Pour quelques degrés de plus

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Près de 30 % du rayonnement solaire sur la Terre est réfléchi par les particules de l'atmosphère, la surface de la planète, les nuages; le reste du rayonnement conservé par la Terre est renvoyé ensuite vers l'espace sous forme d'infrarouge. Or, lors des échanges Soleil-Terre-Espace, certains gaz, agissant comme une vitre, laissent passer la lumière du soleil et arrêtent les infrarouges. C'est l'effet de serre. Dans une serre, les rayons du soleil chauffent à travers la vitre les plantes qui à leur tour irradient une chaleur qui reste en grande partie piégée à l'intérieur. Sans ce phénomène, la température terrestre serait de -18°C. La perturbation ne vient donc pas du processus lui-même, mais du développement des activités humaines. Depuis la révolution industrielle, en effet, l'importance des GES (gaz à effet de serre) dans l'atmosphère a augmenté. Or, plus les GES sont nombreux, plus l'énergie réémise sous forme d'infrarouge est piégée et plus le réchauffement augmente.

 

    Le récent réchauffement planétaire serait donc dû à la présence croissante de ces gaz dans l'atmosphère : l'eau (H20), le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), les hydrocarbures chlorofluorés (CFC), le protoxyde d'azote (N20) et l'ozone de basse altitude (03). Leur origine humaine est de mieux en mieux connue. Le C02 provient pour environ 20 % des défrichements forestiers et 80 % de la combustion des combustibles fossiles (avec, par ordre de nocivité décroissante : charbon, pétrole, gaz naturel). Le CH4 Comme le N20 sont essentiellement émis par l'agriculture. Le CH4 provient notamment de la riziculture et de l'élevage à cause de la fermentation des aliments végétaux dans l'appareil digestif du bétail ; le N20, de la combustion de biomasse et de l'épandage d'engrais sur les sols naturels cultivés. Les CFC, seuls GES à être totalement artificiels, sont utilisés pour les solvants, agents moussants et propulseurs de bombes aérosols, fluides réfrigérants. Leur émission est désormais limitée depuis la signature du protocole de Montréal. L'augmentation de 03, enfin, résulte de processus photochimiques.

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    Si les émissions progressaient à la même vitesse, la température globale augmenterait au cours du prochain siècle de 0,3°C par décennie. Il s'ensuivrait, semble-t-il, une hausse de 3°C avant la fin du xxie siècle. La marge d'incertitude est très grande, car l'anticipation des taux d'émission de GES reste approximative et la prédiction des climats risquée. Quel est exactement le rôle des nuages, de l'océan ou du gaz carbonique ? Selon Ichtiaque Rasool, responsable scientifique pour la NASA des études sur les changements climatiques, " les nuages de haute altitude auraient tendance à aggraver l'effet de serre, tandis que ceux de basse altitude, qui renvoient dans l'espace une partie du rayonnement solaire, agiraient en sens inverse ". Sur les 7 milliards de tonnes de carbone rejetées dans l'atmosphère chaque année par les activités humaines, la moitié est absorbée par l'océan, " poubelle à C02 de la planète ". Pour les effets du C02, enfin, on s'interroge : en réchauffant les océans, le C02 perd ses capacités d'absorption, mais dans le même temps, il favorise la croissance des plantes. Enfin l'augmentation de la teneur en C02 de l'atmosphère (passée de 0,025 % environ il y a un siècle à 0,03 % environ aujourd'hui) est certaine, mais son influence sur le climat est insignifiante

    Une chose est sûre, les anomalies climatiques se sont multipliées. Au Sahel, la sécheresse a sévi dans les années 1973-1983. En Indonésie, en Australie, l'été 1982 a fait des ravages. Aux États-Unis ou en Chine, l'été 1988 a été torride. Gilbert en 1988 et Hugo en 1989 ont été parmi les cyclones les plus brutaux... et les cinq années les plus chaudes se situent lors des années 1980. Le réchauffement planétaire se profile donc avec sa cohorte de nuisances : sécheresses, désertification, inondations, cyclones, famines, modification des habitats et des activités économiques, déplacements de populations, tensions internationales accrues... Néanmoins, la sécheresse reste localisée et la météorologie est par définition capricieuse.

 

 

 

   

 

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Révision : 28 février 2008