféré au chauffage.
Dans les habitations proprement dites, le facteur rendement a moins d'importance, mais l'augmentation du confort et la diminution du coût de la construction par l'abaissement des plafonds incitent de plus en plus les maîtres d'œuvre à préférer le conditionnement pour les immeubles d'un certain luxe.
La technique du conditionnement de l'air a beaucoup évolué depuis trente ans. Sans doute, réalise-t-on encore des installations entièrement centralisées, comme celle décrite ci-après à titre d'exemple, mais, pour diminuer le coût des gaines, on tend de plus en plus à ne distribuer que le volume d'air strictement nécessaire à la ventilation et à la purification de l'atmosphère, les reprises d'air dans les locaux étant supprimées. Comme les grands volumes d'air autrefois mis en œuvre servaient essentiellement au transport de la chaleur et du froid, ce transport est actuellement effectué par de l'eau chaude ou de l'eau refroidie. Les canalisations aboutissent dans les locaux des appareils dénommés « ventilo-convecteurs » ou « éjecto-convecteurs » comportant des batteries et permettant, soit par aspiration, soit par induction, de faire circuler une partie de l'air du local sur ces échangeurs.
Installation de conditionnement centralisée. Une installation de conditionnement de l'air est, en quelque sorte, une installation de chauffage à air chaud accéléré par ventilateur, niais très perfectionnée, c'est-à-dire permettant d'humidifier et de purifier l'air de circulation et de le refroidi-en été. Outre le réchauffeur d'air et le ventilateur, ces installations comportent donc une prise d'air neuf, qui doit être placée à un endroit où l'air est aussi pur que possible, c'est-à-dire loin du sol, d'une part, et des cheminées, d'autre part. L'air ainsi aspiré par le ventilateur passe dans une chambre de dépôt de poussières, où sa vitesse est réduite à 0,30 m à la seconde, ce qui permet aux plus grosses poussières de se déposer. L'air passe, ensuite, à travers des filtres qui arrêtent la plus grande quantité des poussières en suspension. Pour assurer, ensuite, son lavage et son humidification convenable, l'air traverse également un laveur-humidificateur, constitué essentiellement par une chambre où des pulvérisateurs projettent de fines gouttelettes d'eau. Cette eau se vaporise partiellement dans l'air et précipite la grosse majorité des poussières qui peuvent avoir traversé les filtres. L'air traversant ensuite une batterie de chauffage est porté à la température exigée par les besoins calorifiques des locaux ; puis, il est distribué dans les pièces à chauffer.

 

 

- Menu chauffage -