Les catastrophes naturelles

Introduction

    Les catastrophes naturelles tuent vingt fois plus que les désastres techniques. Depuis le début du siècle, il est vrai, séismes, volcans, intempéries ont provoqué la mort d'environ 13 millions de personnes. La totalité des pertes prend en compte les causes secondaires qu'elles entraînent et qui représentent souvent près de 40 % des victimes. Ainsi, les raz de marée qui ravagent les côtes (tsunami) ou les coulées de boue (1ahars) qui suivent les catastrophes volcaniques sont aussi destructeurs parfois que l'éruption proprement dite. De même, dans un pays comme le Bangladesh, les cyclones et les inondations ont pour corollaires famines et épidémies. Un raz de marée a tué 40 000 personnes le 3 novembre 1970, un cyclone 138 000 les 29 et 30 avril 1991. Ces cataclysmes récurrents sont amplifiés par les caractéristiques du pays : surpopulation, revenu par habitant extrêmement faible, atteintes au milieu naturel. Autant de causes qui entretiennent le cycle infernal pauvreté-effets des catastrophes naturelles.

    Depuis 1981 - année de la mise au point, en Grèce, de la méthode de prévision V.A.N. -, les séismes sont devenus les risques naturels les plus prévisibles (83 % ont été prévus, en Grèce, de 1981 à 1992).

    Le nombre de victimes des tremblements de terre est très élevé et leur liste s'allonge régulièrement. Le 27 juillet 1976, un séisme détruit la ville de Tangshan en Chine, tuant près d'un million de personnes. En 1985, le tremblement de terre de Mexico fait quelque 30 000 victimes. Le 7 décembre 1988, en Arménie, un séisme majeur détruit Spitak et Leninakan. Le 17 octobre 1989, un tremblement de terre à San Francisco provoque la mort de 72 personnes. Le 13 mars 1992 en Turquie, à Erzincan, 300 personnes sont tuées en quelques secondes et près de 1 000 au dernier bilan.

    Quant aux éruptions volcaniques, deux d'entre elles ont été particulièrement mortelles. L'éruption de la Montagne Pelée en Martinique, en 1902, a anéanti la ville de Saint-pierre avec ses 28 000 habitants. Celle de Nevado del Ruiz en Colombie, en 1985, est la plus meurtrière de la dernière décennie avec 26 000 personnes ensevelies.

L'homme n'est évidemment pas responsable des séismes, des éruptions volcaniques ou de certaines inondations. En revanche, le bilan plus ou moins lourd des catastrophes dépend beaucoup de son action.

 

     La planification de l'utilisation des sois peut éviter des pertes, tout comme le type de construction, l'éducation des populations ou l'organisation de secours efficaces. Le Japon, la Californie, l'Alaska, entre autres, exigent dans les textes le respect des constructions antisismiques. Une attitude qui explique partiellement, par exemple, les différences de pertes entre deux manifestations géologiques de force comparable : San Francisco le 17 octobre 1989, quelques dizaines de morts Leninakan en 1988, des dizaines de milliers. A Mexico aussi, en 1985, les déficiences de l'habitat théoriquement prévu pour résister ont amplifié le phénomène.

    L'homme peut également être responsable des inondations, " ondes de tempête ", cyclones et sécheresse si l'on en croit l'hypothèse selon laquelle ses activités participent au réchauffement planétaire et, par là même, à la multiplication d'événements climatiques extrêmes. Les plus importantes catastrophes climatiques proviennent généralement des inondations. Mais de violentes précipitations suffisent à provoquer de dangereux glissements de terrain.

    Les populations et les biens exposés sont de plus en plus nombreux, et cette tendance devrait se poursuivre car les risques de dégâts en cas de catastrophe naturelle augmentent avec la croissance démographique et urbaine.

 

1998 : une année noire pour les catastrophes naturelles dans le monde

     L'année 1998 a été une année noire pour les catastrophes naturelles, avec plus de 50.000 morts dans le monde au total, a indiqué mardi le premier réassureur mondial, l'Allemand Munich Re. Le bilan humain est le quatrième plus lourd de ces dernières décennies, a précisé dans un communiqué le réassureur, rappelant qu'en 1997 les catastrophes avaient fait 13.000 morts dans le monde. Leur coût s'est élevé à 90 milliards de dollars, contre 30 milliards en 1997, soit la plus lourde facture après celle de 1995 marquée par le tremblement de terre de Kobe, a ajouté la compagnie. Munich Re a recensé plus de 700 événements naturels graves en 1998, alors que la moyenne des dernières années était de 530 à 600. Les catastrophes les plus fréquentes ont été les tempêtes (240 enregistrées) et les inondations (170), qui ont représenté 85% des pertes économiques, selon la compagnie. Tremblements de terre et éruptions volcaniques ont en revanche été moins fréquents.

La catastrophe la plus grave en termes humains aura été le cyclone tropical qui a touché l'Inde en juin, avec plus de 10.000 morts, a affirmé le réassureur. Les tremblements de terre en Afghanistan en février et en mai ont fait plus de 9.000 morts, de même que le cyclone Mitch qui s'est abattu sur l'Amérique centrale en novembre, selon le réassureur.

En Europe, la catastrophe la plus importante a été la vague de froid de la mi-novembre, qui a fait plus de 215 morts de la France à la Russie. Les coulées de boue à Sarno, dans le sud de l'Italie en mai, arrivent ensuite avec 150 morts environ, ajoute le communiqué.

La catastrophe la plus coûteuse pour l'économie aura été les inondations en Chine, qui ont représenté une facture de 30 milliards de dollars et ont fait plus de 3.600 morts de mai à septembre. L'ouragan Georges qui s'est abattu sur les Caraïbes en septembre a laissé une ardoise de 10 milliards de dollars, selon Munich Re. Les compagnies d'assurances ont supporté environ 15 milliards de dollars des coûts de l'ensemble des catastrophes. Munich Re explique notamment le nombre exceptionnel de cyclones tropicaux et de conditions climatiques extrêmes par les suites du phénomène climatique El Nino, qui perturbe le climat de la planète depuis mars 1997.

L'augmentation des températures en 1998, "année de loin la plus chaude depuis 150 ans environ", a aussi sans doute joué un rôle. "L'accumulation notable d'événements atmosphériques extrêmes peut être une indication que le réchauffement global conduit à une exacerbation des risques de catastrophes naturelles dans de nombreuses régions", selon le communiqué.

"Il est quasiment inévitable qu'une poursuite des changements climatiques causés par l'homme nous amène plus de phénomènes naturels extrêmes et par là plus de pertes importantes dues aux catastrophes," a souligné Gerhard Berz, chef du groupe de recherches géo-scientifiques de la compagnie.

Copyright © 1999 Agence France-Presse

 

Peut-on prévoir les anomalies climatiques ?

 

 

 

 

 

 

© 1999 - 2007  Alertes-météo.com - Tous droits réservés
Révision : 13 août 2007