Crédit facile

Banquiers, attention au crédit trop facile!

L'explosion des prêts immobiliers rappelle de bien mauvais souvenirs et inquiète M. Trichet.

Les banques jurent pourtant qu'elles ne referont pas les bêtises des années 90.

Au début des années 90, les engagements des banques auprès des promoteurs - qui plafonnaient alors à 20 milliards de francs par an entre 1975 et 1985 - passent soudain à près de...

 

 

De 1991 à 1995, le secteur bancaire a connu la crise immobilière la plus grave du siècle, enregistrant une perte de 100 milliards de francs.

A l'heure où l'immobilier connaît un nouveau cycle de croissance, les inquiétudes concernant les pratiques bancaires refont surface. Muette pendant les années du crédit à tout va, l'institution dirigée par Jean-Claude Trichet a donc décidé de prendre les devants.

Une accélération de certaines variables, telles la raréfaction de l'offre par rapport à la demande, l'augmentation des prix et la baisse des taux de rendement, pourrait entraîner des comportements imprudents de la part des banques, et une crise.

La Commission bancaire reconnaît toutefois n'avoir pas constaté de financement «catastrophique». Les banquiers notent que la Banque de France «a fait son devoir» mais que cette mise en garde est «un peu inadaptée à la situation actuelle».

En effet, les taux d'intérêt ont fortement décru en dix ans et l'on est très loin des records de prix dans le logement comme dans le bureau. Selon La Lettre du patrimoine immobilier, les bureaux les plus chers ne dépassent pas 3 500 francs le mètre carré en location et 65 000 francs à la vente, alors que, en 1990, ils étaient respectivement à 5 000 et à 140 000 francs le mètre carré.

Selon Guy Nafilyan, les banques refuseraient de financer des opérations d'envergure en blanc, c'est-à-dire sans locataires ou sans acheteurs.