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L'Égypte Le guide de la préparation de vos vacances en Égypte.
Le territoire a vu se développer, notamment,
deux civilisations tout à fait distinctes: celle de l'Égypte antique et, à
partir de 639 après J.-C., celle de l'Égypte arabe. Géographie physique et
humaine. L'Égypte aride (70 % du pays) comprend: à l'ouest, le désert de
Libye, composé de plateaux calcaires ponctués de dépressions qu'occupent des
oasis; à l'est, le désert Arabique, zone escarpée que surmontent parfois des
volcans (région du Sinaï). L'Égypte fertile se limite à la vallée inondable du
Nil (1500 km de long, de 1 à 20 km de large), qui rassemble la majeure partie
de la population (densité moyenne proche de 1000 hab./km² le long du fleuve).
L'accroissement naturel rapide, de 2,1 % par an freine le
développement et s'accompagne d'une explosion urbaine (plus de 44 % de
citadins). L'agriculture emploie 37 % des actifs [1994] mais ne
couvre que 60 % des besoins alimentaires du pays: la production agricole
augmente en moyenne de 2 % par an, alors que celle de la consommation dépasse 3
%. Le pétrole ( plus de 46 millions de tonnes par an) , représente 54 %
des exportations, suivi par le coton et les articles textiles. Les importations
sont dominées par les produits agricoles (céréales surtout) et les biens
manufacturés, malgré une diversification de l'industrie nationale. Le lourd
déficit commercial n'est que partiellement compensé par les recettes tirées du
canal de Suez et du tourisme. En dépit d'une croissance soutenue, la situation
économique reste difficile: inflation élevée, déficit budgétaire, fort
endettement extérieur. L'exutoire de l'émigration ne fonctionne plus comme avant
et les retours ont été nombreux, aggravant le sous-emploi. Des mesures
d'assainissement économique sont en cours et la privatisation partielle des
entreprises, contrôlées à 70 % par l'État, est amorcée. Histoire. - L'Égypte
ancienne. Vers 10000 avant J.-C., deux foyers de civilisation néolithique se
développèrent au nord et au sud de l'Égypte. Au Ve millénaire, le pays était
partagé en deux grands royaumes. Ce fut Ménès qui, vers 3100, unifia l'Égypte et
fonda la première dynastie pharaonique et la ville de Memphis, future capitale
de l'Ancien Empire (2780-2260, IIIe-VIe dynastie). Symbolisé par les pyramides,
cet empire apparaît comme l'âge d'or de l'Égypte ancienne. L'autorité du pouvoir
central, très affaiblie durant la première période intermédiaire (2260-2065,
VIIe-Xe dynastie), est rétablie par Mentouhotep Ier, dont le règne inaugure le
Moyen Empire (2065-1785, XIe-XIIe dynastie): renaissance de l'architecture
sacrée et de la statuaire, mise en culture des terres du Fayoum, échanges
commerciaux avec la Phénicie, etc. À cette période succède la deuxième période
intermédiaire (1785-1580, XIIIe-XVIIe dynastie), marquée par l'invasion des
Hyksos qui s'installent dans le delta et en Moyenne Égypte. Les envahisseurs
sont expulsés par Ahmôsis, fondateur du Nouvel Empire (1580-1085, XVIIIe-XXe
dynastie); c'est une époque d'impérialisme (conquête de la région du haut Nil et
de la Syrie par Thoutmès Ier et Thoutmès III), de grands travaux (édifices de
Thèbes et de Nubie), marquée par une grave crise religieuse (culte exclusif d'Aton
institué par Aménophis IV). Les guerriers de la XIXe dynastie, Séthi Ier et
Ramsès II, ceux de la XXe dynastie (Ramsès III), préservent l'indépendance du
pays. Sous les derniers Ramsès, l'empire perd son unité et demeure morcelé
durant la troisième période intermédiaire (1085-715, XXIe-XXIVe dynastie). Des
dynasties étrangères (libyenne, XXIIe dynastie, puis éthiopienne, XXVe dynastie)
réunifient momentanément le pays. La dernière grande dynastie du pays fut celle
des Saïtes (XXVIe dynastie, 663-525). En 525, l'Égypte tombe sous le joug perse, puis sous celui d'Alexandre et des Lagides (dynastie ptolémaïque,
323-30). À la mort de Cléopâtre ( 30 avant J.-C.), l'Égypte devient une province
romaine, qui entre dans l'Empire byzantin, avant de passer sous
domination arabe (642). - L'Égypte arabe. Le pays est islamisé sous les
Omeyyades (660-750), les Abbassides (750-973) et les Fatimides, qui
installent leur capitale au Caire. Saladin les supplante en 1171, cède ensuite
le pouvoir aux Mamelouks, lesquels se maintiennent en Égypte de 1250 à 1517,
date de l'invasion ottomane. Les Mamelouks préservent l'Égypte des Mongols;
l'activité économique connaît un remarquable essor et de grandes mosquées sont
bâties au Caire. L'expédition de Bonaparte (1798-1801) ouvre le pays à
l'influence de l'Occident. Méhémet-Ali impose sa nomination comme pacha en 1805,
entreprend de moderniser le pays. En 1840, le traité de Londres reconnaît l'hérédité de son titre; en
1867, son 3e successeur, Ismâ'Îl, devient khédive (souverain). Le canal de Suez,
dû à Ferdinand de Lesseps, est inauguré en 1869, mais, en 1874, les Britanniques
en deviennent les principaux actionnaires. En 1882, une révolte nationaliste
xénophobe permet à la Grande-Bretagne d'imposer un protectorat de fait, qui
n'est officiellement proclamé qu' en 1914. Dans la même période, l'Égypte,
totalement remodelée sous la tutelle anglaise (barrages d'Assiout et d'Assouan,
développement de la culture du coton, etc.), conquiert le Soudan. Cependant, à
la suite d'un vaste mouvement d'émancipation, la Grande-Bretagne rend à l'Égypte
son indépendance (1922), sous réserve de quelques privilèges militaires, qui
permettent à l'Angleterre de protéger le canal de Suez contre les forces
italo-allemandes, de 1940 à 1942. Le roi Farouk (1936-1952) doit faire face aux
dissensions qui minent le parti national (le Wafd) et entreprend une guerre
malheureuse contre Israël (1948-1949). Il est renversé (1952) par les «officiers
libres», qui ont placé à leur tête le général Néguib; l'année suivante, ce
dernier proclame la république puis est lui-même remplacé par le
lieutenant-colonel Nasser (1954). Celui-ci impose une Constitution instaurant un
régime de type présidentiel, prévoyant la création d'un parti unique, et
nationalise le canal de Suez en 1956 pour répondre au refus de l'Occident de
financer le nouveau barrage d'Assouan; l'intervention, israélienne puis
franco-britannique, qui suit est stoppée par la pression conjointe des
États-Unis et de l'U.R.S.S. Champion de la politique de non-alignement, en même
temps que du panarabisme, Nasser crée la République arabe unie en s'unissant à
la Syrie puis au Yémen (1958-1961) et se tourne vers l'U.R.S.S. (qui met en
chantier le haut barrage d'Assouan). En 1967, la fermeture du golfe d'Akaba
provoque la «guerre des Six Jours» qui permet aux Israéliens d'occuper la
province du Sinaï; Nasser ne rouvre pas le canal (endommagé par la guerre); en
1970, il meurt subitement. Anouar el-Sadate lui succède et revient
progressivement sur de nombreux principes de la politique de Nasser. En 1973,
son attaque contre Israël lui permet de récupérer peu à peu la péninsule du
Sinaï après une série d'accords de désengagement (1974-1975) qui facilitent la
réouverture du canal de Suez. Dans le même temps, l'influence américaine tend à
se substituer à l'influence soviétique. En 1977, de graves émeutes éclatent,
provoquées par le faible niveau de vie de la population. La paix est devenue
indispensable à l'Égypte; en novembre, Sadate se rend à Jérusalem, puis conclut
avec le Premier ministre israélien M. Begin les accords de Camp David, qui
aboutissent à la signature d'un traité de paix avec Israël (1979) et à la
rupture avec les autres pays arabes. Sadate, qui vient de frapper l'opposition
religieuse fondamentaliste, est assassiné le 6 octobre 1981. Son successeur,
Mohamed Hosni Moubarak (réélu en 1987 et en 1993), s'efforce de poursuivre la
politique d'ouverture, tout en tentant de regagner la confiance des pays arabes
(réintégration en 1989 au sein de la Ligue arabe). En 1991, l'Égypte participe à
la coalition internationale contre l'Irak. Sur le plan intérieur, le régime doit
faire face, depuis 1992, à des attentats islamistes. L'un des plus sanglants est
celui fomenté, le 17 novembre 1997, par un commando islamiste se réclamant de la
Djamaa Islamiya et qui se solde par la mort de 67 touristes sur le site de
Louqsor. Cet acte de barbarie conduit le président Moubarak à limoger le
ministre de l'Intérieur, Hassan el-Alfi, et à le remplacer par le général Habib
el-Adeli, jusqu'alors chef des services de sécurité. Parallèlement,
l'organisation islamiste propose une trêve au gouvernement s'il met «un terme à
ses campagnes injustes contre les membres de la Djamaa», libère ses prisonniers,
rompt ses relations avec Israël et fait libérer le cheikh Omar Abdel Rahman,
guide spirituel de l'organisation. Se refusant officiellement à tout dialogue
avec les extrémistes musulmans, l'État manifeste toutefois sa bonne volonté à
l'égard de la Djamaa Islamiya, qui respecte la trêve, en libérant plus de mille
islamistes appartenant ou soupçonnés d'appartenir à l'organisation islamiste.
Dans le même temps, il réaffirme sa volonté de combattre le terrorisme en
organisant, en 1999, les procès («procès des Albanais» : 107 prévenus jugés et
condamnés à des peines de prison ou à des exécutions), devant la justice
militaire, de membres du Jihad, l'autre groupuscule intégriste armé, qui n'a pas
déposé les armes. L'année 1999 est également marquée par la réélection, à la
présidence d'Hosni Moubarak (septembre) et la désignation d'Atef Ebeid, à la
direction du gouvernement. Dès son arrivée au pouvoir, ce dernier doit faire
face à de nouvelles difficultés économiques résultant d'une baisse importante de
la fréquentation touristique et de la brusque flambée du dollar. Un plan de
restructuration économique est aussitôt mis en oeuvre. La poursuite des
pourparlers de paix israélo-palestiniens et le retour sur la scène
internationale de la Libye, constituent de nouveaux motifs de satisfaction pour
le pouvoir. Seule l'enquête sur le crash du Boeing d' Égyptair, près de New
York, en octobre, jette une ombre sur le paysage diplomatique, en créant de
nouvelles tensions avec les États-Unis.
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