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1950. — L'été 1950, et, plus
particulièrement juin et juillet, ont été très chauds et secs dans le Sud-ouest
et le Sud-est.
Dans tout le pays, juin a été exceptionnellement chaud. Dans beaucoup de
stations, la température moyenne est la plus élevée des mois de juin 1921 à
1963. A Lyon-Saint-Genis-Laval, juin 1950 serait le plus chaud des mois de juin
de 1851 à 1963; à Clermont-Ferrand (observatoire) de 1878 à 1963; à
Paris-Saint-Maur, de 1873 à 1963; à Bordeaux-Floirac, de 1880 à 1955.
Juin 1950 a été en outre très
sec du sud de la Bretagne au Bordelais, du Toulousain aux Pyrénées-Orientales et
dans le Sud-est.
Dans les régions méridionales, la chaleur s'est renforcée en juillet et la
sécheresse a persisté dans le Poitou et le Sud-ouest, les
régions méditerranéennes et les Alpes. Le 4 juillet, le thermomètre a monté à un
niveau inconnu dans certaines stations :
39° 4 à Grenoble et 39° 0 à Marignane (seulement 39° 2 le 13 août 1922). A
Marignane, la température moyenne 25° 6 est la plus élevée de 1921 à 1963 ; à
Marseille (observatoire), elle est également de 25° 6 et n'a jamais été égalée
de 1851 à 1963 ; il en est de même à Perpignan, où la température moyenne de
juillet 1950 (26° 7) est à peu près celle de juillet 1949 (26° 6), mais n'a
jamais été relevée de 1851 à 1963.
En août, la température moyenne n'a guère dépassé la normale (1° seulement) ;
mais la sécheresse a continué dans certaines régions méridionales. A
Toulouse-Blagnac, cette sécheresse commencée en mai a duré jusqu'en novembre; du
24 mai au 30 août, les pluies recueillies ont été insignifiantes (3 mm au
maximum) sauf les 4 et 5 juillet (13 mm et 6 mm) ; le total de l'été a été de 45
millimètres (4 mm en juin, 24 mm en juillet et 17 mm en août), soit moins du
tiers de la normale 1921-1950 (148 mm) ; en 1949, on avait recueilli 101
millimètres de juin à août et mai avait été pluvieux (115 mm). A Toulouse
(observatoire), il est tombé 63 millimètres au cours de l'été; c'est la valeur
la< plus faible (après 1858) depuis le début des observations (en 1841).
A Toulon, la sécheresse a duré encore plus longtemps qu'en 1947; les
précipitations ont été déficitaires tous les mois, d'avril à novembre; de mai à
septembre, le total pluviométrique est de 53 millimètres (131 mm en 1947), dont
9 millimètres pour l'été (7 mm en 1947) ; la normale mi-septembre (1921-1950)
est de 195 millimètres soit près de quatre fois ce total. Du 22 avril au 16
août, on n'a enregistré aucune pluie notable.
1952. — De mars à mai, la température moyenne avait déjà dépassé la normale de
0° 5 à 2° ; en juin et juillet, l'excédent a atteint parfois 2° à 3° dans la
moitié est du pays. En août, il n'a dépassé 1° que dans le Nord-est et l'Est.
Les grandes chaleurs ont débuté vers le 25 juin et ont provoqué un début
d'échaudage sur les blés d'hiver. Fin juin-début juillet, le thermomètre a
marqué 35° à 39°, certaines valeurs constituant un record pour plusieurs
stations : 37° 8 à Abbeville, 36° 2 à Nancy, 37° 4 à Strasbourg-Entzheim, 40° 9
à Vichy, 31° 6 à Bréhat, 35° 4 à Carnac.
A l'exception d'excédents localisés, les précipitations mensuelles ont présenté
d'avril à juillet un déficit général très accusé; le total de ces quatre mois
dépasse à peine les deux cinquièmes de la normale.
En août, des pluies abondantes sont tombées principalement dans la moitié
septentrionale; mais dans le Midi le déficit a subsisté.
En septembre, le temps s'est rafraîchi (déficit de 1° 5 à 3°5) à la suite.de
copieuses précipitations; néanmoins, du Toulousain au Languedoc, la sécheresse a
persisté : à Toulouse-Blagnac, d'avril à septembre, on n'a recueilli que 171
millimètres soit la moitié de la normale (348 mm) ; à Toulouse (observatoire)
encore moins (148 mm) soit les deux cinquièmes de la normale (353 mm) ; pour ces
six mois de végétation, c'est la valeur la plus faible depuis 1841.
A Perpignan, pour la même période (avril à septembre), la sécheresse a été
exceptionnelle : 78 millimètres d'eau, soit moins du tiers de la normale (250
mm) ; mars n'avait déjà reçu que le tiers de la normale; du 4 février au 10
octobre, c'est-à-dire pendant plus de huit mois, on n'a enregistré aucune pluie
notable, si l'on excepte celles des 21 avril, 17 et 20 juillet (respectivement 9
mm, 7 mm et 9 mm).
1955. — L'été 1955, à partir de
la deuxième décade de juin, a été chaud et sec principalement dans l'Ouest, la
Normandie, le Nord, le Centre et certaines parties des Alpes (Isère) et du
Sud-ouest (Mont-de-Marsan).
En juillet et août, la température moyenne a dépassé la normale de 1° à 2° dans
ces diverses régions.
C'est en Bretagne que la sécheresse a été le plus marquée. A Nantes
(observatoire), au cours des cinq mois de juillet à novembre, tous déficitaires,
on a recueilli 91 millimètres de pluie soit à peine plus du quart de la normale.
En août, à Nantes (aérodrome), on a enregistré seulement 0,4 millimètre, et, à
Brest-Guipavas, 0,0 millimètre, c'est-à-dire des traces non mesurables. A
Brest-Guipavas du 19 juin au 3 octobre, on n'a observé que deux jours de
précipitations notables : 17 millimètres le 17 juillet et 11 millimètres le 25
septembre; à Nantes (aérodrome), du 21 juin au 4 octobre, une seule : 13
millimètres le 11 juillet.
1959. — Juillet 1959 a été
exceptionnellement sec, chaud et ensoleillé dans tout le pays; mais c'est
seulement la moitié septentrionale et plus particulièrement le Nord, la
Normandie, et la région parisienne qui ont été affectés par la sécheresse
d'avril à, octobre.
Dans la moitié nord, la température moyenne a été excédentaire d'environ :
1° En mai, juin, août, et octobre; 1° à 2° 5 en juillet et septembre.
A Paris-Saint-Maur, en juillet, août et septembre, on a recueilli respectivement
: 14, 38 et 12 millimètres, au total 64 millimètres, soit le tiers de la
normale.
A Caen (aérodrome)-,, de mai à septembre, les hauteurs de précipitations ont été
de 32, 19, 19, 13 et 15 millimètres, soit 98 millimètres pour ces cinq mois,
moins des deux cinquièmes de la normale.
A Lille (Lesquin), pour ces mêmes mois, elles ont été de : 14, 35,15,19 et 3
millimètres, soit 86 millimètres seulement, environ 30 % de la normale. A Lille
(ville), on n'a enregistré que 64 millimètres de mai à septembre, c'est, la plus
faible quantité depuis 1851.
En septembre, alors que les régions méditerranéennes étaient abondamment
arrosées et même que le Roussillon subissait des inondations catastrophiques, la
sécheresse était absolue ou presque dans le Nord : 0 millimètre à Reims, Metz,
etc. . ,
Durée d'insolation et évaporation ont été exceptionnellement élevées dans les
régions septentrionales surtout en juillet et septembre. A Saint-Maur, de mai à
septembre, la durée d'insolation a dépassé celle de 1949, 1947, 1929, 1921 ou
1911. '
Toutefois, si le nombre de jours d'été (Ta; 5= 25°) a approché de celui des étés
1949 ou 1947, les températures supérieures à 30° ont été moins nombreuses qu'en
1949 ou 1947 et le maximum absolu de température n'a guère dépassé le maximum
absolu moyen.
1961. — L'été 1961 a été
généralement marqué par une grande sécheresse de mars à septembre et des
températures élevées à la fin d'août et au début de septembre.
Jusqu'au 24 août, les températures ont été dans l'ensemble un peu au-dessous de
la normale;.-mais, à partir du 25 août jusqu'à la fin de septembre, elles ont
dépassé la normale de 2° à 4°; l'excédent de la moyenne des températures
maximales sur la normale a atteint 4° à 5° en septembre. Le 1er septembre, on a
noté 34°8 à Rennes; cette valeur constitue, à Rennes, pour septembre, un record
depuis 1921; en septembre 1947 et 1949, le maximum avait été respectivement :
32° 0 et 33° 0.
Sauf dans certaines régions privilégiées principalement des Pyrénées, du Massif
Central et du Sud-est, la sécheresse a été presque continue du 20 juillet au
début d'octobre.
A Rennes, on n'a recueilli que 36 millimètres de pluie en juillet, 6 millimètres
en août et 22 millimètres en septembre; au total 64 millimètres soit les deux
cinquièmes de la normale; du 19 juillet au 5 octobre, pendant deux mois et demi,
aucune pluie notable n'a été enregistrée.
A Bordeaux, du 19 juillet au 4 octobre, les seules pluies importantes ont été
9,2 millimètres et 7,1 millimètres les 28 et 30 septembre. De juin à septembre,
on a rélevé les totaux pluviométriques ci-après : 35, 44, 8 et 30 millimètres,
au total 117 millimètres, soit moins de la moitié de la normale.
A Rouen, de mars à septembre, les précipitations sont les suivantes : 8, 24, 19,
28, 64, 21 et 39 millimètres, en tout 203 millimètres, soit 52 % de la normale
pour cette période de sept mois constituant la saison chaude; c'est la valeur la
plus faible depuis 1845; on avait noté 213 millimètres en 1959 et 253
millimètres en 1921.
Dans la plupart des grandes régions d'élevage de l'Ouest, les prairies sont
restées grillées en août et septembre.
1962. — Comme l'été 1961, l'été
1962 a été généralement sec à très sec; mais les régions méridionales ont dû
subir une sécheresse plus marquée et des températures souvent élevées en août et
septembre, alors que dans les régions septentrionales la température restait
au-dessous de la normale.
Dans le Nord du pays, les mois d'avril à juin ont été froids et souvent très
secs. En juin, on a noté des précipitations très faibles ou inexistantes : 0,3
millimètre à Metz, 0,7 millimètre à Rennes, 0,9 millimètre à Nantes, 2
millimètres à Rouen, 3 millimètres à Reims... A Lille, on n'a enregistré que 23
millimètres en avril, 29 millimètres en mai et 14 millimètres en juin; du 9
avril au 9 juillet, une seule pluie notable : 9,6 millimètres le 15 juin.
Dans la plupart des régions situées au sud de la Loire, la sécheresse commencée
en juin a duré jusqu'en septembre et parfois octobre. Elle a été accompagnée de
grandes chaleurs en août et septembre; le 1er août, on a noté : 37° 1 à
Mont-de-Marsan et 36° 1 à Biarritz (aérodrome), le 2 septembre : 36° 7 à
Mont-de-Marsan et 37° 0 à Biarritz (aérodrome).
A Toulouse-Blagnac, le total pluviométrique des trois mois d'été (juin, juillet
et août) a été très faible : 30,18 et 12 millimètres, en tout 60 millimètres,
soit les deux cinquièmes de la normale. A Mont-de-Marsan, de juin à septembre on
a recueilli seulement : 18, 13, 16 et 40 millimètres, ce qui fait 87 millimètres
en quatre mois, soit un tiers de la normale.
Dans le Sud-est, la sécheresse a été encore plus grande; à Nice (aérodrome), de
mai à septembre, les totaux pluviométriques sont les suivants : 37,31, 1, 0 et
17 millimètres, soit 86 millimètres et les deux cinquièmes de la normale (209
mm) de ces cinq mois ; du 16'juin au 6 octobre, pendant près de quatre mois, on
n'a noté que 22 millimètres dont 11,5 millimètres le 27 septembre et cinq jours
de faible pluie.
Cette sécheresse exceptionnelle a provoqué de nombreux incendies dans le
Sud-est. Dans le Sud-ouest, la récolte de maïs a été très compromise, là où
l'irrigation n'avait pas été effectuée.
1964. — Sauf dans le Sud-est,
la sécheresse a été presque continue, de décembre 1963 à septembre 1964.
Les températures estivales n'ont guère dépassé la normale dans le Nord-Ouest,
mais dans l'Est et le Centre, la sécheresse a été très marquée et parfois
accompagnée de grande chaleur. En juillet, le maximum absolu dé température a
atteint environ 38° à Vichy, Bourges, Auxerre, Saint-Dizier, Dijon, Mâcon,
Ambérieu, Lyon.
Dans le Sud-ouest, la sécheresse a été encore plus grande; en mai, juillet et
septembre, la température moyenne a dépassé la normale de 1° à 2°, et le maximum
absolu a été bien au-dessus de la moyenne : 35° à 38° à Mont-de-Marsan, de juin
à septembre. De mai à septembre, la température moyenne a été nettement plus
élevée qu'en 1961 et surtout 1962 (1° à 1°5). A Mont-de-Marsan, les
précipitations recueillies en juin, juillet, août et septembre
: 15, 8, 40 et 27 millimètres (total : 90 mm) sont à peu près équivalentes à
celles des mêmes mois de 1962 (total : 87 mm). A Agen, les pluies de ces quatre
mois n'avaient jamais été aussi faibles depuis la création de l'aérodrome (en
1941) : 16, 18, 19 et 15 millimètres.
La chaleur persistante et l'absence de pluies notables ont causé de graves
dégâts à l'agriculture du Sud-ouest : arbres fruitiers et vignes parfois
desséchés et récoltes de maïs réduites ou anéanties. De nombreux départements du
Midi ont été déclarés sinistrés.
Près de la Méditerranée, la température a été excédentaire (1° à 1°5) de mai à
juillet, et les pluies souvent déficitaires d'avril à septembre; dans le Var, la
Corse et les Alpes-Maritimes, la sécheresse a été le plus marquée : à Nice
(aérodrome), le total pluviométrique de mai à septembre, 87 millimètres (6, 34,
1, 18 et 28 mm) n'avait jamais été aussi faible depuis 1945; il ne représente
que les deux cinquièmes de la normale.
DIRECTION DE LA METEOROLOGIE NATIONALE
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