Le
Groenland fond à vitesse grand V
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Climat . Au pôle
Nord, la glace de ce territoire disparaît deux
fois plus vite que ne l’avaient estimé les
études, a révélé la semaine dernière une équipe
franco-belge.
Si la Terre est un être vivant, son pouls se
prend aux pôles. Et ces temps-ci, il est élevé.
En témoi- gne l’étude franco-belge parue la
semaine dernière dans la revue Geo- physical
Research Letters : la fonte des glaces
superficielles du Groen- - land est bien plus
importante que ne l’esti- maient les mesures
anté- rieures, affirment les scien- tifiques.
C’est que, jusqu’à présent, sur les photos satel-
lite, les glaces du pôle Nord étaient
généralement floues. La faute aux nuages d’eau
présents au-dessus de l’océan glacé. |
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Ces valeurs
ont été revues à la hausse grâce à un double
procédé. Pour leurs travaux, les
scientifiques du Laboratoire de glaciologie
et géophysique de l’environnement (CNRS et
université de Grenoble) et de l’université
catholique de Louvin, ont utilisé un modèle
de calcul avec une résolution de 25
kilomètres sur l’ensemble de l’océan glacé.
Jusque-là, rien de nouveau. Le modèle est
multifonctions : il scrute les vents, les
températures, la pression atmosphérique,
l’humidité, les nuages et les
précipitations. Mais aussi l’état de la
neige au sol. Restait à s’affranchir des
nuages d’eau présents au-dessus du Groenland
en séparant les deux mesures. Le résultat
est éloquent. En particulier au nord du
territoire où l’on observe, depuis 2000, que
la glace fond à plus de 1 500 mètres
d’altitude. Les satellites n’avaient jamais
pu y jeter un oeil, voilà qui est fait.
En septembre 2006, la NASA avait déjà publié
des images témoignant de la fonte accélérée
des glaciers du Nord de la planète. On
pouvait y voir une large zone fracturée
rejoignant le pôle Nord depuis l’extrême
nord de la Norvège jusque dans les eaux
arctiques sibériennes. L’agence spatiale
états-unienne en avait conclu, avec
prudence, que les glaciers du Groenland
disparaissent deux fois et demie plus vite
que deux ans auparavant. Si cette étude n’a
été menée que sur quatre ans, elle rejoint
néanmoins les nombreuses autres qui montrent
une fonte importante et rapide des
glaciers. Toujours en sep- tembre 2006, la
revue Science avait publié des calculs selon
lesquels les glaces pérennes de l’Arctique
avaient diminué d’un septième en un an,
entre 2004 et 2005.
Un miroir
disparaît
Ce phénomène n’est pas sans conséquence. Les
glaciers jouent en effet un rôle primordial
dans la machine climatique. Blanche, la
neige renvoie une partie du rayonnement
solaire, créant une zone froide aux pôles
qui, par un jeu complexe d’échange de
chaleur avec les zones tropicales,
maintiennent une température moyenne douce
sur le globe. Si cette surface « miroir »
diminue, les rayons réchauffent l’atmosphère
et les océans. Qui provoque la fonte des
glaces... |
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