Portugal - (République portugaise) :
État d'Europe méridionale, dans l'ouest de la péninsule Ibérique, sur
l'Atlantique; 92080 km²et 10 millions d' habitants avec ses
dépendances (les Açores et Madère); capitale Lisbonne. Nature de l'État:
république parlementaire. Langue officielle: portugais. Unité monétaire: euro, monnaie nationale: escudo (en circulation jusqu'au 1er juillet 2002 au
plus tard). Religion: catholicisme majoritaire (95,8 %).Géographie physique
et humaine. - Au nord du pays dominent les hautes terres: plateaux élevés,
échines montagneuses (1991 m dans la Serra de Estrella), au climat
méditerranéen humide, alors que le Sud est constitué pour l'essentiel de plaines
et de bas plateaux au climat plus chaud et plus sec. Trois grands fleuves nés en
Espagne, le Douro, le Tage et le Guadiana drainent le pays. Le littoral s'étire
sur 850 km; le plus souvent bas et rectiligne, il correspond à des plaines
intérieures (Beira littorale, Ribatejo, Bas Alentejo, Algarve) qui groupent les
deux tiers de la population du pays et les principales villes. À la période de
croissance démographique élevée des années 50 et 60, accompagnée d'une
émigration massive (la France, première destinataire, accueille 850000
Portugais), a succédé une nouvelle phase: la croissance est ralentie
et le solde migratoire est excédentaire depuis le début des années 70. Les
ruraux sont encore majoritaires. Économie. Le Portugal est, avec la Grèce, le
pays le moins développé de l'U.E. et son P.N.B. par habitant, représente moins
de 60 % du P.N.B. communautaire moyen. L'agriculture emploie 11,3 % des actifs et reste chroniquement
déficitaire: polyculture des petites exploitations du Nord, céréaliculture et
élevage extensifs des grands domaines du Sud. Liège et vin de Porto sont les
deux grands produits d'exportation. Depuis 1986, la croissance industrielle est
forte, soutenue par l'afflux de capitaux étrangers et les aides communautaires
(50 milliards de francs pour la période 1989-1993). La branche textile
habillement arrive largement en tête, avec 28 % des salariés de
l'industrie et 30 % des exportations, devant le matériel de transport,
l'agro-alimentaire et la chaussure. Porto et Lisbonne sont les deux grands
centres industriels, Sines étant le pôle pétrochimique. Le tourisme et les
transferts de fonds des 3 millions de Portugais de l'étranger assurent des
recettes importantes. La politique de privatisation, lancée en 1989, a marqué la
fin de l'expérience socialiste, mais les succès économiques du pays restent
fragiles: inflation non maîtrisée, dépendance face à l'investissement étranger.
Le pays a adhéré au S.M.E. en 1992.Histoire. - Occupée dans l'Antiquité par les
Lusitaniens, tribus ibères, la région fut définitivement conquise au Ier
siècle avant J.-C. par les Romains, qui maintinrent leur domination jusqu' au Ve
siècle après J.-C. Envahie par les Alains, les Suèves et les Wisigoths (Ve
siècle), ensuite par les Arabes (711), elle suivit le sort de l'Espagne. En
1097, Henri de Bourgogne reçut d'Alphonse VI de Castille et de León, son
beau-père, le comté de Portugal (entre Minho et Mondego); en 1139, ce comté
forma un royaume indépendant, dont le souverain, Alphonse Ier Henriques,
repoussa les Maures jusqu'à Lisbonne (1147). Ses successeurs poursuivirent la
reconquête, qui fut totale en 1249. Denis le Libéral (1279-1325) donna un grand
essor au pays, préparant ainsi l'époque des grandes expéditions maritimes: Jean
Ier (1385-1433), assisté par son fils Henri le Navigateur, Jean II (1481-1495)
et Manuel Ier le Fortuné (1495-1521) entreprirent l'exploration et
l'exploitation des côtes africaines, indiennes et brésiliennes. L'extinction de
la dynastie d'Aviz (1383-1580), poussa Philippe II d'Espagne, à faire valoir ses
droits à la couronne. Lié à l'Espagne, le Portugal déclina: son empire maritime,
attaqué par les Anglais et les Hollandais, s'effrita. En 1640, les Portugais se
révoltèrent contre le gouvernement espagnol, se donnèrent pour roi Jean IV de
Bragance et, au prix d'une guerre qui dura vingt-sept ans, acquirent leur
complète indépendance (traité de Lisbonne, 1668). Régnant sur des terres vastes
et lointaines, cette petite nation ne put garder toutes ses colonies des Indes
et d'Afrique; en revanche, elle s'attacha à exploiter le Brésil. En 1703, par le
traité de Methuen, le Portugal, soucieux de se préserver définitivement de la
puissance espagnole, tomba pour longtemps sous la dépendance économique de
l'Angleterre, dépendance que ne purent entamer les grandes réformes de Pombal,
le ministre de Joseph Ier (1750-1777). Napoléon Ier fit occuper le Portugal
(1807), qui se libéra complètement avec l'aide des Anglais en 1811. Jean VI de
Bragance, réfugié au Brésil dès 1807, n'en revint qu' en 1821. Le régime
constitutionnel établi en 1826, combattu par Michel, fils cadet de Jean VI, de
1828 à 1834, finit par s'imposer sans toutefois être réellement appliqué. Les
classes dirigeantes et l'armée accrurent leur pouvoir. En 1910, un coup d'État
militaire renversa la royauté. Un régime républicain, très instable, fit place à
une république unitaire corporative instaurée par Salazar, président du Conseil
à partir de 1932, qui, sans porter officiellement le titre de chef de l'État,
gouverna en dictateur jusqu' en 1968, assurant au pays la stabilité financière
et politique. L'ère de la décolonisation fut fatale au régime; Diu, Goa et Damão
(Daman) furent annexés par l'Inde en 1961; des troubles graves, suivis d'une
guerre difficile, éclatèrent la même année en Angola, tandis que l'agitation
s'étendait au Mozambique et à la Guinée-Bissau. En 1968, frappé d'une congestion
cérébrale, Salazar laissa le pouvoir à Caetano qui, tout en libéralisant la vie
politique et économique, ne voulut pas arrêter la guerre de répression
coloniale, trop lourde pour les forces réelles du Portugal. Le 25 avril 1974,
une junte, composée d'officiers supérieurs hostiles à la poursuite des guerres
coloniales et appuyés par l'ensemble des forces armées, renversa Caetano et le
salazarisme. Lors du «printemps portugais», dit «révolution des oeillets», les
partis de gauche se révélèrent puissants à l'intérieur du pays comme au sein du
Mouvement des forces armées (M.F.A.), lequel prit la direction des affaires et
procéda à une rapide décolonisation. Mais bientôt les socialistes accusèrent les
communistes de vouloir établir un régime totalitaire; ils remportèrent les
élections constituantes d'avril 1975. Les communistes furent écartés du pouvoir
après une tentative de putsch (novembre 1975), et, en décembre, le M.F.A. laissa
le pouvoir aux civils. En juin 1976, le général Eanes fut élu président de la
République tandis que les élections législatives donnaient la majorité aux
socialistes et à leurs alliés du centre droit. Durant ses deux mandats (il fut
réélu en 1980), les gouvernements de gauche et du centre, présidés par le
socialiste Mario Soares, alternèrent avec des coalitions de droite ou de centre
droit. En 1985 fut signé le traité d'adhésion à la C.É.E.; l'année suivante,
Mario Soares accéda à la présidence de la République (il fut réélu en 1991).
Cependant, le Parti social-démocrate (centre droit) d'Anibal Cavaco Silva
remporta les élections législatives de juillet 1987. En 1988, une modification
constitutionnelle autorisa les dénationalisations et la privatisation de
l'information. António Manuel De Oliveira Guterres fut nommé Premier ministre en
octobre 1995. Un an plus tard, Jorge Sampaio accédait à la présidence de la
République. En 1999, la stratégie politique mise en oeuvre par le gouvernement
d'António Manuel De Oliveira Guterres sortie renforcée du scrutin législatif qui
fut organisé en octobre. Même s'il ne remporta pas la majorité absolue, le Parti
socialiste s'assura 113 des 230 sièges disponibles au Parlement. L'expansion de
l'économie portugaise et les efforts diplomatiques déployés par le gouvernement,
notamment au Timor Oriental, comptèrent en effet comme autant de succès aux yeux
des électeurs.
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