NEWS  Inondations  

Vendredi 21 avril 2000 : Le gouvernement hongrois a ordonné vendredi l'évacuation de 22.000 personnes en raison des fissures apparues sur de nombreuses digues destinées à protéger les localités proches des zones inondées le long de la rivière Tisza depuis la semaine dernière. Quelque 1.700 personnes ont été évacuées à ce jour. Mais la plupart des personnes concernées par les précédents ordres d'évacuations refusent de quitter leurs logements. "Nous n'emploierons pas la force pour procéder aux évacuations, sauf si des vies humaines sont en danger imminent", a assuré le ministre de l'Intérieur Sandor Pinter. Près de 1,5 million de Hongrois vivent à proximité de la Tisza et d'autres rivières en crues depuis une semaine. Selon un haut fonctionnaire du ministère chargé de la gestion des eaux, Bela Hajos, environ un tiers de la surface totale du pays est inondé. Des digues le long de la rivière Tisza se sont affaissées ou fissurées en cinq points, à proximité de localités du centre du pays, selon les autorités. Quelque 32.000 personnes travaillaient à les renforcer, en raison des crues qui ont atteint des niveaux sans précédent. "C'est le devoir moral de tout citoyen en bonne santé qui vit ici de prendre sa part aux travaux de protection jusqu'à son dernier souffle", a déclaré Tibor Csoeroegi, le maire de Tiszasuely, l'une des localités concernées.


Dimanche 16 avril 2000 : Au moins huit personnes sont décédées et cinq autres portées disparues dans des inondations qui se sont produites à la fin de la semaine dernière dans le sud de la Chine, non loin de Hong Kong et Macao. Les inondations, consécutives aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région dans la nuit du 13 au 14 avril, ont causé des dégâts évalués à au moins 100 millions de yuans (12 millions de dollars). Plusieurs dizaines de milliers d'habitants ont été "affectés" à des degrés divers par la soudaine montée des eaux. Les inondations ont été particulièrement dramatiques à Shenzhen, la zone économique spéciale (ZES) située immédiatement au nord de Hong Kong, où six morts et cinq disparus ont été dénombrés. Un mort a été signalé dans la région de Zhuhai, une autre ZES située aux portes de Macao, alors que près de 40.000 personnes devaient y faire l'objet de soins médicaux. Plus de 80 villages de la région ont été inondés, tandis que le port, l'aéroport et les transports publics étaient paralysés. Un mort a également été déploré dans la ville de Zhongshan, au nord de Zhuhai.

Les crues ont atteint de nouveaux niveaux records en Hongrie, où plus de 250.000 hectares de terres arables ont été inondés et où, dimanche, 4.000 personnes de plus étaient évacuées alors qu'aucune amélioration n'était en vue. Des hélicoptères de l'armée ont été appelés en renfort pour l'approvisionnement du sable nécessaire à la construction de digues auxquelles s'activaient 20.000 personnes le long de la rivière Tisza, affluent du Danube et deuxième voie d'eau du pays. Les voies de communications, saturées, ne permettent en effet pas le passage d'engins lourds. Les femmes, enfants et personnes âgées de trois villages du nord du pays devaient être acheminés en mi-journée par bus vers des campements dans les localités de Jaszkiser et Jaszalsoszentgyoergy car les niveaux d'eau de la Tisza ont été jugés "critiques" par les autorités. Les niveaux d'eau ont dépassé les dix mètres dans la ville de Szolnok (centre) samedi et des niveaux records ont été enregistrés également à Szeged (sud) où un important complexe sportif était inondé. Les autorités ont annoncé être prêtes à évacuer Szolnok. Cette ville de 80.000 habitants a déjà été sévèrement touchée par des pollutions, dont l'une au cyanure, provoquées par des mines en Roumanie depuis janvier dernier. Quelque 6.500 habitations sont potentiellement menacées par ces inondations, et une dizaine se sont écroulées la semaine dernière dans le nord-est du pays où 500 personnes ont été évacuées. Le parlement a voté à l'unanimité vendredi le prolongement de l'état d'urgence décrété une semaine auparavant pour le nord-est du pays, débloquant 37 milliards de forints (134 millions d'euros) pour la protection contre les inondations.

 

De fortes pluies se sont abattues vendredi sur le littoral et l'intérieur de la Guyane provoquant des inondations localisées, surtout en zone urbaine. Certains quartiers et rues ont été inondés à Cayenne, mais aussi dans d'autres communes du littoral comme à Matoury, Macouria et Kourou. Les pluies cumulées depuis la veille atteignent des niveaux élevés (200 à 250 mm) et les inondations pourraient s'étendre sur de plus grandes surfaces, a annoncé Météo France qui prévoit "des précipitations toute la journée". Les conséquences de ces fortes pluies sont déjà nombreuses. L'avion d'Air France en provenance de Fort de France (Martinique) a été dérouté sur Paramaribo (Surinam) en attente d'une éclaircie pour se poser à l'aéroport de Cayenne-Rochambeau. La RN1, seule route qui relie les principales communes du littoral, déjà endommagée par les fortes pluies de la semaine dernière, est inondée par endroits. Dans le village Hmong de Cacao, le seul pont qui permet d'accéder au bourg est rendu impraticable par la montée des eaux et à Montsinnéry, autre commune du proche intérieur, la route départementale a été fermée à la circulation. Les fortes averses ont également provoqué une crue exceptionnelle du fleuve Sinnamary qui alimente le barrage hydroélectrique de Petit Saut. "Si les pluies devaient se poursuivre, EDF se verrait dans l'obligation de déverser progressivement les eaux à l'aval du barrage", a indiqué Electricité de France. "Tous les services de l'Etat sont mobilisés, à côté des collectivités locales, pour faire face à cette situation qui, pour l'instant, est préoccupante mais ne présente pas un caractère exceptionnel", a signalé la préfecture.


Lundi 10 avril 2000 : Les pluies diluviennes qui frappent la Roumanie depuis mercredi ont fait neuf morts, selon le dernier bilan établi samedi par les autorités roumaines. Plusieurs milliers d'habitations, dans 12 comtés différents, sont inondées. En deux jours, ce sont quelque 60 litres d'eau par kilomètre carré qui sont tombés en Roumanie. Quelque 15.400 hectares sont sous les eaux et plus de 1.300 hommes ont été mobilisés pour secourir les personnes prises au piège par la montée des eaux. Si les intempéries semblaient baisser d'intensité ces 24 dernières heures, le niveau des rivières de l'ouest du pays, lui, continuait à monter. Les responsables roumains de l'Environnement ont donc averti samedi la Hongrie et la Yougoslavie voisines que ces crues pourraient provoquer des inondations sur leur territoire.


Samedi 18 mars 2000 : Sur des îlots ou des langues de terre, encerclés par des centaines d'hectares inondés ou sans route d'accès, des milliers de Mozambicains attendent encore une première aide alimentaire, parfois depuis le début des inondations il y a plus d'un mois. Samedi, une nouvelle fois, un hélicoptère militaire sud-africain affrété par le Programme alimentaire mondial (PAM) a visité quatre de ces villages ou hameaux dans le delta du Limpopo (sud) où, malgré près de deux semaines de lente baisse des eaux, des centaines de kilomètres carrés restent inondés. A Thlathlene comme à Mohambe, le scénario est le même. Les habitants ont fui le village envahi par les eaux et y reviennent peu à peu depuis une semaine. Pour constater que leurs maisons ont été emportées ou sont à peines réparables, que leurs récoltes sont perdues. Les maïs récupérés, le plus souvent à demi-pourris, sont triés et servent à l'alimentation, ainsi que quelques poissons. Le chef, ou l'enseignant, ou un rare lusophone en cette terre de langue changan, fait état de cas de diarrhées ou de symptômes s'apparentant au paludisme (malaria). Quelques enfants présentent des signes de malnutrition, des plaques de calvitie, des ventres ronds. Partout les habitants disent manquer de nourriture. Toutefois, ils ne sacrifient pas vaches et chèvres qui les ont suivis dans leur exode vers un bout de terre plus élevé. "Ils étaient pauvres avant les crues de toute façon", souligne un responsable du PAM. Et il est effectivement difficile de faire la part des inondations dans le dénuement de ces oubliés du "miracle économique" mozambicain. A chaque fois, le PAM évalue à la louche les besoins d'urgence et les pilotes notent avec précision latitude et longitude en vue d'une livraison car, les inondations ayant laissé de petites "mers intérieures" à perte de vue, le repérage est difficile. A Chibuto, située à quelque 250 km au nord-est de la capitale Maputo, dans le camp tenu par d'organisations non-gouvernementales chrétiennes, un hélicoptère vient chercher des réfugiés pour qu'ils le guident vers des hameaux, à moitié inondés mais complètement isolés, où sont restés certains de leurs parents. Arrivé sur place, le PAM évalue encore les besoins, et rapatrie un cas grave de malaria cérébrale, et des enfants trop affaiblis. Parmi les personnes accueillies à Chibuto se trouvent Sophia Pedro et sa fille Rositha, "le bébé de l'arbre", dont les images ont fait le tour du monde il y a 15 jours après que cette mère et sa fille eurent été secourues par un hélicoptère sud-africain, quelques minutes après la naissance de l'enfant dans un arbre où sa mère avait grimpé pour échapper aux inondations. Sophia dort aujourd'hui sur des couvertures fournie par l'aide humanitaire, dans l'un des rares bâtiments en dur du camp. "Je suis bien ici, mais je n'ai pas d'autre endroit où aller", explique-t-elle à l'interprète. Il ne reste presque rien de son village, Mondeane, comme l'ont rapporté des habitants qui sont allés voir. A l'aéroport de Maputo, les prévisions météo utilisées par les pilotes d'hélicoptères faisaient état samedi de fortes averses et de pluies localisées allant s'affaiblissant. Une amélioration durable est prévue pour le milieu de la semaine prochaine.


Jeudi 16 mars 2000 : Le Mozambique, déçu par la non-annulation de sa dette malgré les dramatiques inondations auxquelles il doit faire face, a été le théâtre mercredi et jeudi de nouvelles pluies qui risquent de ralentir l'aide aux populations sinistrées. Les agences humanitaires ont toutefois réussi mercredi à acheminer plus de 220 tonnes d'aide, un record depuis le début des opérations, et s'efforçaient d'utiliser au maximum les 37 hélicoptères qui, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), "restent un moyen de transport crucial", avant un désengagement militaire graduel qui devrait commencer la semaine prochaine. Mercredi, le Club de Paris, instance informelle qui regroupe les pays créanciers, a décidé de différer tous les paiements dus au titre du service de sa dette par le Mozambique, en raison des inondations qui touchent le pays. Mais à Maputo, les ministres des Affaires étrangères, Leonardo Simao, et des Finances, Luisa Diogo, ont estimé que cette décision restait loin des attentes mozambicaines d'annulation totale de la dette. De nouvelles pluies sont tombées mercredi et jeudi, surtout dans les provinces d'Inhambane (centre-sud), Tete (nord-ouest), Manica, Sofala (centre). Elles ont été abondantes dans certaines zones, comme dans les villes de Save (74 millimètres en 24 heures) et de Machaze (144 mm), situées au sud de Beira (centre). Ces pluies ont provoqué quelques inondations locales dans le bassin du Buzi (centre), où des populations ont dû se réfugier sur des terres plus élevées, près des villes de Save et Buzi. Il y a aussi des risques d'inondations dans la basse vallée du Zambèze. Les pluies entravaient l'acheminement de vivres dans ces régions: mercredi, deux tronçons de la route principale entre Save et Beira ont été emportés par les eaux, et la réparation devrait prendre une semaine. Contournant le problème, quatre hélicoptères britanniques Sea King ont commencé jeudi à acheminer des vivres depuis le navire "Fort George", déplacé à l'embouchure du fleuve Save, a indiqué le PAM. La météo prévoyait pour les jours à venir des pluies et des averses, normales pour la saison dans la plupart des provinces, mais pas de fortes précipitations. Dans le sud et dans le centre, le niveau des fleuves Incomati, Limpopo, Pungoe continuait de baisser. "Mais le scénario peut changer à tout moment", a souligné l'Office national des eaux. Leonardo Simao, qui présidait un briefing de l'Institut national de Gestion des catastrophes, a jugé que "la tendance générale" était "à l'amélioration". "Mais, a-t-il ajouté, on ne sait pas si cette amélioration se poursuivra" en raison de la possibilité de nouvelles pluies abondantes. La saison des pluies dure en principe jusqu'à la fin mars. Le ministre s'est également félicité du fait le Mozambique "ne connaît pas d'épidémies", malgré des augmentations locales de cas de paludisme, de diarrhées, voire de choléra. Les chiffres en provenance des régions sinistrées restent cependant très incomplets depuis les inondations. L'une des priorités des agences humanitaires est d'identifier des poches de population isolées, comme ces deux villages de la haute vallée du Limpopo, Tanzania et Congresso (1.000 habitants chacun), qui ont été atteints mardi pour la première fois depuis des semaines. Leurs habitants ont un besoin urgent de vivres et de graines à l'approche des semences (avril), a souligné le PAM. Enfin, les agences humanitaires ont été invitées à mettre en place des moyens civils pour le transport de l'aide aux sinistrés en prévision d'une réduction graduelle du nombre des appareils militaires étrangers impliqués dans les secours au Mozambique, à partir de la semaine prochaine, selon Wilfried de Brouwer, en charge de la coordination logistique.


Mercredi 15 mars 2000: Le mauvais temps a conduit mercredi à l'annulation de la mission d'assistance aux populations des hélicoptères français dans le nord-est de Madagascar, a indiqué à l'AFP le capitaine de frégate du Jeanne d'Arc Jean Nicolas Gauthier. "J'ai pris la décision d'annuler la mission d'aujourd'hui. Les conditions météo font qu'il est impossible de livrer en montagne" de la nourriture aux populations isolées à la suite des cyclones, a déclaré l'officier du porte-hélicoptères français. Mardi déjà, en raison des pluies, un Puma n'avait pu livrer une tonne de riz dans un village isolé du massif montagneux de Tsaratanana. Quelques rares localités y restent coupées du monde à la suite d'éboulements et de glissements de terrain provoqués par les inondations qui ont suivi, il y a deux semaines, le passage de la tempête tropicale Gloria. Toutefois, selon les officiers français, les habitants "ont de quoi tenir" après les livraisons de lundi. Le Jeanne d'Arc est arrivé lundi à Antsarinana pour une escale prévue de longue date, en provenance du Mozambique où ses hélicoptères ont participé aux opérations de sauvetage des victimes des inondations. Le porte-hélicoptères doit quitter Madagascar vendredi à destination de Mascate, puis de Beyrouth, à moins que le gouvernement malgache ne fasse appel à ses hélicoptères pour une opération d'urgence, a indiqué l'attaché militaire de l'ambassade de France à Antananarivo, le colonel George Prod'homme. Le cyclone Eline et la tempête tropicale Gloria ont fait 137 morts au moins, dont la majorité dans le nord-est, selon un bilan officiel provisoire, et des dizaines de disparus. Les autorités malgaches et les organisations humanitaires sont toujours en train d'évaluer les dégâts.


Samedi 11 mars 2000 :

Les autorités et les organisations humanitaires peinaient samedi à organiser les secours aux victimes des intempéries dans le nord de Madagascar en raison des routes coupées et de l'extrême isolement des régions sinistrées. Les organisations non-gouvernementales (ONG) et les responsables du ministère de l'Intérieur se sont querellés des heures durant lors d'une réunion à Antananarivo vendredi soir pour tenter d'évaluer précisément les dégâts provoqués par le passage du cyclone Eline mi-février et de la tempête tropicale Gloria il y a une semaine. Samedi, le Comité National de Secours (CNS), qui dépend du ministère de l'Intérieur, n'avait pas changé son bilan avancé il y a un peu moins d'une semaine, de 137 morts depuis le cyclone Eline. Mais à Sambava, sur la côte nord-est, où il précédait le Premier ministre Tantely Andrianarivo attendu dimanche, le ministre de l'Information et de la Culture, Fredo Betsimifira, avançait une estimation personnelle de "plus de 150 morts dans les sous-préfectures de Sambava et d'Andapa". Plus de 200 maisons ont été emportées, a-t-il indiqué à l'AFP, tout comme une trentaine de ponts sur la route entre Sambava et Andapa, qui sera rouverte dimanche pour permettre au chef du gouvernement de se rendre dans les zones sinistrées. A Sambava, dans la zone la plus affectée par les inondations, plus de neuf tonnes d'aide alimentaire transportées vendredi et samedi d'Antananarivo par le Programme Alimentaire (PAM) des Nations unies, attendent d'être réparties. "Nous n'avons pas encore d'autre bilan, après une mission conjointe CNS-ONG d'évaluation dans le triangle Sambava-Antalaha-Andapa (nord-est)", concédait à l'AFP samedi Lucile Randrianarivelo, secrétaire-permanente adjointe du CNS. "Nous avons dépêchés des équipes d'enquêteurs que nous récupérerons dans quatre jours et nous pourrons établir les besoins avec précision", a indiqué la responsable du CNS. Pas avant mercredi donc. "Encore beaucoup de zones sont enclavées par les inondations", a avertit Mme Randrianarivelo, précisant: "il y a ceux qui ont perdu ce qui les fait vivre, leurs bovidés, leurs récoltes inondées, leurs rizières ensablées, leurs maisons détruites". "L'impact se fera sentir à plus long terme pour cette population qui vit essentiellement de cultures vivrières", a-t-elle ajouté. Cette région côtière est lézardée par une multitude de cours d'eaux, rivières et estuaires débouchant dans l'Océan indien. Les petits ponts, pour l'immense majorité en bois, sont vitaux pour les transports. "Nous manquons maintenant cruellement d'hélicoptères et de petits avions pour acheminer l'aide", a expliqué Mme Randrianarivelo. A Sambava même, les traces des inondations ne sont presque plus perceptibles. On aperçoit tout au plus quelques champs encore sous les eaux mais il s'agit essentiellement de rizières. "Les crues dues à Gloria ont été importantes et très soudaines mais les rivières sont rentrées tout aussi rapidement dans leurs lits", a assuré un responsable d'ONG qui a survolé la zone et qui a requis l'anonymat. "Le lendemain du passage de Gloria, c'était la désolation", a raconté Claude Andreas, qui dirige une immense plantation de cocotiers à Sambava. "Dans un petit village, Antsohalalina, les eaux ont fait s'ébouler une colline qui a emporté une maison et les neuf membres d'une famille. Seul un petit garçon, qui a entendu le grondement des eaux à temps, a réussi à s'accrocher à une branche. Il a été sauvé mais les corps des huit autres membres de sa famille ont été retrouvés lors de la décrue", a expliqué ce Malgache. "Je n'ai jamais vu ici deux cyclones se croiser dans un laps de temps aussi court et provoquer autant de dégâts, même si ce n'est pas le Mozambique", a-t-il conclut. Aux effets des inondations, s'ajoutent les risques de propagation du choléra, dont une épidémie a déjà fait près de 1.300 morts en un an.

Les inondations au Mozambique ont fait 354 morts, selon un nouveau bilan officiel provisoire, fourni samedi par les autorités des deux provinces méridionales les plus affectées, celles de Gaza et de Inahambane. Le précédent bilan officiel faisait état de 212 victimes. La province la plus touchée est celle de Gaza où 285 personnes sont mortes, dont 175 dans la seule ville de Chokwe, a indiqué le gouverneur de cette province, Eugenio Numaio, sur les ondes de Radio Mozambique (officielle). En outre, 51 personnes ont trouvé la mort dans la ville côtière de Nova Mambone, plus au nord, a indiqué le gouverneur de la province de Inhambane, Francisco Pateguana, également sur la même radio. Par contre, aucun bilan actualisé n'était disponible samedi soir pour la province de Maputo. Les autorités avaient fait état la semaine dernière de 18 morts dans le district de Boane, situé au sud de la capitale mozambicaine. Le bilan définitif des inondations au Mozambique devrait cependant être nettement plus élevé. Les organisations non gouvernementales, ainsi que le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), estiment ce bilan à plusieurs milliers de morts.


Vendredi 10 mars 2000 : Les opérations aériennes de secours ne pouvaient avoir lieu vendredi en début de journée au Mozambique en raison de pluies persistantes. Les hélicoptères devant transporter de la nourriture ou effectuer d'autres missions étaient cloués au sol dans la matinée. Les organisations internationales craignent que les survivants des inondations ne puissent être ravitaillés par la voie des airs si les pluies continuent. Des pilotes, qui avaient tenté sans succès de décoller jeudi, attendaient vendredi matin à l'aéroport de Maputo, guettant la moindre éclaircie pour tenter à nouveau de voler, a déclaré à l'AFP Rosa Malango, porte-parole de l'émissaire spécial de l'Office de de coodination humanitaire de l'ONU (OCHA). "Mes collègues attendent à l'aéroport depuis 06H30 (04H30 GMT) et ils cherchent une éclaircie. Les images-satellite dont ils disposent montrent de gros nuages dans les zones situées au nord de Maputo", a-t-elle ajouté. Les pilotes d'avions et d'hélicoptères cherchent à obtenir des informations de la météo du Mozambique et de l'Afrique du sud. Ils se consultent pour déterminer quel est le meilleur appareil qui pourrait être utilisé en raison de l'intensité des pluies et vers quelle région il serait plus sûr de voler, a ajouté la porte-parole. "Ils font tout ce qu'ils peuvent pour y aller", a souligné Rosa Malango. Les fortes pluies des derniers jours, en particulier à Maputo et dans la région du sud du pays, empêchent les appareils de livrer la nourriture et les médicaments nécessaires aux personnes déplacées à la suite des pires inondations de mémoire d'homme au Mozambique. D'autre part, le vol de reconnaissance prévu jeudi pour vérifier les informations de l'ONU à Genève sur une colonne isolée de 20.000 Mozambicains errant dans des zones éloignées de la province de Gaza (centre) n'a pu avoir lieu en raison des pluies. Selon un communiqué de l'Institut national de gestion des catastrophes (INGC), un avion C-130 Keen Sage a rapporté mercredi avoir vu environ 20.000 personnes qui marchaient aux environs de Combomune, sans nourriture et eau potable. L'INGC a reçu d'autres informations séparées indiquant que quelque 20.000 personnes étaient isolées depuis 25 jours à plusieurs endroits proches de Mabalane, à 250 km au nord de Maputo. Combomune se trouve encore plus au nord que Mabalane. Brenda Barton, portre-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré que sur 90 tonnes d'aide qui auraient dû être livrés jeudi dans un centre de distribution de Palmeira, à 100 km au nord de Maputo, seules 16,6 tonnes ont pu parvenir à destination dans les centres d'hébergement. Les pluies et les nuages ont empêché les tentatives de vol jusqu'à présent, a-t-elle dit à la presse. Une autre porte-parole du PAM, Lindsey Davis, a exprimé sa préoccupation sur les conséquences de la pluie sur la situation alimentaire dans les camps de déplacés. Il y a assez de nourriture peut-être jusqu'au vendredi 10 mars, a-t-elle dit. Les organisations espèrent qu'il y en aura assez pour un jour ou deux de plus.

La petite ville côtière de Carnarvon, à 966 kilomètres au nord de Perth sur la côte ouest australienne, se préparait vendredi à subir d'importantes inondations dûes au cyclone tropical Steve, qui a récemment frappé le pays. Les habitants des quartiers les plus bas de cette ville, située sur l'océan indien, ont évacué leurs maisons et des milliers de sacs de sable ont été entassés sur les rives de la Gascoyne, une rivière voisine. La plupart des bananeraies de cette région sont déjà sous les eaux. Le responsable de la régie des eaux, Murray Johnson, a estimé que les inondations pourraient affecter le système d'épuration de la ville et entraîner une pollution de la rivière et de l'océan, susceptibles de causer d'importants problèmes sanitaires. "La station d'épuration est dans une région basse et pourrait menacer la rivière si la digue lâche", a-t-il indiqué. Plusieurs camions, qui devaient apporter de la nourriture à des villes situées plus au nord, ont été bloqués par les inondations et ont perdu toutes leurs marchandises. Le cyclone Steve, qui s'est désormais transformé en dépression tropicale, continue de déverser des pluies diluviennes sur l'ouest de l'Australie, tout en progressant vers le sud du pays.


Mardi 29 février 2000 : Huit personnes ont trouvé la mort et 39.000 autres restent sans abri à la suite d'inondations provoquées par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la Colombie ces deux dernières semaines, a-t-on appris mardi de source officielle. Les départements les plus touchés sont ceux de Tolima (centre), Santander (nord-est), Valle (sud-ouest), ainsi que la zone caféière du centre-ouest du pays, a indiqué Eduardo Gonzalez, chef du Bureau gouvernemental de surveillance et prévention des désastres. La saison des pluies, habituellement prévue pour la mi-mars, a débuté avec un mois d'avance en Colombie, a relevé l'Institut d'Etudes sur l'Environnement et la Météorologie (Ideam). Selon lui, les pluies du week-end dernier, les plus fortes jamais enregistrées cette année, sont liées au phénomène météorologique de "La Nina", qui provoque un refroidissement des eaux du Pacifique. Aux départements déjà affectés, s'ajoute le risque de crues dans les départements d'Antioquia (nord-est), Cundinamarca (dont Bogota est la capitale), Cauca et Narino. Quatre autoroutes sont fermées à la suite d'éboulements, et la circulation a dû être restreinte sur 59 routes du pays, a précisé la police. Les pluies qui s'étaient abattues sur le territoire colombien en 1999 s'étaient soldées par un bilan de 250 morts, 55 disparus et plus d'un million de sans abri, selon un rapport gouvernemental publié au début de l'année.

 

 

 

 

 

 

© 1999 - 2005  Alertes-météo.com - Tous droits réservés
Révision : 13 août 2007