Ère Glaciaire

Ère glaciaire, période ou glaciation, période de l’histoire de la Terre pendant laquelle se produisirent des refroidissements sensibles des climats provoquant une extension considérable des glaciers et une baisse du niveau des mers et des océans (régression marine). Le dernier bouleversement de ce type a débuté il y a 2,5 millions d’années environ ; il définit aussi le début de l’ère quaternaire, qui correspond aussi à l’apparition de l’homme. Les glaciers actuels, en particulier les inlandsis, sont un héritage de la dernière période glaciaire, qui porte le nom de glaciation würmienne. Celle-ci s’est déroulée entre 70 000 et 14 000 avant la période actuelle, atteignant son maximum d’intensité il y a 18 000 ans environ. Les inlandsis ont alors augmenté de volume ; celui de l’hémisphère Sud, l’Antarctique, s’est étendu sur la plate-forme continentale émergée ; dans l’hémisphère Nord, les glaces continentales couvraient une partie de la plate-forme de l’océan Arctique, du détroit de Béring à la mer de Barents, s’étendant de plus en plus bas en latitude sur le continent, depuis la Sibérie jusqu’à la Scandinavie ; la plus grande partie des îles Britanniques disparaissait sous les glaciers. La banquise reliait ce premier ensemble au Groenland et aux lobes de l’inlandsis qui submergeaient la moitié de l’Amérique du Nord. En montagne, les glaciers, plus nombreux, plus épais et plus longs qu’aujourd’hui, enveloppaient la haute montagne; leur front était en moyenne 1 000 m plus bas que l’actuel ; les piémonts (Bavière, Dauphiné, Piémont, Moyen Pays suisse) étaient envahis par des langues et des lobes de glace. Au maximum de la glaciation, presque un tiers de la surface des continents était englacée.

 

LA CAUSE DES GLACIATIONS ET DE L'ÈRE GLACIAIRE

Si dès 1842 le mathématicien français J. Adhémar formulait l’hypothèse que les glaciations résultaient de causes astronomiques, il a fallu attendre presque un siècle pour qu’une explication soit proposée. Entre 1920 et 1930, M. Milankovitch montra que la combinaison de trois variables affectant la rotation de la Terre entraînait des différences d’insolation allant jusqu’à 20 p. 100 dans les hautes latitudes septentrionales. La première variable est l’excentricité de l’orbite terrestre, qui désigne la déformation de l’ellipse (écliptique) que la Terre décrit autour du Soleil ; tous les 100 000 ans environ, l’ellipse est très allongée, ce qui modifie la distance Terre-Soleil. La deuxième est l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui, en 41 000 ans, oscille entre 21,5° et 24,5 ° (aujourd’hui l’inclinaison est de 23,27°). La troisième variable est la précession des équinoxes, variation de l’orientation de l’axe de rotation de la Terre, qui décrit un cône, et de la rotation sur elle-même de l’orbite terrestre (l’image qui décrit le mieux cette situation est celle d’une toupie qui tournerait sur un cerceau). La précession modifie la relation qui existe entre la distance Terre-Soleil et le déroulement des saisons. Ainsi, la date de l’équinoxe de printemps, le 20 mars, correspond de nos jours à une position de la Terre située à la périhélie de l’écliptique. Dans 11 000 ans environ, l’équinoxe se produira le 21 décembre, la Terre se trouvant à l’aphélie ; dans 22 000 ans, elle retrouvera la position d’aujourd’hui.

Ces variations de la position précise de la Terre par rapport au Soleil correspondent assez bien à la périodicité des cycles glaciaires majeurs et secondaires. Par exemple, voici 115 000 ans, l’axe de rotation de la Terre était de 22°, l’excentricité de l’écliptique était forte, la Terre se trouvait le plus près du Soleil au mois de janvier, et une calotte de glace se formait sur le Canada.

Les corrélations entre le calendrier astronomique et les observations glaciaires relevées à la surface de la Terre ne sont pas automatiques ; il faut tenir compte du rôle des facteurs géographiques. Il apparaît que les océans jouent aussi un rôle considérable dans les manifestations des variations climatiques. La circulation des courants océaniques et les échanges océans-atmosphère contribuent à entretenir, à freiner ou à exagérer localement les glaciations induites par des causes astronomiques.

 

 

 

 

 

 

 

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Révision : 13 août 2007