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Tendance globale
: il faut remarquer que le phénomène El Niño est en marche mais
semble pour l'instant plus faible que prévu. Ainsi, nous passerions
l'hiver sous la Nada (ni Niño, ni Niña) qui est plutôt propice aux
hivers rigoureux en Europe.
Au cours de l'année 2002 et plus précisément du printemps, il devrait
prendre effet. Il faut noter que son influence reste faible pour
l'Europe tout de même.
En revanche, l'Oscillation Nord Atlantique pourrait s'avérer dans un
mode négatif (accentuation des phénomènes continentaux) au cours de
cet hiver, mode qui n'a pas été visible en période hivernale depuis
1996-1997.
L'hémisphère Nord a, dans son ensemble, connu un mois d'octobre
particulièrement chaud. On remarque que si l'Amérique du Nord jouit de
températures bien douces, l'Eurasie est bien plus froide. L'anticyclone
de Sibérie ne cesse de progresser vers l'Ouest cette année et semble
très puissant. A contrario, les dépressions atlantiques ne
semblent pas très développées cette année et favorise nettement le développement
de phénomène de blocage et de l'Anticyclone continental, dont l'air
froid et lourd s'accumule énormément !
Hiver
2001-2002 : temps hivernal continental marqué
Configuration générale
L'observation des développements et des excès météorologiques
ont amené à une confirmation constante de ce qui devrait se produire
cet hiver. En effet, excepté quelques modèles américains qui ont une
tendance affirmée chaque année à annoncer de la douceur, l'ensemble
des modèles mondiaux et en particulier européen, présage un hiver
rigoureux, que certains annoncent même comme sévère.
l'Oscillation Nord Atlantique devrait être négative au cours des
prochains mois : cela se caractérise par l'accentuation des phénomènes
de blocage (anticyclonique), permettant l'essor des vents continentaux
d'Est mais aussi de Nord en hiver. Les dépressions et les vents d'Ouest
sont moins rigoureux, car le gradient de pression entre anticyclone des
Açores et dépression d'Islande est plus faible que la normale. Ainsi,
cela permet le développement de l'anticyclone sibérien continental
froid et sec.
la proximité encore du maximum solaire entraîne souvent la rigueur
hivernale ;
la Nada (non Niña, non Niño) est l'origine fréquemment d'hiver froid
et plutôt neigeux sur le vieux continent ;
les eaux de la Mer du Nord et des côtes atlantiques sont plus fraîches
et moins salines que d'habitude ; en revanche, l'Atlantique, dans son
ensemble, a des eaux plus chaudes ;
le mois d'octobre a été exceptionnellement chaud et même souvent sec
sur l'Europe, ce qui présage de mois de décembre et même de janvier
très rigoureux; appuyé par les conditions de septembre en matière de
téléconnection ;
un nombre de jours très nombreux de temps brumeux en octobre a régné
également, ce qui présage parfois de neige en hiver ;
le vent dominant de l'année (vent des Rameaux) qui souffle depuis le
printemps est au Nord/Nord-Ouest.
Au point de vue statistique et après observation de ces phénomènes,
certains points convergent sur l'amorce 1984-1985. D'autres sources,
parlent également de 1946-1947 et 1962-1963. Beaucoup s'accordent pour
dire que cet hiver ne s'annoncent pas sec et que février pourrait s'écarter
le plus de la normale aussi !
La situation barométrique prévue en novembre se réfère dans 80% des
cas à l'arrivée d'un l'hiver rigoureux !
De plus, lorsque l'automne est exceptionnellement anticyclonique, comme
ce fut le cas en octobre et novembre, notamment, l'hiver suit le même
principe et favorise également l'anticyclone continental.
On peut remarquer qu'après 6 ou 18 mois après des étés orageux
s'ensuit souvent un hiver rigoureux !
La vision des modèles
Excepté le modèle IRI et la branche NOAA, l'hiver pour les autres
s'annonce pour l'Europe, marqué par l'anticyclone froid et continental
et la prédominance des vents d'Est.
Mon point de vue
Au regard des mois qui viennent de se succéder au cours de cet
automne, l'hiver devait être marqué par une influence continentale très
nette ! Donc, un temps sec mais aussi rigoureux. Il est bien difficile
toujours de déterminer les excès, mais je présage tout de même des
conditions très excessives, que l'on n'a pas connu depuis bien
longtemps. Les hivers rudes ne sont pas toujours accompagnés de neige,
mais celui-ci pourrait être une bonne exception. Ce qui semblerait
aussi remarquable aussi et qui contrebalance avec les grands hivers des
30 dernières années, cela pourrait être sa durée... Si les hivers
des années 1990 n'ont souvent été marqués que pendant un mois ou
deux, celui-ci pourrait se développer sur une bien plus longue période,
ce qui ne veut pas dire que la douceur ne fera pas de brève incursion,
mais elle serait de courte durée, donc en totale inversion par rapport
à l'année dernière.
Si je devais réaliser une comparaison, il semble que 1946-1947 ou
1962-1963 sont des années intéressantes...
Décembre
2001 : d'abord douce et humide, suivi de l'essor de l'anticyclone
continental apportant une accentuation du froid sec, même si les fêtes
de fin d'année seraient neigeuses...
Configuration générale vue par les modèles et aussi les spécialistes
de la prévision en long terme
Les cartes de Wolfgang Roeder s'avèrent assez éloquentes pour ce
mois-ci. Non seulement, il a confirmé mais aussi intensifié ses prévisions
publiées en novembre. Une bulle anticyclonique durable semblerait régner
sur toute l'Europe du Nord, centrée sur la Scandinavie et les îles
britanniques. Les perturbations passeraient très au Sud, sur la Méditerranée
ou seraient atténuées par le Nord. Dans ces conditions, un fort
courant d'Est/Nord-Est règneraient sur l'Europe, des îles britanniques
à la Russie et au Sud, du pays basque à la Turquie ! Dans ces
conditions, un temps rude, avec quelques neiges parfois, s'installerait
sur la France, où l'on pourrait s'attendre à de très grands froids
avec des journées sans dégel ! Ce mois de décembre pourrait être le
plus froid depuis 5 ans !
Pour appuyer ce phénomène, Matthias Stanislas et Lars Thieme ont
observé que lorsqu'en septembre, si le temps est anticyclonique en Mer
de Barents et sur l'Ontario, dépressionnaire
sur les Bermudes, dans 100% des cas, les températures sont plus froides
que la normale en Europe en décembre !
Le modèle américain COLA/IGES confirme la carte de Roeder dans la prédominance
de l'anticyclone sur la Scandinavie et un temps plus dépressionnaire
sur le Golfe de Gascogne. Cette situation pourrait être comparable à
ce qui s'est passée en décembre 1942, 1963, 1969, 1971, 1972, 1976,
1977, 1978, 1984, 1990, 1995, 1996. Dans la majorité des cas, ils ont
été suivis d'une poursuite d'hiver rigoureux.
Les cartes ECPC appuient aussi cette théorie.
Enfin, l'ensemble des autres modèles et spécialistes s'accordent pour
affirmer que ce mois de décembre serait marqué par le froid et
l'anticyclone.
Mes prévisions pour la moitié Nord de la France
Depuis plusieurs mois, j'appuyais mes prévisions avec une certaine
certitude pour un démarrage hivernal marqué en décembre que je
confirme, par conséquent. En effet, après les premiers jours du mois
doux et très humides, qui ont entraîné de nombreuses inondations sur
la partie Nord et Est du territoire, le temps à la Saint-Nicolas est
devenu considérablement anticyclonique, sec et de plus en plus froid.
Au cours de la deuxième décade, grâce au vent d'Est sec et froid et
au positionnement de l'Anticyclone continental puissant (jusqu'à 1050
HPa) vers le Bénélux, le froid va considérablement s'intensifié !
Les températures minimales pourraient flirter aux alentours des -10°C
sur les zones les plus froides du Nord-Est et difficilement atteindre
des températures positives en journée, si bien que l'on pourrait connaître
les premières journées sans dégel.
Vers le 21, un relatif radoucissement pourrait intervenir par le
changement d'orientation du vent, plus au Nord et plus humide... Cela
serait dû par un temporaire scindement de l'anticyclone en deux, l'un
restant sur les îles britanniques et l'autre sur l'Europe centrale. Par
la poussée d'un anticyclone sur le Groenland, la dépression d'Islande
se placerait d'abord sur la Mer de Norvège et des perturbations en
provenance du Nord pourraient couler vers la France. Ce temps pourrait déterminer
alors la troisième décade (et par conséquent les fêtes de fin d'année)...
Cela apporterait des précipitations neigeuses (peut-être abondantes)
toujours sous des conditions froides qui, de nouveau,
s'intensifieront... Les conditions pourraient même s'avérer délicates,
le vent n'arrangeant rien à l'affaire. Donc, on pourrait voir le
blizzard, de la neige au sol et du froid sur une grande partie de la
moitié Nord de la France avec intensification du froid.
Les prévisions vues par les modèles et les spécialistes
Dans une certaine globalité, elle s'appuie sur ce que je viens de décrire.
Ainsi, les dix prochains jours resteraient anticycloniques, de plus en
plus froids, et secs. Excepté des modèles américains et le modèle
MRF qui manquent de fiabilité au-delà de 4 jours, la probabilité pour
un Noël blanc et des fêtes de fin d'années blanches et froides reste
pour le moment de 80%. Donc, il subsiste encore 20% d'incertitude.
Année 2002 : fraîcheur
et conditions plus sèches
Alors que nous venons de connaître six années de suite avec des
températures supérieures à la normale, un revirement temporaire
pourrait s'avérer possible cette année, où suite à un hiver qui
pourrait s'avérer rigoureux, les autres saisons pourraient s'avérer également
fraîches, en particulier le début du printemps et l'automne... Les
conditions anticycloniques pourraient s'avérer plus durables que lors
de ces cinq dernières années, sans que cette année soit véritablement
marquée par la sécheresse ! Mais, disons que les précipitations
pourraient retrouver des niveaux plus proches de la normale voire légèrement
inférieure au cours de cette année. Mais, ce pronostic reste encore
bien temporaire pour le moment, une vision plus fine s'ensuivra au fil
des mois et surtout à partir du printemps.
Janvier
2002 : d'abord radoucie et humide, très rude en deuxième quinzaine précédée
de neige
Configuration générale vue par les modèles et aussi les spécialistes
de la prévision en long terme
Les cartes de prévisions à long terme allemandes resteraient
affirmées en faveur du froid pour ce mois de janvier. Elles se sont même
intensifiées par rapport aux cartes de novembre. Alors que l'Europe
centrale et orientale serait sous l'influence de l'anticyclone de Sibérie
qui se centrerait dans le Golfe de Botnie, l'Atlantique aurait des
pressions bien plus basses que la normale ! Donc cette situation
bloquante avec isobare resserrée, renforcerait les conditions
continentales sur l'ensemble de l'Europe, la partie Sud de l'Europe, en
particulier la péninsule ibérique et l'extrême Ouest du continent
restant plus à l'écart dans une zone tampon. Cette situation bloquante
paraîtrait durable. Dans ces conditions, on peut présager des
conditions très froides et très sèches en direction de l'Est de la
France avec un fort déficit thermométrique et pluviométrique. En
direction de l'Ouest et du Sud, plus de précipitations avec neige
probable et plus de douceur, mais assez relative tout de même. Les
centres d'action étant très marqués, et la France étant entre les
deux zones, cela implique une zone de fort conflit. Cela étant, en période
hivernale, l'air froid plus lourd a plutôt tendance à résister et à
gagner sur l'air chaud, donc ce serait e froid qui serait le gagnant de
ce mois.
Certains font remarquer que ce mois de janvier pourrait entraîner
des conditions sévères très anormalement froides !
Mes prévisions pour la moitié Nord de la France
Le contexte de ce mois de janvier reste assez proche de celui des
hivers exceptionnellement froids. Alors que la première décade
pourrait s'avérer plus radoucie temporairement avec une forte
probabilité de chutes de neige après l'Épiphanie, en particulier vers
le 12. Cette première décade pourrait être aussi la plus douce du
mois sous des conditions plutôt maussades, brumeuses et bruineuses.
Vers le milieu de mois, l'anticyclone de Sibérie ferait une jonction
avec l'Anticyclone des Açores placées sur le proche atlantique après
le passage d'une perturbation bien neigeuse poussée par des vents de
Nord/Nord-Est.
La dernière décade s'annoncerait très froide et très sèche. On
pourrait descendre en-dessous des -15°C/-20°C sur une bonne partie du
Nord-Est de la France. Cette période pourrait s'avérer la plus froide
depuis janvier 1997. Elle pourrait s'avérer également la plus
rigoureuse de l'hiver avec neige au sol et bise soutenue. De nombreuses
journées sans dégel pourraient se comptabiliser, condition qui ne
s'est pas produite depuis près de 5 ans.
Février
2002 : schéma proche de janvier, globalement froide
Configuration générale
Les cartes de Berlin afficheraient des conditions anticycloniques
moins marquées qu'en décembre et janvier mais plutôt un équilibre
entre les dépressions atlantiques à l'influence plus faible que la
normale en cette période. L'anticyclone de Sibérie regagnerait sa région
de prédilection petit à petit au profit de l'anticyclone des Açores,
ce passage ne sa faisant pas sans neige et brouillard. Disons que la
partie septentrionale de l'Europe et le Nord et l'Est de la France
resterait tout de même dans des conditions toujours aussi hivernales.
Les différents spécialistes sont plus en contradiction sur ce mois de
février. En effet, si l'ensemble pressent la poursuite d'un temps à
influence continentale et si les températures seraient inférieures à
la normale, la contradiction réside dans l'écart à la normale.
Certains l'attendent exceptionnels avec intensification par rapport à
janvier, d'autres plutôt en réduction.
Mes prévisions pour la moitié Nord de la France
Je reste sur ma position froide, quoique plus indécis également.
Après un radoucissement relatif et temporaire après la Chandeleur
d'environ une huitaine de jours où les températures pourraient dépasser
temporairement les 10°C. Le temps se refroidirait de nouveau, encore
une fois sans doute précédée par un blizzard poussé par les vents de
Nord ; ainsi, la deuxième décade pourrait s'avérer encore bien rude
et neigeuse aussi : on pourrait retrouver quelques journées sans dégel
avec de la neige restant au sol, entraînant de grands froids passant
encore sous la barre de -10°C ! Une fin de mois radoucie peut-être
avec un peu de neige à partir du 23 avec un fort contraste de température
entre le milieu et la fin du mois où les températures repasseraient
au-dessus du 0°C en journée.
© Stéphane
FIEVET
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