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Un climat apocalyptique ?
En septembre 1992, l'ouragan Andrew dévasta la Floride. En mars 1993, une gigantesque tempête de neige, accompagnée de pluie, de grêle et de verglas, déferla de la Floride jusqu'au Maine. Le Service météorologique national des États-Unis - l'appela la " tempête du siècle ", car, depuis 1888, il ne s'en était pas produit une qui fût aussi dévastatrice. Une pluie diluvienne provoqua d'importants dégâts dans le Middle West : évalués en dollars, ils représentaient la catastrophe climatique la plus coûteuse de tous les temps. Pour Albert Friday, directeur du Service météorologique, il ne s'agissait pas là seulement d'intempéries exceptionnelles, mais sans doute aussi de manifestations d'un spectaculaire changement de climat. Les catastrophes naturelles ont toujours existé, mais leur recrudescence, ces dernières années, prend des proportions apocalyptiques. Les violents orages qui s'abattirent sur le sud-est de l'Espagne en sont un exemple particulièrement frappant. Ils donnèrent au ciel une teinte vert sombre, chassèrent les chauves-souris de leurs refuges, et la région de Murcie fut déclarée zone sinistrée. Les cyclones, qu'ils soient tropicaux ou de la zone tempérée, sont parmi les phénomènes terrestres les plus puissants et les plus destructeurs. Ils peuvent se déplacer à des vitesses terrifiantes - plus de 316 km/h - et couvrir de vastes étendues (plus de 1 500 kilomètres carrés). Fort heureusement, les cyclones se forment au-dessus des mers, ce qui donne généralement le temps aux météorologues de prévoir leurs déplacements; de plus, il arrive très souvent que leur énergie soit épuisée avant d'atteindre les terres. En septembre 1989, l'ouragan Hugo, qui traversa le littoral est des États-Unis avec de stupéfiantes pointes de vitesse à 260 km/h, tua 71 personnes et provoqua des dégâts évalués à 10 milliards de dollars. Au summum de sa force, un tel vent peut libérer une énergie équivalant à 25 bombes atomiques du type de celle d'Hiroshima. En août 1992, l'ouragan Andrew balaya la Floride, causant 16 milliards de dollars de dégâts à Miami et dans ses environs. Ce fut l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses qu'on ait connues. Tous les ans, on compte jusqu'à 50 cyclones dans les tropiques, mais ils frappent rarement les zones très peuplées. Aux États-Unis, les orages font plus de morts que tout autre phénomène naturel. De l'autre côté de l'Atlantique, le 16 octobre 1987, le sud de la Grande Bretagne fut dévasté par un orage exceptionnel qui coupa les lignes de communication et bloqua de nombreuses routes menant à la capitale. Le Stock Exchange - la Bourse de Londres - dut fermer avant l'heure. On enregistra les vents les plus violents qu'ait enregistrés le pays depuis 200 ans, avec des rafales dépassant 130 km/h. Plus de 19 millions d'arbres furent déracinés en à peine quelques heures. Pourtant, quelques heures avant le déchaînement de cet orage cataclysmique, l'Office météorologique avait diffusé des bulletins peu alarmants (voir encadré). Le coût total de cette catastrophe naturelle s'éleva à 1,5 milliard de livres (12 milliards de francs). Le lundi 19 octobre 1987 éclata une crise d'une autre nature toutes les Bourses du monde virent leurs cours chuter à une vitesse vertigineuse. Il se liquida cette semaine-là plus de valeurs que tout ce qui avait été perdu dans le krach de Wall Street de 1929 en un même laps de temps. Ces deux événements étaient-ils liés ? Quelque cycle inconnu et mystérieux connut-il, en ces heures-là, son apogée simultanément sur la scène de la nature et dans cette vaste arène psychologique que constituent les marchés financiers ? Une autre tempête, encore plus violente, frappa la Grande-Bretagne en janvier 1990. Le vent souffla avec des pointes à 173 km/h, et fit 47 victimes. Le 22 septembre 1992, un orage d'une violence sans précédent éclata sur Vaison-la-Romaine, faisant 37 victimes. Durant le week-end du 5 au 7 novembre 1994, le sud de la France et le nord de l'Italie subirent les assauts de pluies diluviennes. Malgré les mises en garde, la péninsule devait déplorer une centaine de morts. Étant donné que le système climatique continue à se déstabiliser, la prochaine décennie pourrait voir se produire des catastrophes naturelles de plus en plus dévastatrices.
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