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La Turquie Le guide de la préparation de vos vacances en Turquie.
La péninsule anatolienne (97% de la
superficie, 90 % des habitants du pays) est constituée d'un plateau central
élevé et massif (800 à 1000 m d'altitude à l'ouest, 2000 m à l'est). Le climat
est sec, à hivers rigoureux et la végétation steppique domine, quelques cuvettes
arides étant occupées par des lacs saumâtres (Tuz Gôlu). L'ensemble est ceinturé
de montagnes périphériques: chaînes Pontiques au nord, Taurus au sud, qui
convergent vers l'est où se dresse le massif volcanique arménien (5165 m au mont
Ararat). Les montagnes côtières retombent sur un littoral de près de 8500 km,
ponctué de plaines, chaud et humide le long de la mer Noire, plus sec sur la
façade méditerranéenne. Dans la partie européenne, la Thrace (3 % de la
superficie, 10 % des habitants du pays), des contrastes du même ordre
s'observent entre la steppe intérieure et les montagnes et collines bordières,
plus humides. Le peuplement, dense sur les littoraux, s'est beaucoup étoffé en
Anatolie centrale, avec la fixation de la capitale à Ankara et en raison de la
croissance démographique soutenue (14 millions d'habitants en 1927, 28 en 1960,
55 aujourd'hui, malgré la baisse sensible de la natalité), ce qui alimente un
exode rural massif: le taux d'urbanisation approche 60 %. Économie. - Depuis
1980, sous l'égide du F.M.I., la Turquie a opté pour un développement libéral et
l'ouverture aux capitaux étrangers; des mesures de privatisation sont en cours
depuis 1988 (l'État contrôlait 50 % de l'industrie et 70 % des banques).
Dynamisées par l'investissement étranger, les industries d'exportation sont
devenues le moteur de la croissance: textile, habillement et biens manufacturés
assurent 72 % des ventes à l'étranger. L'agriculture est très diversifiée:
céréales, plantes industrielles, fruits et légumes, élevage ovin. Elle occupe 46
% des actifs et fournit le quart des exportations. Les ressources minérales
(pétrole, fer, chrome) sont peu abondantes, à l'exception du lignite. Les
recettes du tourisme et l'envoi de fonds des émigrés couvrent le déficit
commercial. La Turquie dispose de nombreux atouts : une position clé entre
l'Europe, les pays de l'ex-U.R.S.S. et l'Asie, un marché intérieur en
croissance, des potentialités régionales élevées. Le pays souffre cependant d'une inflation importante,
d'un endettement élevé et les tensions sociales restent fortes.
L'Anatolie ancienne. Peuplée dès la préhistoire, la Cappadoce connut à partir de
3000 avant J.-C. un développement sous la forme de cités-États liées à la
Mésopotamie (comptoirs commerciaux assyriens). À partir du XVIIIe siècle avant
J.-C., des royaumes indo-européens (Hittites) se développèrent jusqu'aux
bouleversements apportés, au XIIe siècle, par les Peuples de la Mer; après une
période de troubles, les Grecs s'établirent fortement sur le littoral égéen et
de nouveaux royaumes s'édifièrent sur les ruines de l'Empire hittite au VIIIe
siècle avant J.-C. (Phrygie, Lydie) et s'hellénisèrent progressivement, malgré
la domination perse (VIe siècle avant J.-C.). La civilisation grecque survécut
dans l'Empire byzantin à la fin du monde antique. Dès le VIIe siècle après
J.-C., les invasions arabes amenèrent l'islam aux frontières de l'Empire qui, à
partir du XIe siècle, fut la proie des croisés et des Turcs. Venus de l'Altaï,
les Turcs avaient constitué en Asie centrale l'immense empire des Tujue (VIe-VIIe
siècle). Convertis en masse à l'islam au Xe siècle, les Turcs Seldjoukides
envahirent à partir du XIe siècle tout le Proche-Orient, la victoire de Manziket leur permettant de s'installer massivement en Anatolie. Au XIIIe siècle,
les Mongols imposèrent leur tutelle aux Seldjoukides. Après 1290, une tribu
turque établie en Bithynie, celle des Ogrul, se rendit indépendante des
Seldjoukides. Ils se nommèrent Osmanlis (Ottomans pour les Occidentaux), d'après
le nom de leur chef Osman Ier. L'Empire ottoman. La principauté ottomane se
dota rapidement d'une organisation militaire qui lui permit d'étendre son
territoire aux dépens de la puissante Byzance. Dès 1326, sous le règne d'Orkhan,
l'ensemble de l'Anatolie était conquis; en 1353, Orkhan prenait pied en Europe;
Brousse fut choisie comme capitale. Une administration efficace fut mise en
place: centralisation en Anatolie, autonomie sous contrôle militaire des pays
conquis. Le corps d'élite permanent des janissaires assura la supériorité
militaire. Murat Ier poursuivit les conquêtes en Europe (Bulgarie, Serbie) et
prit le titre de sultan. Sous Mehmet II, la prise de Constantinople (1453)
marqua la prépondérance turque dans les Balkans pour trois siècles. La Bosnie et
l'Albanie furent envahies au XVe siècle; Selim Ier fit porter l'effort de
conquête vers le monde musulman: Syrie puis Égypte (1516 et 1517). Le règne de
Soliman le Magnifique vit les conquêtes de l'Afrique du Nord et de
la Hongrie, et le siège infructueux de Vienne. Les grandes découvertes du
XVIe siècle firent perdre à l'empire son rôle d'intermédiaire commercial obligé
entre l'Europe et l'Orient. Son expansion territoriale fut stoppée, son économie
tomba lentement sous la domination européenne. Le second échec devant Vienne
(1683) marqua un grand recul et l'Autriche mena des guerres continuelles jusqu'
en 1791. Déchiré par des dissensions internes, l'empire chercha en vain à se
réorganiser pour faire face à un nouvel adversaire: la Russie. Il ne put garder
ni la Crimé ni la Bessarabie (1812). Il perdit la Grèce et l'Algérie
(1830), puis l'Égypte (1840). L'endettement et la décomposition administrative
facilitèrent les ingérences étrangères. La crise s'amplifia à la fin du siècle:
pertes de la Roumanie et de la Serbie (1878), de la Tunisie (1881) et de la
Bulgarie (1885). Sous le règne de Mehmet V, la révolte des Jeunes-Turcs porta au pouvoir des officiers nationalistes, qui aggravèrent les
tensions entre les différents peuples de l'empire. Ils ne purent éviter les
guerres balkaniques de 1912-1913, qui chassèrent les Turcs d'Europe et, en 1914,
ils plongèrent le pays dans la guerre au côté de l'Allemagne (génocide des
Arméniens, en 1915, soupçonnés de vouloir pactiser avec l'armée russe). En 1918,
les Alliés occupèrent Istanbul avec l'intention de démanteler la Turquie. La
ratification du traité de Sèvres par Mehmet VI acheva de discréditer le
sultanat. La Turquie moderne. Le général Mustafa Kemal prit la tête d'un
gouvernement national, réprima les minorités (Kurdes), entreprit la reconquête
de l'Ionie et de la Thrace occupées par les Grecs. Les victoires d'Inönü et de
Sakarya aboutirent au traité de Lausanne (1923) qui garantit l'intégrité du
territoire turc et imposa l'échange forcé de populations entre la Turquie et la
Grèce (1000000 de Grecs d'Asie contre 300000 Turcs d'Europe). Mustafa Kemal
proclama la République (1923), transféra la capitale à Ankara et gouverna de
façon dictatoriale, appuyé par le Parti républicain du peuple (parti unique). Il
entreprit une oeuvre considérable de modernisation économique,
d'occidentalisation et de laïcisation du pays, donnant à la Turquie moderne une
forte cohésion. Son successeur, Ismet Inönü (1938-1950), réussit à maintenir le
pays à l'écart de la Seconde Guerre mondiale. Le parti démocrate, créé en 1946
(fin du régime de parti unique) par des partisans de la politique de Kemal
dissidents, l'emporta aux élections de 1950. A. Menderes, Premier ministre
démocrate, mena une politique d'industrialisation largement ouverte aux capitaux
étrangers (prises de participation dans le secteur étatisé notamment); la
Turquie adhéra à l'OTAN (1951) et concéda, sur son territoire, des bases à
l'armée américaine. La dégradation de la situation économique, dans un climat
d'affairisme et de corruption, aboutit à un coup d'État militaire (1960) et à
une nouvelle Constitution (1961). Après un retour au pouvoir d'Inönü jusqu'en
1965, S. Demirel et le nouveau parti de la Justice durent affronter une
puissante opposition de gauche. En 1971, les militaires reprenaient la direction
des affaires et ramenaient au pouvoir les partisans de la politique de Kemal. En 1980, nouveau coup d'État
militaire, après un retour au pouvoir de Demirel. Une
nouvelle constitution permit au général K. Evren de devenir président de la
République, en 1982, dans un paysage électoral simplifié (interdiction de tous
les partis). Les élections de 1983 furent remportées par le parti de la Mère
Patrie (droite libérale), nouvellement autorisé; son chef, T. Ozal, Premier
ministre depuis 1983, succéda en 1989 à K. Evren à la présidence de la
République, Y. Akbulut prenant en charge l'exécutif. La Turquie fit acte de
candidature pour son admission au sein de la C.E.E.. Il faudrait sans doute à la
Turquie, pour être admise, régler le conflit qui l'oppose à la Grèce depuis
l'occupation de l'Est de Chypre par l'armée turque en 1974 et la proclamation
d'un État chypriote turc en 1975. En outre, elle essaya de donner des gages de
démocratie (annonce, en 1991, de la libération de 40000 prisonniers politiques)
et ne put plus ignorer les revendications nationalistes des Kurdes (dont la
guerre du Golfe compliqua encore la situation). Aux législatives anticipées
d'octobre 1991, le parti de T. Ozal perdit la majorité parlementaire au profit
du parti de S. Demirel, nouveau Premier ministre à la tête d'un gouvernement de
coalition. La tentative d'ouverture vers les Kurdes modérés fut menacée par les
progrès de la lutte armée des Kurdes séparatistes, contre lesquels une violente
offensive fut lancée en 1992. Après l'effondrement de l'U.R.S.S., la Turquie
engagea une diplomatie très active vis-à-vis des républiques turcophones d'Asie
centrale et du Caucase. En 1993, S. Demirel succéda à T. Ozal, à la présidence
de la République. Le poste de Premier ministre fut confié pour la première fois
à une femme, Tansu Ciller ( 1993-1996), qui dut faire face à la percée des
islamistes du Refah (Parti de la prospérité) au Parlement. Arrivé en tête aux
élections législatives de décembre 1995, Necmettin Erbakan, dirigeant du Refah,
obtint la confiance de l'Assemblée nationale le 8 juillet 1996 et forma un
gouvernement de coalition avec le parti conservateur de Tansu Ciller, qui devint
vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. En juin 1997, N.
Erbakan remit sa démission au président S. Demirel en espérant confier son poste
à sa partenaire conservatrice, Tansu Ciller. Contre toute attente, M. Demirel
qui souhaitait rassembler une coalition laïque écartant les islamistes du
pouvoir, nomma le leader de l'opposition Mesut Yilmaz, à la tête du nouveau
gouvernement, mettant ainsi fin à la pression des militaires qui menaçaient de
faire tomber le gouvernement de N. Erbakan. Rapidement confronté aux divergences
opposant les divers partis de son gouvernement de coalition et aux difficultés
de mise en oeuvre de son plan d'assainissement de l'économie, le Premier
ministre dut également faire face aux tensions engendrées par le séparatisme du
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), soutenu par la Syrie. Malgré la
signature par les deux pays (en octobre 1998), d'un accord par lequel Damas
s'engageait à cesser son soutien au PKK, le pays sortit un peu plus affaibli de
cette crise. Bientôt désavoué par une partie de la coalition au pouvoir, frappé
par une motion de censure déposée par le parti d'opposition de Tansu Ciller, et
finalement censuré par une grande majorité des parlementaires, Mesut Yilmaz dut
démissionner. À la fin de l'année 1998, le président Suleyman Demirel chargea
Bülent Ecevit (DSP, gauche démocratique) de former le nouveau gouvernement.
Confronté à l'échec de sa mission, ce dernier remit sa démission et fut remplacé
par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Yalim Erez. En janvier 1999, une
coalition de l'opposition initiée par Tansu Ciller et soutenue par Mesut Yilmaz
apporta son soutien à Bülent Ecevit, au Parlement. Cette stratégie politique
provoqua le départ du Premier ministre et le retour au pouvoir de Bülent Ecevit,
chargé de former un gouvernement jusqu'aux prochaines élections anticipées
prévues au mois d'avril suivant. L'année fut également marquée par l'annonce de
l'arrestation du représentant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),
Abdullah Öcalan, accusé de trahison et condamné à la peine capitale par la
justice turque, et par de violentes manifestations de la diaspora kurde en
Europe. Conséquence du mécontentement général, les électeurs donnèrent la
victoire aux partis nationalistes. Si le Parti de la gauche démocratique du
Premier ministre remporta 21 % des voix, il fut de nouveau placé en situation de
coalition. Ainsi, pour obtenir la majorité à l'Assemblée, il conclut une
alliance avec le Parti de l'action nationaliste (MHP) dirigé par Devlet Bahçeli
(devenu vice-premier ministre) et le Parti de la Mère patrie (ANAP, centre droit
) dirigé par Mesut Yilmaz. Enfin, le pays connut de nouvelles difficultés
économiques engendrées par les deux tremblements de terre successifs du 17 août
et du 12 novembre, qui firent plus de 17000 victimes et près d'un demi million
de sans-abri. Toutefois, les efforts déployés par le gouvernement de Bülent
Ecevit pour redresser l'économie furent favorablement accueillis par les
investisseurs étrangers, le FMI et l'Union européenne, auprès de qui le pays
envisageait de déposer sa candidature pour une adhésion (finalement admise lors
du Sommet d'Helsinki en décembre 1999). Le début de l'an 2000 fut marqué par
l'annonce du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de cesser officiellement
la lutte armée contre l'État turc. Cette décision, qui mit fin à un conflit
ayant causé la mort de 30000 personnes en quinze ans et provoqué le déplacement
de plus de 2 millions d'autres, fit écho aux appels en faveur de la paix lancé
depuis sa prison d'Imrali par Abdullah Öcalan. Le PKK poursuivit cependant son
combat en faveur de la reconnaissance de la culture kurde. Le 5 mai 2000, Ahmet
Necdet Sezer succédait à Süleyman Demirel à la présidence du pays, confronté à
une importante crise économique.
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