Explications et photos satellites de la tempête de 1999

 

Voici une série d'images satellite de la tempête de 1999 qui a ravagée la France

 

  

   

   

 

De très nombreuses pluie concernent l'ouest de la France.

  

  

 

Prévisions établies le 20 décembre 1999 par le modèle américain GFS :

Dimanche 26 et lundi 27 décembre 1999 : Le point sur les deux ouragans qui ont traversé la France du 26 au 28 décembre 1999 :

Deux tempêtes exceptionnelles ont traversé la France entre le 26 et le 28 décembre 1999.

1 - L'ouragan du dimanche 26 décembre. Des vents d'une violence exceptionnelle ont accompagné la très profonde dépression (960 hPa à 7 h 00 aux environs de Rouen) qui a traversé de part en part et très rapidement le nord du pays dimanche matin 26 décembre 1999. La trajectoire de cette dépression suit d’ouest en est une ligne approximative le long du 49e parallèle. Cette dépression qui touche le Finistère le 26 décembre vers 2 h locales se situe sur Strasbourg aux environs de 11 h, elle s'est donc déplacée à environ 100 km/h.

La zone de vents les plus violents ont balayé une bande d’une largueur de 150 km environ à proximité immédiate de la dépression, tout le long de cette trajectoire, côté sud, sur un axe pointe de Bretagne — sud de la Normandie — Île-de-France — Champagne-Ardenne — Lorraine — Alsace puis Allemagne.

Outre les vents exceptionnellement fort mesurés dans l'intérieur des terres, cet ouragan est exceptionnel par le creusement de la dépression qui s'est accentué sur terre, en raison probablement d'une interaction forte avec les courants jets d'altitude qui étaient proches de 400 km/h à 9000 m d'altitude.

Quelques valeurs de rafales de vents mesurées :

Ploumanach : 148 km/h

Lann Bihoué : 162 km/h

Rennes : 126 km/h

Nantes : 126 km/h

Alençon : 166 km/h

Rouen : 140 km/h

Chartres : 144 km/h

Paris/Montsouris : 169 km/h

Toussus-le-Noble : 180 km/h

Orly : 173 km/h

Troyes : 148 km/h

Dijon : 126 km/h

Metz : 155 km/h

Nancy : 144 km/h

Colmar : 165 km/h

Strasbourg : 144 km/h

2 - L'ouragan de la nuit du lundi 27 décembre au mardi 28 décembre. Cette deuxième dépression (très profonde), se déplaçant aussi à une vitesse proche de 100 km/h, a traversé le pays de l'après-midi du lundi 27 décembre à la nuit de lundi 27 à mardi 28 décembre. Elle s'est creusée en matinée du lundi 27 au large de la Bretagne, a atteint en son centre 965 hPa en rentrant sur la pointe sud de la Bretagne vers 16 h locales. La trajectoire a suivi une ligne : Nantes vers 19 h locales, puis Romorantin vers 22 h locales, Dijon vers 1 h du matin le mardi 28, Alsace vers 4 h du matin. La dépression s’est ensuite évacuée vers l’est.

Des vents exceptionnellement violents ont accompagné cette dépression, avec des forces maximales sur sa partie ouest et sud. Les régions les plus touchées ont été d'abord le sud de la Bretagne et les côtes Atlantiques dans l’après-midi, puis toutes les zones situées au sud d’une ligne La Rochelle — Mâcon, y compris la côte méditerranéenne, en particulier varoise, et la Corse où le vent continuait à souffler en tempête le matin du mardi 28. Sur la Corse, des vagues très fortes touchent la face occidentale.

Au nord de la dépression, dans le courant froid orienté au Nord et dès l’après-midi du 27, des chutes de neige tenant au sol, se sont produites sur le nord de la Bretagne et la Normandie. Dans le courant de la nuit, des chutes de neige éparses et fugaces ont touché l’ouest et le sud de la région parisienne mais elles ont été plus importantes sur le Nord-Est du pays, le plateau Lorrain, les Vosges et jusqu’en plaine sur le Genevois. Sur le nord des Alpes, on prévoit des risques d’avalanche.

Pour la journée du 28, l’accalmie se confirme par l’ouest avec maintien d’un temps instable avec de nombreuses averses, sans gravité particulière.

Quelques valeurs de rafales de vent observées durant la journée du 27 et la nuit du 27 au 28 :

Pointe du Raz : 162 km/h ; Île d’Yeu : 162 km/h ; Île d’Oléron : 198 km/h (à confirmer) ; La Rochelle : 151 km/h ; Biscarosse : 166 km/h ; Cap Ferret : 173 km/h ; Bordeaux : 144 km/h ; Pau, Tarbes : 137 km/h ; Limoges : 148 km/h ; Aurillac : 137 km/h ; Perpignan : 140 km/h ; Clermont-Ferrand : 159 km/h ; Mâcon : 126 km/h ;

Au-delà des effets immédiats, ces deux ouragans ont des effets induits qui sont en cours ou à venir dans les prochaines heures :

Risque hydrologique.

Plusieurs régions sont actuellement concernées par des crues de rivières en Normandie, Bretagne, dans l'est de la France et en Poitou Charente.

Risque d'avalanches.

Les deux tempêtes ont touché de manière plus importante les Alpes du nord que les Alpes du sud et les Pyrénées. Un bulletin régional d'alerte météorologique "avalanche" est en cours de validité jusqu'au 29 décembre a 9H pour le massif de Haute Savoie en raison des chutes de neige importantes de la nuit du 27 et celles prévues pour le 28 (près d'un mètre en moyenne montagne).

Le manteau neigeux se stabilisera progressivement dans les jours à venir. Le risque de départ spontané d'avalanche pouvant menacer des accès routiers ou habitations diminuera rapidement. Par contre le risque de déclenchement d'avalanches au passage de skieurs ou surfeurs sera encore élevé pendant quelques jours.

3 - Des tempêtes encore présentes dans les mémoires. Les 15 et 16 octobre 1987, une tempête avait affecté la Bretagne, la Normandie et le Nord ainsi que le sud de la Grande Bretagne avec des rafales maximales mesurées dépassant les 180 km/h. En 1990, une série de plusieurs tempêtes exceptionnelles par leur répétition et dans une moindre mesure par leur intensité avait affecté la France de fin janvier à début février.

D'autres tempêtes ont atteint la France dans le passé, par exemple les 10 -12 janvier 1978, 6 juillet 1969, 12 mars 1967, 7 août 1948, 4-6 décembre 1896. Néanmoins, on peut affirmer que les deux ouragans que la France vient de subir sont exceptionnels par leur intensité par le territoire concerné par des rafales supérieures à 120 km/h et par la gravité et l'ampleur des conséquences.

 

 

 

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Révision : 14 janvier 2007