NEWS Sécheresses  

 

MARDI 2 MAI 2000 :

Une grave sécheresse qui affecte 50 millions de personnes en Inde met en exergue une mauvaise gestion de l'eau risquant de conduire le pays à une crise majeure, estiment les experts. La sécheresse est une question de volume d'eau de pluie et il n'y a pas grand-chose à faire. Le véritable problème est de recharger les réserves et la gestion des ressources en eau disponibles. L'Inde deviendra un pays en manque d'eau d'içi à 2.050 si des mesures urgentes ne sont pas prises, au delà des simples projets d'irrigation habituels. Il y a manque d'eau lorsqu'il y a moins de 1.000 m2 par an et par habitant, selon les critères de l'ONU. L'Inde a 2.464 m2 par tête, mais dans certaines régions ce volume tombe à 411 m2. Au Rajasthan (nord), où 20 millions de gens sont affectés par la sécheresse actuelle, la moitié de la population, les nappes phréatiques diminuent par endroits de un mètre par an. Si l'Etat indien est propriétaire des eaux de surface, celles en profondeur appartiennent au propriétaire de la terre et peuvent donc être exploitées sans restriction. Le problème est exacerbé par le fait que dans les zones rurales, l'électricité est presque totalement subventionnée, ce qui permet aux agriculteurs de pomper sans souci de gaspillage. Les eaux de profondeur sont sur-exploitées pour les récoltes et l'industrie et personne ne se préoccupe de recharger des réserves. Dans l'Etat du Gujarat (ouest), le plus affecté avec le Rajasthan par la sécheresse actuelle, les récoltes de coton et de canne à sucre, qui nécessitent énormément d'eau, ont atteint des records l'an dernier. De bien des façons, ces pénuries d'eau sont le fait de l'homme.


Dimanche 30 avril 2000 : Les pompiers ont du internevir pour combattre des incendies de forêts vendredi et samedi dans l'Arizona. La sécheresse et les vents violents rendent les conditions d'extinction particulièrement difficiles. 3.000 hectares sont partis en fumée dans la forêt nationale de Tonto, et les conditions ne devraient pas s'améliorer en raison de la persistance des vents violents. Les incendies ne menacent aucune structure dans l'immédiat. Il a fallu envoyer 450 pompiers pour le combattre, mais les conditions météo rendent la tâche difficile. Le feu, semble-t'il d'origine criminel, a débuté mercredi dans les montagnes d'Ancha. 

 

 

Un vaste système anticyclonique centré au nord de la Scandinavie est à l’origine d’une vague de chaleur depuis une semaine. En effet, il dirige un courant de sud-est chaud et sec sur le sud de la péninsule scandinave. Hier, on a enregistré jusqu’à 28° sur le sud de la Suède et même 29° en Pologne. Ces valeurs sont dignes de l'été et font tomber de nombreux records de chaleur pour un mois d’avril sur ces régions. Les températures vont toutefois baisser les jours prochains pour retrouver des valeurs plus conformes aux normales saisonnières…

Samedi 29 avril 2000 : Article d'Emmanuelle Bergeron : Si rien ne nous permet d'affirmer que le réchauffement planétaire est la source des inondations du Saguenay ou du verglas de 1998 au Canada, on peut penser que l'effet de serre augmentera la fréquence de tels phénomènes climatiques au cours du prochain siècle. La météo est déréglée. Les saisons ne sont plus ce qu'elles étaient. Le ciel est en train de nous tomber sur la tête. Et le pire reste peut-être à venir. « Même en stoppant immédiatement la propagation des gaz à effet de serre, les perturbations provoquées par les rejets de polluants vont persister durant des siècles », affirme Charles Lin, du Centre de recherche sur les changements climatiques et planétaires de l'Université McGill. Le système écologique a la mémoire longue. Diminuer les émissions de CO2 n'arrêtera pas le réchauffement climatique, selon Charles Lin. L'océan a une grande capacité calorifique et a déjà emmagasiné l'augmentation de température, qu'il transmettra longtemps à l'atmosphère. Le réchauffement prévu semble minime à l'échelle planétaire : la température moyenne à la surface de la Terre devrait augmenter de 1 °C à 3,5 °C au cours du prochain siècle. Les conséquences à l'échelle régionale sont cependant plus impressionnantes. D'ici 50 ans, le climat du sud du Québec devrait être similaire à celui de la région de New York, Gaspé devrait ressembler à Boston et Vancouver à San Francisco. Pourtant, dans les années 70 on a cru que débutait une période glaciaire, alors que les températures baissaient depuis 30 années consécutives. Mais les 15 dernières années - surtout 1997 et 1998 qui ont pulvérisé les records de chaleur - nous donnent l'assurance d'une phase de réchauffement global. Et si les tendances actuelles se maintiennent, les concentrations atmosphériques de CO2 devraient au moins doubler au cours du XXIe siècle. À tout le moins, l'allongement de la saison de croissance et l'amélioration des rendements feront l'affaire des agriculteurs. « On ne peut pas encore prouver que la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes soit liée aux changements climatiques, dit Alain Bourque, climatologue à Environnement Canada. Étant donné que ces extrêmes climatiques sont des événements rares, on a peu de statistiques à leur sujet. Mais un réchauffement global, bien que modéré, suffit à désorganiser la machine, en modifiant les flux thermiques, les taux d'évaporation, ainsi que les courants marins et atmosphériques. » À mesure que le climat se réchauffera, les précipitations se feront plus abondantes durant des périodes plus courtes, ce qui augmentera les orages violents, blizzards et autres tempêtes de neige. Des sécheresses plus fréquentes, plus prolongées ou plus intenses frapperont ailleurs, en raison d'une accélération du taux d'évaporation des végétaux, des sols et des lacs. Le phénomène du réchauffement planétaire ne sera pas uniforme sur la planète. Certaines régions connaîtront des sécheresses, d'autres seront inondées. Les variations seront plus marquées dans l'hémisphère nord à cause de la plus grande proportion de terre ferme : contrairement à l'océan, elle réagit rapidement aux perturbations. Les régions plus près des pôles seront plus touchées. « Cela est dû en particulier à la quantité de neige et de glace au sol, explique Alain Bourque. À nos latitudes, certains jours ensoleillés de janvier pourraient faire grimper le mercure jusqu'à 15 °C si la neige ne refroidissait pas l'atmosphère. » À cause d'une éventuelle diminution du couvert de neige, le climat canadien pourrait connaître des variations plus intenses que celui des pays du Sud, avec une hausse moyenne des températures annuelles de l'ordre de 5 °C à 10 °C au cours du prochain siècle. Aucun continent n'a été oublié ces dernières années dans la généreuse distribution de catastrophes climatiques. Une tempête de neige a laissé 145 centimètres dans l'Ouest canadien, alors que les Prairies ne recevaient que la moitié des précipitations habituelles. Une sécheresse prolongée en Australie a suivi des pluies torrentielles au Mexique et en Afrique. Plus près de chez nous, la crise du verglas et le déluge au Saguenay laissent encore d'amers souvenirs. Il faut s'attendre à des conséquences sur la santé. Le climat tempéré de l'hémisphère nord nous tient à l'abri de nombreux pathogènes qui n'ont pas le temps ni l'humidité nécessaires pour se développer. » Peu de gens se doutent qu'une grande quantité de virus et de bactéries potentiellement dangereux sont présents dans notre environnement », affirme Jonathan Patz, du Johns Hopkins School of Public Health, à Baltimore.


Jeudi 20 avril 2000 :

Le centre NOAA annonce que le phénomène "la Niña" se prolongera au moins jusqu'au mois d'août, apportant un été long et particulièrement chaud sur les Etats-Unis. La sécheresse sera également de rigueur notamment dans le Midwest et les Grandes Plaines. On craint également une importante sécheresse sur une grande partie du sud-est des Etats-Unis. Le phénomène La Niña devrait toutefois prendre fin au mois d'août selon les modèles de prévisions dont dispose NOAA.L'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado et l'Utah devraient quant à eux connaître des pluies abondantes en juillet et août. Rappelons que l'été 1999 avait déjà été très chaud et très sec sur la majeure partie des Etats-Unis...

 Le plateau iranien est frappé de plein fouet par une sécheresse sans précédent qui menace l'élevage et l'agriculture dans de nombreuses provinces du pays, a annoncé mercredi la télévision. Ce "désastre" qui touche 15 des 28 provinces du pays a été au centre d'une réunion d'urgence mardi des ministres de l'Intérieur, Abdolvahed Moussavi-Lari, de l'Agriculture, Issa Kalantari, et de l'Energie, Habibollah Bitaraf, selon la télévision. "La sécheresse dans 5 provinces de l'est du pays est sérieuse. L'élevage et l'agriculture y sont gravement menacés", a déclaré M. Moussavi-Lari. Un responsable du ministère de l'Intérieur, en charge de la coordination et du développement, a évalué à 1,37 millions de dollars les dommages causés par la sécheresse notamment dans les provinces de Khouzestan, Fars, Bouchehr, Yazd, Kerman (sud) et de Khorassan (ouest) mais aussi dans l'est de l'Iran. Depuis 1978, l'Iran a connu 13 années de sécheresse.


Dimanche 16 avril 2000 :

Amna Mohamed Osman, 30 ans, n'a plus qu'une maigre poule et un peu de sorghum pour nourrir ses deux enfants dans le village de Giset, au nord de l'Erythrée, après deux années de sécheresse rendue plus difficile encore par la guerre avec l'Ethiopie. "Mon mari travaille comme manoeuvre près de la frontière soudanaise. Il envoie un peu d'argent tous les mois", raconte Amna, devant sa petite maison en paille tressée. La famille avait 30 chèvres et cinq vaches avant la sécheresse, mais les animaux, qui ne trouvaient plus de quoi paître, ont été mangés. Les prix du sorghum, ajoute-t-elle, ont plus de quadruplés en trois ans. Dans tout le village qui compte environ 3.500 habitants dans la province d'Anseba, à environ 120 km au nord-ouest d'Asmara, les femmes racontent la même histoire à l'envoyée spéciale des Nations unies, Catherine Bertini, venue évaluer la situation de la sécheresse en Erythrée. Les femmes parviennent encore à se procurer de la nourriture, achetée parfois au marché de Keren, à une vingtaine de km de là. "S'il n'y a pas d'intervention, il s'agira d'une situation désespérée en matière de nourriture", estime toutefois le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) en Erythrée Kofi Owusu. Les hommes jeunes ne sont pas au village. "Ils sont allés chercher du travail", affirme Idriss Ahmed, un ancien de 70 ans. Certains, reconnait-il, sont également partis au front. Cette région, très aride, est coutumière des sécheresses, souligne une source humanitaire. Mais la situation est aggravée par la guerre en cours depuis 1998. Les régions de Debub et Gash-Barka, traditionnels greniers à grains de l'Erythrée auxquelles le gouvernement faisait appel en cas de sécheresse pour nourrir les autres régions, sont celles dont la population est déplacée en raison des combats, indique cette source. Par ailleurs, les dépenses de guerre accaparent une grande partie des maigres ressources d'un pays qui a perdu une part importante de ses revenus quand l'Ethiopie a arrêté d'utiliser les ports d'Assab et de Massawa pour son commerce international. Le gouvernement érythréen a lancé un appel à l'aide internationale pour nourrir 850.000 personnes, près d'un tiers de sa population. Parmi elles, figurent 483.000 personnes affectées par la guerre et 367.000 nomades affectés par la sécheresse, dont 212.000 risquent d'avoir de graves manques de nourriture pour l'année 2000. Les autorités comme les agences humanitaires n'ont reçu que très peu de réponses des pays donateurs, indique Fred Ogwal-Oyee, coordinateur d'urgence pour l'UNICEF. "Les habitants arrivent encore à s'en sortir mais ils sont sur le point d'avoir besoin d'aide", a déclaré Mme Bertini après sa visite. "Nous devons l'apporter maintenant pour éviter un désastre majeur", a-t-elle ajouté. Elle s'est refusé à évoquer la guerre en cours, affirmant que "si les gens sont en train de risquer de mourir de faim, nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de décider si nous aimons ou non la politique du gouvernement". "Il y a une obligation morale de la part de la communauté internationale", a-t-elle ajouté. Mme Bertini, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) a entamé mercredi à Addis Abeba une tournée dans la Corne de l'Afrique. Après l'Ethiopie, Djibouti et l'Erythrée, qu'elle doit quitter lundi, elle se rendra dans le nord du Kenya. Selon le PAM, 12,4 millions de personnes sont affectées par la sécheresse dans la Corne de l'Afrique, dont 7,8 millions en Ethiopie, 2,4 millions au Kenya, 1,2 million en Somalie, 367.000 en Erythrée, 200.000 en Ouganda, 100.000 à Djibouti et 33.000 au Soudan.


vendredi 14 avril 2000, 18h14

 

Le pire est à venir en Ethiopie si les pluies n'arrivent pas

ADDIS ABEBA, 14 avr (AFP) - Le pire est à venir en Ethiopie si les pluies, attendues en avril dans le sud-est et en juin dans le nord du pays, sont une nouvelle fois insuffisantes, dans un pays peuplé en majorité de petits paysans soumis aux aléas climatiques et à une extrême précarité. Dores et déjà, les petites pluies qui arrosent normalement les hautes terres du nord de février à avril ont fait défaut dans certaines régions et dans les zones semi-désertiques du sud et de l'est. Les précipitations qui arrivent normalement fin mars se font toujours attendre. Le manque de précipitations rendra nécessaire une aide supplémentaire pour l'Ethiopie, a annoncé vendredi à Addis Abeba l'envoyée spéciale de l'ONU, Catherine Bertini, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), qui effectue une tournée dans la Corne de l'Afrique.

"Je ne sais pas combien d'aide supplémentaire sera nécessaire mais je peux garantir qu'il y aura des besoins", a-t-elle déclaré devant la presse. Une mission d'évaluation serait lancée dès que possible. Un premier appel du PAM et de l'Ethiopie à la communauté internationale portait sur plus de 800.000 tonnes d'aide alimentaire, destinées à 7,8 millions de personnes pour l'année 2000, et, selon Mme Bertini, la moitié est déjà financée. Outre la fourniture de l'aide aux régions en situation d'urgence, principalement la région Somali, dans le sud-est, où les autorités estiment qu'1,3 million d'habitants manquent de nourriture, la commission fédérale de prévention aux désastres (DPPC) doit "prépositionner en mai et en juin des quantités suffisantes dans les autres régions affectées pour pouvoir les distribuer pendant la saison des pluies, lorsqu'une grande partie des routes seront impraticables", a expliqué à l'AFP Berhane Gizaw, commissaire adjoint de la DPPC.

"Nous avons déjà fait cela l'an dernier", ajoute-t-il, rappelant qu'en 1999, six millions d'Ethiopiens avaient bénéficié d'une aide alimentaire. Avec 85 % de population rurale et 50 % de son produit intérieur brut provenant du secteur agricole, l'Ethiopie dépend depuis deux décennies de l'aide alimentaire internationale. Depuis 1994, les autorités ont lancé un plan de modernisation, basé sur la diffusion d'engrais et le développement de micro-crédits, en coopération avec la banque mondiale et le fonds monétaire international (FMI). Mais "la météo reste le joker", reconnait Neway Gebreab, conseiller économique du Premier ministre Meles Zenawi. "L'Ethiopie est confrontée à une crise alimentaire permanente", estime de son côté Nigel Roberts, représentant de la Banque mondiale. "L'insécurité alimentaire est un symptome de pauvreté et même après la sécheresse, les problèmes structurels demeureront", ajoute-t-il. "Mais il y a eu des progrès considérables depuis le milieu des années 90".

Depuis la grande famine de 1984-1985, qui avait fait environ un million de morts, "beaucoup de travail a été fait par le gouvernement" en matière de développement dans les campagnes, a assuré le son côté Mme Bertini.Mais les indices de pauvreté restent alarmants. Seuls 19 % des habitants des zones rurales ont accès à l'eau potable. Le taux de mortalité des enfants de moins d'un an s'élève, en temps normal, à 110 sur 1.000, l'espérance de vie atteint tout juste 43 ans et 46% de la population vit avec moins d'un dollar par jour. En région Somali, peuplée essentiellement de nomades, "il y a quatre districts gravement affectés" dans la région de Godé (600 km au sud-est d'Addis Abeba), estime Yves Giovannoni, chef de mission du comité international de la Croix Rouge (CICR), qui organise un pont aérien de 4.500 tonnes d'aliments enrichis et d'huile pour 180.000 personnes. "S'il ne pleut pas maintenant, ce sera très grave," estime-t-il. "Mais s'il pleut, il y aura également des difficultés". L'arrivée des pluies fait en effet considérablement chuter les températures dans cette région et les animaux et les hommes, déjà très affaiblis, risquent de tomber malades, tandis que les pistes peuvent devenir impraticables.

mardi 11 avril 2000, 11h11

 

France: sécheresse hivernale exceptionnelle dans le Sud-est

PARIS (Reuters) - Une sécheresse hivernale exceptionnelle sévit depuis plus de trois mois à l'est du Languedoc, en Provence et en Corse, annonce Météo France. Ce trimestre est le plus sec enregistré depuis l'existence des mesures de pluviométrie dans cette zone, au début des années 50, précise la direction Sud-est dans un communiqué.

Le déficit pluviométrique affecte tous les départements du littoral, de l'Hérault aux Alpes maritimes. Sur la période qui s'étend du 22 novembre 1999 au 17 mars dernier, il n'est ainsi tombé que 33,6 mm à Marseille.

"Il faut remonter à 1902 pour trouver un tel épisode de sécheresse, le record absolu pour cette période ayant été enregistré en 1877-1878 avec 25,7 mm", écrit Météo France. Sur toutes les stations des Bouches-du-Rhône, les records de sécheresse sont battus, notamment à Istres et à Aix-en-Provence. Les experts soulignent cependant que cette sécheresse fait suite à un automne particulièrement arrosé.

Les pluies des 19 et 20 mars dernier sont restées très localisées sur la Corse et le Var. Toutefois, un épisode de pluie modérée est attendu jeudi 23 avril sur les régions PACA et Languedoc-Roussillon


mercredi 5 avril 2000, 17h22

A Gode, les habitants attendent avec anxiété la pluie et craignent la famine

GODE (Ethiopie), 5 avr (AFP) - Les Somalis du sud-est de l'Ethiopie attendent anxieusement les pluies pour que leurs difficultés alimentaires ne se transforment pas en une famine comparable à celle qui a tué il y a quinze ans près de 800.000 personnes dans le nord du pays. Dans la périphérie de Godé, ville située à 1200 km d'Addis Abeba, des milliers de personnes sont arrivées durant les trois derniers mois à la recherche d'eau et de nourriture. La ville est située au centre de la zone d'environ 300.000 km2 touchée par la pénurie - quasiment aussi grande que la Belgique. Le sud-est éthiopien, qui tire l'essentiel de ses ressources de l'élevage, n'a pas vu la pluie depuis trois ans et les prévisions météorologiques ne sont pas bonnes pour la saison des grandes pluies, qui devait théoriquement débuter fin mars, selon divers responsables dans la ville.

"Godé, forte de 40.000 habitants, est passée maintenant à près de 60.000 âmes", selon l'ONG locale Société de Bienfaisance d'Ogaden (OWS - Ogaden Welfare Society). Les organisations humanitaires internationales, Programme alimentaire mondial (PAM), Action contre la Faim (ACF), Save the Children US notamment, ont y installé des antennes pour évaluer la situation, acheminer l'aide et soigner les premières victimes de la malnutrition. Les plus faibles sont essentiellement des enfants et des personnes âgées. Des témoins ont déclaré à l'AFP avoir eu des morts dans leur famille, surtout des enfants en bas âge. Le directeur exécutif de l'OWS, Mahmoud Abdi Ahmed a confirmé des cas mortels de malnutrition, sans pouvoir avancer de chiffres. Aucun bilan officiel n'a été dressé jusqu'à présent. Aux abords de la ville, sont visibles des centaines de carcasses d'animaux, surtout des vaches, la chair dévorée par les hyènes. D'autres ont été enterrées pour éviter la propagation de maladies dans une ville surpeuplée et écrasée par le soleil. Ces animaux avaient été acheminés depuis le nord par des nomades à la recherche de la seule source d'eau permanente de la zone: le Wabi Shabele, qui prend sa source dans le centre de l'Ethiopie pour se jeter dans l'Océan Indien à Mogadiscio, capitale de la voisine Somalie. Godé est construite aux abords du fleuve. Moureit, réfugiée depuis cinq jours dans un centre de nutrition de la ville, a raconté à l'AFP que sa famille avait perdu tout son cheptel. "Nous avions des moutons, des vaches et 20 chameaux. Tous sont morts sauf deux chameaux", des mammifères connus pour leur résistance à la sécheresse.

La population - de religion musulmane - a entamé des prières spéciales pour faire venir la pluie. Pour l'heure, les humanitaires parlent de "poches" de malnutrition. Parmi elles, Aadalhe, Iemi, Denan, et Gudis, toutes situées dans un périmètre de 75 à 150 km de Godé. Autour de Kelafo, plus à l'est vers la frontière somalienne, 17 communautés sont touchées, a indiqué à l'AFP un médecin italien de l'ONG Comitato Collaborazione Medica, le Dr Stefano Dacquino, qui opère sur place. En décembre, l'ONU et le gouvernement avaient dépêché des missions d'évaluation dans le sud-est. Depuis, le nombre de personnes menacées est passé de cinq à huit millions, selon le premier ministre éthiopien Meles Zenawi. Mais la situation reste difficile à évaluer, tant l'insécurité règne dans cette zone au réseau routier quasi-inexistant. Bandits et indépendantistes sont accusés d'avoir grièvement blessé en février dernier un logisticien de Médecins Sans Frontières (MSF) et tué son chauffeur. En avril 1999, un autre Français, membre d'ACF, avait été retenu en otage durant un mois.


Vendredi 31 mars 2000 : Les agences de l'ONU ont tiré vendredi la sonnette d'alarme sur une sécheresse qui affecte entre 12 et 16 millions de personnes en Afrique de l'Est et pourrait entraîner d'ici quelques mois une famine rappelant celle de 1984/85. "Nous estimons à un total de seize millions de personnes qui souffriront de la faim si la communauté des donateurs n'intervient pas rapidement", a déclaré le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), Donato Kiniger Passigli. M. Kiniger Passigli a relevé que l'attention internationale était soudainement attirée par ce drame, mais que, déjà en janvier, un appel de fonds pour l'Erythrée avait été lancé et n'avait eu pratiquement aucun écho. Le Programme alimentaire mondial (PAM), dont la directrice Catherine Bertini a été chargée par le secrétaire général Kofi Annan de diriger les efforts pour éviter une catastrophe humanitaire d'ici deux mois, évalue à 12,4 millions de personnes touchées par la sècheresse: Ethiopie (7,8 millions), Kenya (2,7) Somalie (1,2), Erythrée (367.000), Ouganda (200.000), Djibouti (100.000), Soudan (75.000). L'OCHA parvient à 16 millions de personnes en incluant les populations menacées en Tanzanie, au Rwanda et au Burundi. Les zones les plus gravement touchées sont le sud et l'est de l'Ethiopie, la Somalie et le nord du Kénya. Le porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), Marie Heuzé, a cité des indices significatifs, au sud-est de l'Ethiopie, de "l'émergence d'une famine": "si on ne fait rien immédiatement, l'ampleur de cette crise pourrait être comparée à celle des années 84/85", qui avait fait des centaines de milliers de morts. "Dans cette région de Godé, a-t-elle dit, 80 % du bétail a disparu depuis novembre, signe annonciateur d'une très grave pénurie". L'OCHA a souligné la difficulté des opérations en raison des troubles dans plusieurs pays: "conditions de sécurité mauvaises, incluant le pillage des vivres acheminées, prises d'otages et meurtres de personnels humanitaires dans certains pays, problèmes logistiques notamment pour le transport des stocks déjà existants, absence de financements adéquat et au bon moment". Le PAM a l'intention de distribuer 371.050 tonnes de vivres cette année, pour 205 millions de dollars, à plus de 6,1 millions de personnes. Si la sécheresse se poursuivait, environ 940.000 tonnes seraient nécessaires pour répondre aux besoins, dont 80 % pour l'Ethiopie. Sa porte-parole, Mme Christiane Berthiaume, a relevé que "plusieurs scénarios et plans d'urgence avaient été remis aux pays donateurs afin qu'ils puissent répondre rapidement, car l'important est de sensibiliser maintenant la communauté internationale avant qu'il ne soit trop tard". Entre 60 et 70 % des personnes dans le besoin sont des femmes et enfants, a-t-elle dit, car les hommes sont partis vers les villes pour tenter de trouver de l'aide. Ces femmes sont souvent déjà affaiblies. Les vivres du PAM transitent par Djibouti et son port sera saturé s'il n'est pas agrandi. Le PAM compte également utiliser les ports de Berbera, Port Soudan, Assab. Les routes de la région sont très mauvaises. Dans l'Ogaden en Ethiopie où règne l'insécurité, un pont aérien pourrait être envisagé. Mme Berthiaume a relevé que les prévisions météorologiques n'étaient pas favorables et qu'on ne prévoyait pas de pluies prochaines dans ces régions.


Mercredi 22 mars 2000 : Le sud-est de la France a été confronté cet hiver à une sécheresse exceptionnelle qui préoccupe certains agriculteurs et inquiète les spécialistes de la lutte contre les incendies, chacun espérant d'abondantes pluies de printemps. "Nous avons connu la période hivernale la plus sèche enregistrée depuis le début des mesures" dans les années 1950, a déclaré à l'AFP René Jourdan, responsable du service régional de prévisions de Météo-France. Depuis décembre, un déficit pluviométrique sévère affecte tous les départements littoraux, de l'Hérault aux Alpes-Maritimes, selon Météo-France. Dans les Bouches-du-Rhône, le déficit des précipitations est de 90% par rapport à la valeur moyenne de 197 mm. Entre la fin novembre et la mi-mars, il n'est tombé que 33,6 mm d'eau à Marseille. Il faut remonter à 1903 pour trouver une sécheresse comparable (34,4 mm). Le record absolu a été enregistré en 1878, avec 25,7 mm d'eau durant la même période. "On part avec un déficit hydrique important. Tout va se jouer avec les pluies de printemps", a indiqué M. Jourdan, qui affirme "manquer de recul" pour imputer cette sécheresse à un phénomène climatique d'envergure. Météo-France prévoyait des pluies pour cette fin de semaine, mais ces seules précipitations ne suffiront pas à combler le déficit hydrique. Cette sécheresse hivernale a affecté certains agriculteurs, en particulier les céréaliers. "Ma récolte de blé est compromise. J'ai peur que cela dépasse 60% de pertes", a déclaré Jean-Marie Pages, qui exploite 85 hectares, dont 15 hectares de blé, près d'Arles, en Camargue. "Nous tablons sur des pertes de 20 à 30% pour les céréales qui ne seront pas corrigées par d'éventuelles pluies à venir", a renchéri André Audibert, directeur de la FDSEA du Var. Le manque de pluie risque aussi de se traduire par une facture d'eau alourdie pour les maraîchers et horticulteurs qui ont recours à l'irrigation. Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a prolongé jusqu'au 3 avril l'arrêté interdisant les écobuages par crainte des incendies. "La sécheresse hivernale n'a pas eu de conséquence sur les feux de forêt", a assuré Philippe Bodino, directeur adjoint du centre de la sécurité civile de Valabre, qui couvre les 15 départements du sud de la France. Entre le 1er janvier et le 15 mars, 527 feux se sont déclarés et 1.107 hectares ont été brûlés, des chiffres comparables aux années précédentes, selon lui. "L'activité opérationnelle a été normale, mais nous restons très vigilants, car c'est très sec et nous travaillons sur deux fronts, la Provence et le Sud-Ouest". Quatre des dix avions de la sécurité civile habituellement basés à Marignane ont été envoyés à Bordeaux, en raison des difficultés d'intervention dans les forêts dévastées par la tempête de décembre. "Chaque hiver, on a ce problème de sécheresse", a ajouté le capitaine Gregory Allione, responsable de la communication des services d'incendie et de secours du Var. "En général, en mars, avril on récupère. Mais c'est inquiétant. Il ne faudrait pas qu'il y ait trop de vent", a-t-il conclu.


Samedi 11 mars 2000 : Des records de chaleur pour la saison hivernale sont actuellement enregistrés pour la troisième année consécutive aux Etats-Unis où chacun des 50 Etats bénéficie de températures plus élevées que les normales saisonnières, ont indiqué vendredi des responsables météo. Selon le centre de météorologie nationale basé à Asheville, en Caroline du Nord, les températures relevées entre décembre et février, d'une moyenne de 3,5 degrés, dépassent toutes celles relevées l'an dernier, qui étaient déjà des records. Selon ces responsables, la chaleur et la sécheresse enregistrées proviennent du phénomène de "La Nina", qui provoque des courants amenant la sortie de l'air froid du pays. L'hiver 2000 a également été le 16ème hiver le plus sec en 105 ans, notamment dans le sud-est, ce qui crée des inquiétudes concernant une éventuelle sècheresse ou des feux de forêts.

Une sécheresse hivernale exceptionnelle frappe le sud-est. En effet, de décembre à février, il est souvent tombé moins de 50 mm près du littoral pour des normales comprises entre 200 et 250 mm. Dans le détail : Il a été relevé 21 mm de pluie en trois mois à St-Raphaël, soit seulement 8% de la normale qui est de 260 mm ! Il est tombé 33 mm à Toulon au lieu de 238, 46 mm à Nice contre 237 ou encore 25 mm au Luc soit 229 mm de moins que la normale. Le Languedoc n’est pas en reste avec 28 mm au lieu de 208. C’est habituellement en hiver que les réserves d’eau se rétablissent. Dès mars, l’évaporation augmentent très nettement, ne promettant rien de bon pour les mois à venir. Cet état de sécheresse fait évidemment craindre des incendies précoces, certains ont d’ailleurs déjà été signalés. Il faudrait un printemps particulièrement pluvieux pour rétablir la situation…


Jeudi 9 mars 2000 : Pas une goutte de pluie n'est tombée depuis le 1er janvier 2000 sur 80% du territoire espagnol, une situation jugée "préoccupante" par les pouvoirs publics, a-t-on appris jeudi auprès de l'Institut national de la météorologie. Cette période sèche et de températures élevées sur la péninsule, causée par l'anticyclone des Açores, ne présage pas forcément, selon l'institut, le début d'une période de sécheresse prolongée. Les mois de janvier et février ont été les plus secs en Espagne depuis 53 ans. Le volume d'eau de pluie recueillie sur cette période n'a atteint que 33 litres par m2 au lieu de 135 litres habituellement en moyenne depuis les premières statistiques météo datant de 1947, a-t-on précisé de même source. Selon un rapport du ministère espagnol de l'Agriculture, la situation est particulièrement préoccupante dans la région de Murcie (sud-est) où les réserves d'eau se situent seulement à 19% de la capacité de stockage. Les prévisions sont également pessimistes pour les cultures d'Andalousie (sud) et d'Aragon (nord). Le ministre de l'Agriculture Jésus Posada a lancé mercredi un appel aux agriculteurs pour qu'ils assurent leurs exploitations en cas de sécheresse prolongée sous peine d'être privés d'aides publiques en cas de récolte sinistrée. Des mesures de restriction de l'irrigation des cultures ont déjà été prises en début de semaine par le ministère de l'Environnement.


Vendredi 10 mars 2000 :

L'hiver 1999-2000 est le plus chaud aux Etats-Unis enregistré depuis 105 ans, un record dû aux effets du phénomène climatique La Nina, a-t-on appris vendredi auprès des services météorologiques américains (NOAA). La température moyenne constatée s'est élevée à 3,5 degrés Celsius, soit 0,3 degrés de plus que le précédent record établi l'hiver dernier, selon des statistiques préliminaires du Centre de données climatiques, situé à Asheville (Caroline du Nord). Les trois dernières saisons hivernales ont été les plus chaudes constatées depuis 1895. "Nous pensons que cette vague de douceur est liée à des effets de la Nina, plus prononcés cette année qu'à l'accoutumée", a expliqué le climatologue Mike Changery. Le double phénomène climatique El Nino/La Nina se caractérise par respectivement un réchauffement ou un refroidissement anormal des eaux du Pacifique équatorial. La Nina provoque habituellement de fortes précipitations en Amérique du Nord et du Sud. "Nous assistons à des phénomènes inhabituels. Ainsi, La Nina apporte normalement de l'air chaud dans le sud des Etats-Unis et une alternance de périodes chaudes et froides plus au nord. Or, nous avons vu très peu de ces périodes de froid dans le nord des Etats-Unis", a-t-il ajouté. Selon lui, il est encore trop tôt pour savoir s'il s'agit d'une tendance qui va se poursuivre ou d'un phénomène temporaire. Tous les Etats connaissent des températures au-dessus des normales saisonnières, avec notamment des pointes en Californie et dans le Midwest (Oklahoma, Kansas, Nebraska et Montana). L'hiver 1999-2000 est aussi caractérisé par une importante sécheresse, notamment dans certains Etats du golfe du Mexique, comme la Louisiane, l'Alabama et le Mississippi. Les masses d'air polaire qui descendent habituellement du Canada n'ont fait cette année que des intrusions minimales, notent les météorologues américains. Après deux semaines marquées par d'importantes chutes de neige en janvier sur la côté est des Etats-Unis, la vague d'air froid qui les accompagnait n'a pas survécu et plusieurs records de douceur ont été constatés dès février. Le mois de mars a également été marqué par des records, avec des températures allant parfois sur la côte est américaine jusqu'à plus de 20 degrés au-dessus des normales saisonnières. Mercredi, à Washington, une pointe à 29,5 degrés a même été constatée.

 

 

 

 

 

 

 

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Révision : 13 août 2007