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Tempête du 26 décembre 1999
Europe : plus de 100 morts Les deux tempêtes qui ont touché la France après Nöel ont aussi frappé une grande partie de l’Europe. Pas moins de 88 morts en France, et quasi-autant en Suisse, Allemagne, Espagne et Grande-Bretagne. En Allemagne, au moins dix-sept personnes sont mortes et une centaine blessées en raison de chutes d’arbres principalement. Dans le seul Land du Bade-Wurtemberg, onze personnes ont trouvé la mort, trois en Bavière et une en Rhénanie-Palatinat. Les trafics ferroviaire, routier et aérien ont étés fortement perturbés. En Suisse, la tempête a causé la mort d'au moins onze personnes et fait plusieurs blessés, pour la plupart des piétons ou des automobilistes écrasés par la chute d'arbres. En Autriche, la tempête a fait plusieurs blessés dans le centre du pays. Trois avalanches ont fait au moins douze morts et un blessé. En Belgique, de fortes pluies sont tombées, rendant les routes particulièrement dangereuses. En Italie, une autoroute du centre du pays a été fermée au trafic et la ligne de chemin de fer Bologne Rimini a été interrompue pendant deux heures. En Grande-Bretagne et en Irlande, au moins cinq personnes sont décédées. Même l'Espagne a été touchée. Elle dénombre cinq victimes. En janvier 1990, une tempête avait balayé toute l'Europe, tuant 200 personnes, dont 109 en Grande-Bretagne et 81 en France.
Les 2 tempêtes ont fait 88 morts Le bilan humain des intempéries du dimanche 26 et lundi 27 décembre est très lourd. On dénombre 88 morts. Ils viennent s’ajouter aux 4 victimes du mauvais temps du samedi 25. Tempête de lundi : 35 morts. La Charente-Maritime a été la plus touchée avec 13 victimes. Le département voisin de la Charente compte 7 morts. Quatre personnes sont mortes en Haute-Vienne ; deux en Gironde, Dordogne et dans les Landes.
Plusieurs départements dénombrent un décès : Cher, Hérault,
Vienne, Var et Alpes-Maritimes. Tempête de dimanche : 53 morts L’Ille-et-Vilaine a payé le plus lourd tribut. Elle compte 5 morts, dont 4 dans un accident de la route sur la N12 entre Saint-Brieuc et Rennes. Même bilan dans le Calvados. Quatre personnes sont mortes dans la Manche. La Moselle dénombre 3 morts. Deux personnes ont péri dans les deux départements du Doubs, dans le Loiret, dans l'Orne, dans le Bas-Rhin, les Vosges et l’Yonne. Le bilan s'établit à un mort dans les départements suivants : Aisne, Ardennes, Eure, Jura, Maine-et-Loire, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Haut-Rhin, Haute-Saône, Savoie, Seine-Maritime, Territoire de Belfort. Cinq départements franciliens ont également à déplorer 11 victimes : 5 en Seine-et-Marne (dont un maire-adjoint de Quincy-Voisins, renversé par un véhicule de secours), deux en Seine-St-Denis, une dans l’Essonne, une dans le parc du château de Versailles (Yvelines). Dramatique, un couple est mort après l’effondrement d’une partie de son appartement à Argenteuil (Val-d’Oise). Son bébé a été sauvé. 92 morts au total avec le mauvais temps du jour de Noël Samedi, le bilan du mauvais temps s’élevait à 4 morts : une femme tombée dans le port du Havre (Seine-Maritime) et 3 dans la Manche, dont deux membres d’une même famille tuée dans leur maison à Cardonville. Au total, le mauvais temps qui a sévit sur le pays le week-end de Noël est donc à l’origine de 92 décès. F.A.
Des monuments historiques abîmés par la tempête Sainte-Chapelle, Notre-Dame-de-Paris, Mont-Saint-Michel, Panthéon … : de nombreux monuments historiques ont été fortement touchés par les intempéries. Les arbres du parc du château de Versailles, des bois de Boulogne et de Vincennes ont été déracinés. 1999 plus fort que 1792. Le moulin de Valmy, dans la Marne, symbole de la victoire de l'armée révolutionnaire française face aux Austro-Prussiens en 1792, s’est effondré. Le monument avait été restauré en 1998 après avoir souffert de plusieurs tempêtes au début des années 1990. Le ministre de la Défense Alain Richard avait déclaré, au moment de son inauguration, qu’il "symbolisait la constitution de l'armée-nation" face aux invasions étrangères. L’invasion météo est donc plus forte ! L'Abbaye du Mont-Saint-Michel, le fleuron du site naturel et culturel de la Manche, a subi des rafales à plus de 160 km/h. Lors du coup de vent, les toitures du transept roman de l'abbaye ont été très abîmées. Les verrières du réfectoire ont particulièrement souffert : "l'une a explosé et le vent qui s'est engouffré a fait exploser les autres" explique le père Fournier, le recteur du sanctuaire. Les pinacles sont tombés sur le chemin de ronde, abîmant la toiture du choeur gothique flamboyant des XVe et XVIe siècles. "Il y a des ardoises partout dans les escaliers, toutes les faîtières en plomb sont retournées ou prêtes à se détacher " ajoute le père Fournier. Réfection complète du dôme du Panthéon ? A Paris, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris venait juste d’être restaurée. Elle n’a pas résisté aux vents qui ont soufflé à plus de 150 km/h. Des blocs de pierre jonchent le premier étage des terrasses hautes et ont provoqué des trous béants. Six pinacles (petits clochetons qui servent à charger les arcs-boutants) sont tombés sur la nef et la sacristie. Des travaux d’urgence vont être lancés prochainement. Au Panthéon, 15 feuilles de plomb de 100 kg chacune ont été arrachées au dôme. Quinze autres feuilles doivent être remplacées, froissées comme du papier après le passage de la tornade. Selon le même expert, la réparation à court terme coûterait de 4 à 5 MF. Mais on pense refaire complètement la couverture du dôme, pour une somme de 40 MF. C’est la 4e fois que le dôme est endommagé, après 1990, 1991 et 1994. A la Sainte-Chapelle, située dans l'enceinte du palais de Justice, les dégâts sont moins importants. Le haut pinacle gauche situé sur la façade nord s'est écroulé sur un plus petit, et les deux morceaux ont ricoché sur le mur jusqu'à détruire une partie circulaire du vitrail de la Genèse de la Chapelle Haute. Cette portion du vitrail avait été déjà restaurée au 19ème siècle. Fenêtres cassées et arbres déracinés à Versailles Les toitures du château de Versailles ont également souffert. Des plaques de plomb ont été soulevées par les rafales et certaines sont tombées dans la cour d'honneur. "Nous avons des zones fragilisées sur les toitures des deux ailes et du corps central", déplore M. Astier. Des dizaines de carreaux ont volé en éclats sous la force du vent et des fenêtres ont été arrachées comme celle de la salle 1830. Selon une première estimation, M. Astier chiffre entre "50 et 60 millions de francs, soit le budget annuel d'investissement du domaine" le montant des dégâts. Même constat de désolation pour la flore. Au moins 10 000 arbres du parc du château ont été déracinés. "Des zones entières comme le hameau de la Reine ont été déboisées et tous les plus anciens arbres comme l'arbre de Jussieu ou celui planté par Napoléon sont au tapis" indique Hubert Astier, président de l'Etablissement public du domaine de Versailles. Dans les bois de Boulogne et de Vincennes, près de la moitié des arbres ont été détruits par la tempête de dimanche. Au total, cela représente plus de 140.000 arbres. "C'est un désastre, une dévastation. "Il faudra environ trois ans pour déblayer ces bois " explique Françoise de Panafieu, adjoint des espaces verts à la mairie de Paris. Et pour reconstituer le patrimoine vert, il faudra compter des décennies…. F.A.
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