Le Chauffage
 

  LA CONDUITE ET LE CHOIX DES INSTALLATIONS


Rendement des installations
Les installations de chauffage ont un rendement qui diffère beaucoup de l'une à l'autre. Autrement dit, en partant d'un combustible déterminé, les installations peuvent fournir une quantité de calories utiles très sensiblement différente. Cela provient des pertes, qui sont de différentes natures :
1° Les générateurs de chauffage central ont un rendement moyen variant, suivant leur construction, de 50 à 75 %, autrement dit, les pertes par imbrûlés solides ou gazeux, par rayonnement et convection de la chaudière, par chaleur sensible des fumées, absorbent, en moyenne, 50 à 25 % des calories disponibles dans le charbon ;
2° La chaleur produite par le générateur est distribuée aux locaux par les tuyauteries, dont les pertes peuvent être appréciables et varient suivant leur longueur et leur calorifugeage de 10 à 30 % en moyenne, autrement dit, les radiateurs ne reçoivent que 90 à 70 % de la chaleur distribuée par le générateur;
 

 

 

3° La chaleur émise par le radiateur n'est que partiellement utilisée pour le chauffage des locaux, parce que, bien souvent, 3a partie haute du local est surchauffée en pure perte. Comme nous l'avons indiqué, cette surchauffe des parties hautes dépend essentiellement du type de surface de chauffe utilisé et de la température du fluide. Le rendement idéal de 100 % des surfaces de chauffe est obtenu avec les surfaces réalisant une température uniforme dans toute l'étendue horizontale et verticale du local. Par contre, avec les radiateurs ordinaires, ce rendement peut s'abaisser jusqu'à 85 % ;
 

4° Le chauffage peut être mal réglé, en ce sens que pour obtenir au moins 18 °C dans tous les locaux, il est nécessaire de produire un surcroît de chaleur dans certains d'entre eux, ce qui se traduit par une surchauffe de quelques degrés, par exemple, ou, plus souvent, par l'ouverture d'une fenêtre réalisant une ventilation exagérée et coûteuse. Ce défaut de réglage peut provoquer des surcroîts de consommation de l'ordre de 25 %. Si bien que le rendement de réglage passe de 100 à 75 % ;

5° Le réglage général d'un chauffage doit permettre de limiter strictement la température de l'ensemble à la valeur imposée, en évitant toute surchauffe. L'expérience montre que lorsque ce réglage est laissé au soin de chauffeurs plus ou moins consciencieux, il peut en résulter une consommation de combustible de plus de 20 % supérieure à celle obtenue par un réglage parfait, par exemple, à l'aide de thermostats de précision. Si on tient compte, en effet, qu'une installation de chauffage consomme, en moyenne, par hiver, une quantité de combustible coûtant 20 à 35 % des frais de première installation, on voit, en se basant sur un amortissement en dix ans (qui est un minimum), qu'une installation parfaitement conçue et réalisant un rendement de 0,57 devrait être payée, suivant les cas, deux à quatre fois plus cher qu'une installation réalisant un rendement de 0,17. Autrement dit, il pourra y avoir intérêt à payer de 2 à 4 000 F une installation à excellent rendement, plutôt que de payer 1 000€ une installation de même puissance à mauvais rendement. Or, en général, les différences de prix sont bien inférieures à ces marges.
Quoique cette question de rendement des installations ait généralement peu retenu l'attention des techniciens, les différences de consommation entre les installations sont apparues tellement considérables qu'on a cherché à y remédier en demandant aux constructeurs de donner des garanties de consommation. Malheureusement, la précaution est plus théorique que pratique, car, les mesures de consommation sont très délicates, puisqu'elles exigent une excellente conduite du feu et nécessitent de définir un hiver moyen, qui est rarement réalisé pendant l'année de garantie. Fréquemment, cette mesure, excellente en soi, reste inopérante. Il en résulte que le rendement des installations est plus une question de confiance dans le constructeur qu'une qualité vérifiable par un essai contradictoire.

 

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