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Le dérèglement
climatique annoncé est en marche, estiment
les experts, alors qu'une vague de chaleur
déferle sur une partie de l'Europe, trois
ans après la canicule meurtrière de 2003 qui
avait fait près de 15 000 morts en France.
«Le dérèglement est en marche, il n'y a
aucun doute, on est au début du processus»,
a déclaré à l'AFP Hervé Le Treut, directeur
du laboratoire de météorologie dynamique du
Centre national de la recherche scientifique
(CNRS) à Paris.
S'il apparaît impossible à priori d'établir
un lien direct entre ce dérèglement et la
canicule en France, le contexte général est
celui du réchauffement de la planète.«On
peut s'attendre à des canicules plus
fréquentes ou plus fortes du fait de la
tendance générale à la hausse des
températures liée aux émissions de gaz à
effet de serre», a estimé M. Le Treut.
Ce réchauffement climatique est dû à
l'augmentation des émissions de gaz à effet
de serre, provoquée par l'activité humaine,
dont le principal est le dioxyde de carbone
(CO2). Le XXIe siècle connaîtra une
multiplication par deux du CO2 dans
l'atmosphère, de quoi réchauffer notre
planète de 3 degrés, s'accordent à prédire
les experts.
En France, un réchauffement d'un degré en
moyenne annuelle a déjà été constaté par
rapport à la période pré-industrielle du
XIXe. Cette hausse devrait s'amplifier avec
des épisodes de canicule, comme celle qui a
frappé la France en 2003, qui pourraient
devenir de plus en plus fréquents.
«On a pu estimer qu'à l'horizon 2050, on
pourrait avoir des canicules de ce type
assez régulièrement, tous les deux ou trois
ans», selon Hervé Le Treut.
Toutefois, si, actuellement en France, les
températures sont plus élevées que les
normales saisonnières, on est loin
d'atteindre les records de la canicule de
2003, a souligné Françoise Bénichou, chef
des prévisionnistes à Météo France.
La situation météo n'est pas la même qu'en
2003 où un véritable «blocage» avait été
constaté, aucune perturbation ne pouvant
passer, alors qu'actuellement, une
dégradation orageuse est attendue dans la
nuit de mercredi à jeudi, a-t-elle indiqué à
l'AFP.
La Grande-Bretagne est également touchée par
la canicule et devrait battre des records de
chaleur cette semaine. Lundi a déjà été le
jour le plus chaud de l'année avec 32,7
degrés à l'aéroport de Heathrow et un record
absolu est attendu mercredi dans le sud-est
du pays avec 39 degrés.
Et s'il est trop tard pour empêcher un
changement climatique minimal, il est encore
temps d'agir pour éviter un réchauffement de
forte ampleur, s'accordent à reconnaître les
experts. Tout dépend de ce qui pourra être
fait ou non pour lutter contre les émissions
de gaz à effet de serre (GES).
Les pays signataires du protocole de Kyoto
se sont engagés à limiter d'ici à 2012 leurs
émissions de GES de 5,2 % par rapport à
1990. Mais les Etats-Unis, premier pollueur
de la planète, n'ont pas ratifié ce
protocole.
Le sommet du G8 de Saint-Pétersbourg a
appelé dimanche à agir contre le
réchauffement climatique, mais n'a pas
réussi à surmonter ses divisions sur ce
protocole.
Dans son essai Les Faiseurs de pluie,
l'Australien Tim Flannery identifie
plusieurs scénarios susceptibles de faire
basculer le climat, dont celui du
ralentissement du Gulf Stream, qui serait la
conséquence d'un adoucissement des eaux de
l'Atlantique nord due à la fonte des glaces.
Paradoxalement, le réchauffement climatique
aurait alors pour effet à terme de provoquer
un refroidissement de l'Europe.
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