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mercredi 10 mai 2000, 17h56  : Orages: la Normandie et le Nord-Pas-de-Calais pansent leurs plaies

FECAMP (AP) -- La Normandie et le Nord-Pas-de-Calais réparaient les dégâts mercredi, au lendemain des violents orages qui ont fait un mort dans la région de Fécamp (Seine-Maritime), où les habitants ont reçu la visite de Laurent Fabius dans la journée.Devant la menace de nouvelles intempéries, Météo France a émis des bulletins d'alerte dans plusieurs régions françaises.''Des orages parfois violents sont possibles jusqu'en fin de nuit au nord de la Seine. Ces orages pourront s'accompagner de fortes pluies, jusqu'à 30 litres par mètre carré par endroits'', précisaient mercredi après-midi les services de Météo France. Des bulletins d'alerte ont également été émis pour les régions d'Auvergne, Rhône-Alpes, et Bourgogne. Cette situation orageuse ne devrait pas se calmer avant jeudi après-midi, selon Météo France.

Signe que le ciel reste menaçant, un nouvel orage s'est abattu mercredi matin sur la Basse-Normandie, sans toutefois faire d'importants dégâts. Selon un bilan arrêté en milieu de journée, les pompiers ont dû effectuer quelque 400 sorties dans les secteurs de Caen et Honfleur, essentiellement pour des caves inondées, depuis le début des intempéries.

La plus grande prudence était donc de rigueur, les pluies diluviennes ayant fait déjà un mort mardi après-midi dans la région de Fécamp. Le ministre de l'Economie et des Finances Laurent Fabius, ancien député de Seine-Maritime, s'est d'ailleurs rendu mercredi matin dans le village de Saint-Léonard (Seine-Maritime), où Régis Leberquier, un agent d'entretien de la commune âgé de 32 ans, a péri noyé, mardi, emporté par un torrent de boue de près d'un mètre de hauteur.Très ému, le visage fermé, le ministre, arrivé à Fécamp peu après 11h30, s'est rendu sur les lieux du drame, avant de rencontrer à huis-clos les collègues de ce dernier, à qui il a rendu hommage au nom du gouvernement.

Le nord de la Seine-Maritime a été la région la plus durement touchée par les orages de mardi: les pompiers ont dû sortir plusieurs centaines de fois pour secourir les habitants, vider les caves envahies par les eaux, dégager les routes coupées ou encore éteindre les incendies provoqués par la foudre. Les secteurs les plus affectés sont Fécamp, où des hauteurs d'eau de plus d'1,50m ont été enregistrées et les vallées de la Sâane et de la Durdent, où les rivières sorties de leur lit ont inondé des centaines d'habitations.Mercredi, 16.500 habitants du département étaient par ailleurs toujours privés d'eau potable en raison d'une contamination bactérienne des nappes phréatiques.Mais les orages ont également frappé le Pas-de-Calais et le Nord, essentiellement le littoral. ''Depuis le passage de l'orage, nous en sommes à 252 interventions'', a déclaré à l'Associated press l'adjudant-chef Jean-Marc Fournier, du Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (CODIS) du Pas-de-Calais. ''Pour l'essentiel, il s'agit de protection des biens, de quelques balisages de chaussées inondées et d'étaiements d'habitations qui ont souffert des inondations'', a-t-il ajouté.

Les secteurs les plus touchés sont Le Touquet, où les pompiers ont dû effectuer 87 interventions et Saint-Omer (90 interventions). A Henquin-les-Mines (Pas-de-Calais), une habitation a été détruite en quasi totalité, selon la préfecture qui n'a pas fait état de victime. Les services de secours restaient en état d'alerte mercredi, Météo France prévoyant de nouveaux orages sur tout le nord de la France.


Mardi 9 mai 2000 : De violents orages ont provoqué en fin de journée des inondations sur le littoral du Pas-de-Calais, sinistrant une centaine de maisons et coupant de nombreuses routes. Les pluies d'orage ont provoqué des inondations dans la zone littorale, notamment dans les secteurs du Touquet et de Desvres, où des maisons ont dû être évacuées par leurs habitants. Le front des orages a progressé vers l'intérieur du pays, et une maison a été touchée par la foudre à Licques, entre Boulogne-sur-Mer et Saint-Omer. A Saint-Omer, la nouvelle rocade routière a été recouverte de 50 centimètres d'eau par endroits ou coupée par des coulées de boue descendues des champs voisins. Les orages ont gagné ensuite la région de Béthune, puis atteint la Flandre intérieure à Hazebrouck (Nord), où les pompiers devaient répondre à de nombreux appels en début de soirée. Météo-France prévoyait que les perturbations viendraient mourir en fin de soirée dans la région de Lille (Nord).

Un employé communal est mort noyé dans un torrent de boue qui s'est formé dans l'après-midi à Saint-Léonard, près de Fécamp (Seine-maritime), à la suite d'un violent orage. Cet employé, âgé de 30 ans, a été éjecté de sa camionnette, qui venait d'être emportée par le torrent, et s'est retrouvé bloqué, quelques mètres plus loin, sous un autre véhicule. Malgré l'intervention des deux collègues qui l'accompagnaient, il n'a pu être dégagé et est mort noyé. Cet orage, qui a duré une heure environ, a provoqué d'importantes inondations à Fécamp et dans les communes avoisinantes, où des hauteurs d'eau allant jusqu'à 1m50 ont été mesurées dans certaines rues. Des plongeurs ont dû intervenir à Ecrainville pour sauver une automobiliste qui était bloquée dans son véhicule submergé par les eaux. A Fauville-en-Caux, le toit d'un supermarché s'est effondré sous le poids de l'eau, sans faire de victimes, et le magasin a dû être fermé. La Sâane est sortie de son lit dans les localités d'Ourville-la-rivière, Longueil et Quiberville où il est tombé plus de 50 mm d'eau en moins d'un heure. La circulation était rendue difficile en fin d'après-midi sur l'autoroute A29 entre Le Havre et Saint-Saens, en raison de coulées de boue. Pour les mêmes raisons, la ligne SNCF Fécamp-Bréauté a été interrompue. A Bolbec, une maison frappée par la foudre a été incendiée. Une cellule de crise a été mise en place au siège de la préfecture à Rouen pour coordonner les interventions et l'information. En fin d'après-midi, la zone orageuse se déplaçait le long du littoral, vers le nord de la Seine-Maritime et la région du Tréport. Les orages qui se sont abattus sur la région depuis trois jours ont rendu impropre à la consommation l'eau du robinet de près de 11.000 habitants de ce département, dans les secteurs de Saint-Romain-de-Colbosc, Angiens et Varengeville-sur-Mer. La préfecture recommande de ne pas boire, "jusqu'à nouvel ordre", cette eau, qui est "colorée ou trouble" en raison de la présence de particules d'argiles et de limons.


Lundi 8 mai 2000 : Les pompiers des Yvelines ont effectué plus de 500 interventions, principalement pour des routes coupées et des caves inondées, à la suite du violent orage qui a frappé dimanche soir le département, ont-ils indiqué lundi. Vers 22h45, la foudre a frappé le clocher de l'église de Tessancourt-sur-Aubette, endommageant, outre l'édifice religieux, cinq voitures en stationnement et une maison toute proche qui a du être évacuée. Plusieurs routes ont été inondées, dont une à Jumeauville qui s'est effondrée sur plusieurs dizaines de mètres et devrait rester fermée plusieurs jours.

Un violent orage s'est abattu dimanche après-midi sur la région de Dieppe, provoquant des "inondations relativement importantes" dans le centre-ville, a-t-on appris après de la sous-préfecture de Seine-Maritime à Rouen. "Conjuguée à la marée haute, les fortes précipitations qui se sont abattues entre 13h et 15h sur une ligne Dieppe-Fécamp ont provoqué un phénomène de reflux", a expliqué Eric Delzant, sous-préfet de permanence. Dans la vallée du Dun, une personne âgée prise au piège par la montée des eaux a dû être hélitreuillée, a-t-il déclaré. La voie ferrée Rouen-Dieppe a par ailleurs été coupée pendant quelques heures, sans provoquer beaucoup de perturbations, la voie étant peu fréquentée le dimanche. Les autorités locales ont émis un bulletin d'alerte météo, valable jusqu'à lundi soir, en appelant la population à la prudence.

Un très violent orage de pluie et de grêle s'est abattu dimanche en début de soirée sur le nord-est de la Dordogne. A 19h30, les pompiers étaient submergés par les appels. Ils avaient déjà effectué plus de 200 sorties pour venir en aide à des personnes dont les caves et rez-de-chaussées étaient inondés. Quelques arbres, déjà fragilisés par la tempête de décembre dernier, ont également été déracinés, sans faire de blessés.


Mercredi 3 mai 2000 : Deux ferries ont coulé lundi soir dans l'est du Bangladesh au cours d'une tempête, faisant au moins 29 morts et plus de 200 disparus. Ces deux ferries, qui effectuaient des trajets locaux sur la rivière Meghna, ont coulé à peu de temps d'intervalle et à une quinzaine de kilomètres l'un de l'autre, sans que les deux accidents ne soient liés. Le premier transportait environ 150 personnes. Vingt-huit corps ont été retrouvés. Une soixantaine des 150 passagers de l'autre ferry ont réussi à nager jusqu'à la rive, tandis qu'un corps a été retrouvé. De nouvelles tempêtes empêchaient mardi de rechercher les disparus.


Mercredi 19 avril 2000 : Une tempête de sable, en provenance du désert libyen, soufflait sur l'Egypte depuis mardi soir, provoquant la fermeture des deux principaux ports du pays à Alexandrie et à Port Saïd sur la Méditerranée. Le vent a atteint mercredi matin 80 km/h dans certaines régions, comme à Port-Saïd, et la visibilité était réduite à quelque 200 mètres dans le nord du pays. La navigation aérienne dans les aéroports d'Alexandrie et d'Assouan a été perturbée provoquant le retard de certains vols intérieurs, mais l'aéroport international du Caire est resté ouvert. La tempête de sable, qui doit se poursuivre jeudi, se déplace vers Chypre et les pays du nord-est de la Méditerranée.

Des vents violents ont frappé la région de Los Angeles mardi, endommageant de nombreux mobiles-homes et déracinant des arbres, avec en prime des pluies records. La tempête n'a causé aucun blessé mais des accidents de la route. L'un deux a été mortel puisque deux personnes ont été tuées. Deux adolescents ont été sauvés des eaux en furie à Santa Clarita, alors qu'ils étaient emportés par un torrent. Il y aurait même eu une tornade dans les environs de la Paramount.

 


Mardi 18 avril 2000 : Plusieurs mois après la double tempête des 26 et 27 décembre, les Français restent préoccupés des conséquences économiques de ces intempéries, indique un sondage IFOP réalisé du 2 au 3 mars et publié mardi. A la question: quel est le problème "le plus préoccupant" après la tempête, les personnes interrogées s'intéressent d'abord aux conséquences sur la forêt (47% citent la déforestation et 11% les difficultés de la filière bois), s'intéressant moins aux dégâts causés au patrimoine (27%) ou aux paysages (14%). 52% se disent "personnellement concernés par les conséquences de la tempête pour les producteurs de bois en France". La majorité de l'échantillon se déclare prête à faire un geste de solidarité, 56% étant disposés à participer au ramassage du bois organisé dans les forêts et 51% à "faire un don à un organisme agréé chargé de ramasser le bois et de replanter des arbres". Mais seulement 30% acceptent l'idée d'acheter du bois vert à des sociétés et de le stocker pour faciliter son écoulement. Le sondage a été réalisé pour le compte de la chaîne de magasins Castorama sur un échantillon représentatif de 941 personnes qui ont été interviewées au téléphone à leur domicile. Il a été rendu public à l'occasion du lancement par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), en partenariat avec Castorama, d'un appel aux particuliers pour qu'ils stockent chez eux du bois de chauffage encore vert provenant des parcelles de forêts dévastées.


Samedi 15 avril 2000 : Le toit de l'école primaire Paul Langevin à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle), dans la banlieue nancéenne, s'est envolé, samedi, avant 18h00, après un coup de vent qui a fait d'autres dégâts dans le département. Les 200 mètres carrés de cette toiture de remplacement, installée après la tempête du 26 décembre, sont tombés dans la cour de l'établissement sans faire de blessés. 

A Longwy (Meurthe-et-Moselle), au nord de la Lorraine, une partie du toit d'une maison a été arraché par la bourrasque vers 18h30, tombant sur la voie publique. Ils ont également signalé que le chapiteau d'un marché municipal dressé pour Pâques (BIEN : d'un marché, et NON : d'un cirque, comme indiqué dans un premier temps) s'était partiellement envolé, à Trieux Tuquegnieux (Meurthe-et-Moselle). Dans le département voisin de Moselle, les pompiers n'ont pas eu à intervenir. Seules quelques cheminées ou objets ont menacé de tomber. D'après Météo France, le vent a soufflé à 83 km/h.

 

Une partie des 3.200 arbres venant des Etats Unis, destinés au reboisement du parc du château de Versailles après la tempête du 26 décembre, ont été refoulés en douane pour des raisons sanitaires, mais devraient revenir à l'automne, a-t-on appris jeudi auprès de la direction du Domaine. Sur les 5.000 arbres offerts par les Etats Unis, seuls 1.800 ont été effectivement remis aux responsables du château et placés en pépinière en attendant "d'être plantés à l'automne", explique-t-on de même source. Selon Alain Vernède, responsable du service de protection des végétaux au ministère de l'Agriculture, les problèmes rencontrés étaient de deux ordres. "Lorsque les arbres sont arrivés, a-t-il indiqué à l'AFP, il manquait pour certaines espèces les certificats phytosanitaires" qui auraient dû être établis par les Etats-Unis. Ces certificats ont par la suite été transmis aux autorités françaises. D'autres espèces "n'étaient pas autorisées à pénétrer à l'intérieur du territoire communautaire" car elles pouvaient être porteuses "de parasites inconnus" en Europe, selon ce spécialiste. Certains arbres, strictement prohibés, ne reviendront pas, mais d'autres qui en mars étaient en bourgeons et dont les espèces ne sont pas interdites pourront, après un nouveau contrôle, être replantés à Versailles. Le 20 mars, au premier jour du printemps, des écoliers américains de Fayetteville, près d'Atlanta (Georgie) et français avaient planté dans le parc du château de Versailles un tulipier de Virginie et un cyprès chauve, envoyés par les Etats-Unis avec 107 autres arbres et 5.000 plants, pour marquer le début du reboisement du parc du château. La cérémonie s'était déroulée en présence de nombreuses personnalités françaises et américaines dont Anne Donovan, responsable culturelle à la Maison Blanche et représentant le président Bill Clinton, Anémone Giscard d'Estaing, Line Renaud et le député maire (RPR) de Versailles Etienne Pinte. Selon Hubert Astier, président de l'établissement public national de Versailles, cet acte symbolisait "la renaissance de la nature" après la catastrophe écologique créée par la tempête du 26 décembre, au cours de laquelle près de 10.000 arbres du parc historique avaient été abattus.


jeudi 6 avril 2000, 12h42

Tempête de poussière sur Pékin

PEKIN (AP) -- Des vents soufflant à 70km/h en rafale et chargés de poussière du désert de Gobi ont balayé jeudi Pékin. Il s'agissait de la plus forte des tempêtes exceptionnellement violentes qui ont frappé la capitale ce printemps.

Une dizaine de vols ont été reportés à l'aéroport de Pékin et au moins 40 autres ont été déroutés sur l'aéroport de Tianjin, au sud-est de la capitale.

D'après les météorologistes, le phénomène a été provoqué par la combinaison de nuages de poussière arrivant du nord-ouest et de vents violents sur la région de Pékin. Selon les médias locaux, cette tempête serait la plus violente depuis dix ans.


Samedi 1er avril :

Météo-France a émis samedi un avis de très fortes vagues sur le littoral méditerranéen, avec des creux pouvant dépasser 4 mètres, à partir de la soirée de dimanche. Cet avis est valable du dimanche 2 avril à 20h00 au lundi 3 avril à 11h00 pour les secteurs situés entre Saint-Raphaël (Var) et le cap Sicié (Var), ainsi que de Sète (Hérault) à Port Leucate (Aude), a indiqué Météo-France dans un communiqué. La houle est susceptible de produire des creux de 4 à 4,5 mètres, avec des répercussions dans les ports et sur le littoral, précise Météo-France. Un bulletin météo spécial a été diffusé par Météo-France pour annoncer un vent d'est-sud-est de force 8 (70 km/h) voire force 9 (80 km/h) dimanche au large du littoral méditerranéen.


Vendredi 10 mars 2000 :

Une partie des arbres offerts par les Américains pour replanter le jardin du château de Versailles, ravagé par la tempête du 26 décembre, sera remise le 13 mars en Géorgie au président du Domaine national de Versailles, avant de prendre le chemin de la France. Au cours d'une cérémonie dans la cour d'une école primaire à Fayetteville (Géorgie, sud), plusieurs milliers d'arbres et de plants offerts par des particuliers ayant participé à une souscription, achetés grâce aux fonds collectés par les écoliers de la ville, offerts par l'association American Forest et le producteur américain de semences et d'engrais Scotts seront pris en charge par Hubert Astier. Ils seront ensuite acheminés vers Versailles (en compagnie d'une dizaine d'écoliers de Fayetteville) où ils seront plantés en grande pompe le 20 mars, premier jour du Printemps, qui marque le coup d'envoi de la campagne de reboisement du parc. Le public américain, qu'une histoire d'amour vieille de deux siècles lie au château de Versailles, s'est mobilisé à la suite de la tempête, proposant par courrier électronique de participer au financement du reboisement avant même qu'une souscription ne soit envisagée, avait indiqué M. Astier lors d'un passage récent à New York. C'est de Versailles que le marquis de La Fayette est parti, au 18ème siècle, prêter main-forte aux insurgés américains en guerre contre l'Angleterre. Il a ramené de nombreux plants, dont certains étaient devenus les grands arbres abattus par cette tempête exceptionnelle.


Dimanche 2 janvier 2000 : Le bilan des tempêtes exceptionnelles qui ont balayé la moitié nord de la France le 26 décembre et le sud-ouest du pays le lendemain s'établissait dimanche à 88 morts, dans 39 départements, selon un nouveau bilan officiel communiqué par la sécurité civile. Le dernier bilan provisoire faisait état vendredi de 86 morts dans 38 départements. Le département le plus touché est la Charente-Maritime, avec 13 morts dont un sapeur-pompier. Au cours la tempête du lundi 27, 35 personnes ont trouvé la mort dans 11 départements. Outre les 13 de Charente-Maritime, 7 personnes ont été tuées en Charente, 4 en Haute-Vienne, 2 en Dordogne, Gironde et dans les Landes, 1 dans le Cher, l'Hérault, la Vienne, le Var et les Alpes-Maritimes. Lors de la tempête du dimanche 26 décembre, 53 personnes ont péri ou ont depuis succombé à leurs blessures. Sur les 28 départements concernés par cette première tempête, les plus touchés sont ceux du Calvados, d'Ille-et-Vilaine et de Seine-et-Marne, avec cinq morts dans chacun d'eux. Quatre autres victimes ont été retrouvées dans la Manche, trois en Moselle, deux dans chacun des départements du Doubs, du Loiret, de l'Orne, du Bas-Rhin, des Vosges, de l'Yonne, de la Seine-Saint-Denis et du Val-d'Oise. Une personne a péri dans chacun des départements de l'Aisne, des Ardennes, de l'Eure, du Jura, de Maine-et-Loire, de la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, Savoie, Seine-Maritime, le Territoire de Belfort, les Yvelines et l'Essonne.

Quelque 443.000 foyers étaient toujours privés d'électricité et 400.000 encore coupés du téléphone dimanche soir, en raison d'une météo défavorable et d'un terrain de plus en plus difficile. Electricité de France a pu réalimenter 324 communes dans la journée mais il reste encore 443.000 foyers privés d'électricité dont 60% sont concentrés dans quatre départements: Charente Maritime, Haute Vienne, Dordogne et Charente. Dimanche à 20 heures, la situation est redevenue normale dans 62 départements mais la progression des techniciens est ralentie par de mauvaises conditions météo, souligne EDF.Le président d'EDF François Roussely a indiqué dimanche à Nancy que la reconstruction du réseau électrique français coûterait "environ 12 milliards de francs (1,83 milliard d'euros), sans compter les 4 à 5 milliards destinés aux réparations immédiates". Au fur et à mesure que la situation s'améliore sur un site, les groupes électrogènes sont rapatriés vers d'autres endroits. Ainsi, les groupes mobilisés pour la soirée du Nouvel An sur les Champs-Elysées ont été acheminés sur Reims et Château-Thierry. Les 15.000 techniciens d'EDF sont aidés sur le terrain par de nombreuses entreprises françaises et étrangères, de jeunes retraités des militaires mais les sites restant à raccorder sont de plus en plus isolés, en particulier dans les régions très boisées, a précisé EDF. Samedi, le brouillard a immobilisé les hélicoptères au sol en Dordogne et la neige collante en Corrèze est venue compliquer les opérations. Du côté de France-Télécom, les difficultés étaient similaires et 400.000 lignes téléphoniques étaient toujours coupées dimanche soir. Dans la journée, près de 100.000 lignes ont été rétablies, comme prévu, à l'exception de 7.000 en Dordogne, a expliqué un porte-parole à l'AFP. "Il y aura un gros travail pour les 400.000 lignes encore coupées, car il faudra aller sur le terrain, enlever les arbres, reconstruire les poteaux", a-t-il expliqué. Le travail se fera en deux fois: il s'agira d'abord de "raccorder le plus vite possible", quitte à effectuer des travaux provisoires. Il faudra bien "deux à trois semaines" avant que toutes les lignes soient rétablies, a-t-il estimé. Ensuite, viendront "les travaux de reconstruction définitive du réseau, et il faudra bien compter deux mois", a-t-il ajouté. En ce qui concerne les relais de téléphone mobile Itinéris, une centaine ont été rétablis dimanche soir mais 350 restent hors service, a ajouté France Telecom. France Télécom a estimé à environ un milliard de francs le coût de reconstruction de son réseau après les deux tempêtes qui ont ravagé la France les 26 et 27 décembre. Pour le trafic ferroviaire, les deux tronçons Limoges-Brive et La Rochelle-Bordeaux sont les seuls points noirs restants. La desserte de ces villes se fait par détournement, a précisé la SNCF, qui espère rétablir le trafic en milieu de semaine.


Dimanche 26 et lundi 27 decembre 1999 : Le point sur les deux ouragans qui ont traversé la France du 26 au 28 décembre 1999 :

Deux tempêtes exceptionnelles ont traversé la France entre le 26 et le 28 décembre 1999.

1 - L'ouragan du dimanche 26 décembre. Des vents d'une violence exceptionnelle ont accompagné la très profonde dépression (960 hPa à 7 h 00 aux environs de Rouen) qui a traversé de part en part et très rapidement le nord du pays dimanche matin 26 décembre 1999. La trajectoire de cette dépression suit d’ouest en est une ligne approximative le long du 49e parallèle. Cette dépression qui touche le Finistère le 26 décembre vers 2 h locales se situe sur Strasbourg aux environs de 11 h, elle s'est donc déplacée à environ 100 km/h.

La zone de vents les plus violents ont balayé une bande d’une largueur de 150 km environ à proximité immédiate de la dépression, tout le long de cette trajectoire, côté sud, sur un axe pointe de Bretagne — sud de la Normandie — Ile-de-France — Champagne-Ardennes — Lorraine — Alsace puis Allemagne.

Outre les vents exceptionnellement fort mesurés dans l'intérieur des terres, cet ouragan est exceptionnel par le creusement de la dépression qui s'est accentué sur terre, en raison probablement d'une interaction forte avec les courants jets d'altitude qui étaient proches de 400 km/h à 9000 m d'altitude.

Quelques valeurs de rafales de vents mesurées :

Ploumanach : 148 km/h

Lann Bihoué : 162 km/h

Rennes : 126 km/h

Nantes : 126 km/h

Alençon : 166 km/h

Rouen : 140 km/h

Chartres : 144 km/h

Paris/Montsouris : 169 km/h

Toussus-le-Noble : 180 km/h

Orly : 173 km/h

Troyes : 148 km/h

Dijon : 126 km/h

Metz : 155 km/h

Nancy : 144 km/h

Colmar : 165 km/h

Strasbourg : 144 km/h

 

2 - L'ouragan de la nuit du lundi 27 décembre au mardi 28 décembre. Cette deuxième dépression (très profonde), se déplaçant aussi à une vitesse proche de 100 km/h, a traversé le pays de l'après-midi du lundi 27 décembre à la nuit de lundi 27 à mardi 28 décembre. Elle s'est creusée en matinée du lundi 27 au large de la Bretagne, a atteint en son centre 965 hPa en rentrant sur la pointe sud de la Bretagne vers 16 h locales. La trajectoire a suivi une ligne : Nantes vers 19 h locales, puis Romorantin vers 22 h locales, Dijon vers 1 h du matin le mardi 28, Alsace vers 4 h du matin. La dépression s’est ensuite évacuée vers l’est.

Des vents exceptionnellement violents ont accompagné cette dépression, avec des forces maximales sur sa partie ouest et sud. Les régions les plus touchées ont été d'abord le sud de la Bretagne et les côtes Atlantiques dans l’après-midi, puis toutes les zones situées au sud d’une ligne La Rochelle — Mâcon, y compris la côte méditerranéenne, en particulier varoise, et la Corse où le vent continuait à souffler en tempête le matin du mardi 28. Sur la Corse, des vagues très fortes touchent la face occidentale.

Au nord de la dépression, dans le courant froid orienté au Nord et dès l’après-midi du 27, des chutes de neige tenant au sol, se sont produites sur le nord de la Bretagne et la Normandie. Dans le courant de la nuit, des chutes de neige éparses et fugaces ont touché l’ouest et le sud de la région parisienne mais elles ont été plus importantes sur le Nord-Est du pays, le plateau Lorrain, les Vosges et jusqu’en plaine sur le Genevois. Sur le nord des Alpes, on prévoit des risques d’avalanche.

Pour la journée du 28, l’accalmie se confirme par l’ouest avec maintien d’un temps instable avec de nombreuses averses, sans gravité particulière.

Quelques valeurs de rafales de vent observées durant la journée du 27 et la nuit du 27 au 28 :

Pointe-du-Raz : 162 km/h ; Ile d’Yeu : 162 km/h ; Ile d’Oléron : 198 km/h (à confirmer) ; La Rochelle : 151 km/h ; Biscarosse : 166 km/h ; Cap Ferret : 173 km/h ; Bordeaux : 144 km/h ; Pau, Tarbes : 137 km/h ; Limoges : 148 km/h ; Aurillac : 137 km/h ; Perpignan : 140 km/h ; Clermont-Ferrand : 159 km/h ; Mâcon : 126 km/h ;

Au-delà des effets immédiats, ces deux ouragans ont des effets induits qui sont en cours ou à venir dans les prochaines heures :

Risque hydrologique.

Plusieurs régions sont actuellement concernées par des crues de rivières en Normandie, Bretagne, dans l'est de la France et en Poitou Charentes.

Risque d'avalanches.

Les deux tempêtes ont touché de manière plus importante les Alpes du nord que les Alpes du sud et les Pyrenées. Un bulletin régional d'alerte météorologique "avalanche" est en cours de validité jusqu'au 29 décembre a 9H pour le massif de Haute Savoie en raison des chutes de neige importantes de la nuit du 27 et celles prévues pour le 28 (près d'un mètre en moyenne montagne).

Le manteau neigeux se stabilisera progressivement dans les jours à venir. Le risque de départ spontané d'avalanche pouvant menacer des accès routiers ou habitations diminuera rapidement. Par contre le risque de déclenchement d'avalanches au passage de skieurs ou surfeurs sera encore élevé pendant quelques jours.

3 - Des tempêtes encore présentes dans les mémoires. Les 15 et 16 octobre 1987, une tempête avait affecté la Bretagne, la Normandie et le Nord ainsi que le sud de la Grande Bretagne avec des rafales maximales mesurées dépassant les 180 km/h. En 1990, une série de plusieurs tempêtes exceptionnelles par leur répétition et dans une moindre mesure par leur intensité avait affecté la France de fin janvier à début février.

D'autres tempêtes ont atteint la France dans le passé, par exemple les 10 -12 janvier 1978, 6 juillet 1969, 12 mars 1967, 7 août 1948, 4-6 décembre 1896. Néanmoins, on peut affirmer que les deux ouragans que la France vient de subir sont exceptionnels par leur intensité par le territoire concerné par des rafales supérieures à 120 km/h et par la gravité et l'ampleur des conséquences.

 

 

 

 

 

 

 

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